Metal Obs' Mag n°89 sep/oct 2019
Metal Obs' Mag n°89 sep/oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°89 de sep/oct 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 30,7 Mo

  • Dans ce numéro : Jinjer, rentrée des classes 2019 !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 44 - 45  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
44 45
Retour en grace Crown The Empire, fier défenseur du post-hardcore moderne, revient tranquillement après un silence de 3 ans suite au mitigé Retrograde. [Entretien avec Andrew Velasquez (chant) par Loïc Cormery - Photo  : DR] Le nouvel album, Sudden Sky, revient à plus de densité dans le rythme et met l’accent sur la mélodie. Etait-ce le but d’associer le meilleur de vos albums passés ? Au moment de faire cet album, plusieurs idées nous ont traversé l’esprit  : « Il faut que ce soit le meilleur album de notre carrière, sinon quel intérêt ? », « Combien de temps encore notre groupe peut survivre ? », « On veut faire le genre de musique qui manque dans le monde du metal » … Ce qui a fini par se passer, c’est que nous n’avons apporté aucune influence extérieure. L’idée, c’était nous quatre se réunissant en salle de répétition, se remettant à jouer, à travailler notre musique, à l’apprendre par cœur avant même de faire venir qui que ce soit. Pour les précédents CD, on s’accordait avec les producteurs, nous étions totalement OK sur le fait d’être flexibles et que l’album soit prêt à 50 ou 60% avant d’aller en studio, de façon à continuer à le travailler ensemble. Mais le groupe s’en sort le mieux quand il peut mener sa barque lui-même. Ton chant clair est très varié. Avoir travaillé avec Drew Fulk t’a-t-il permis de développer ta palette vocale ? Absolument, j’ai tellement appris grâce à lui. L’une des choses les plus importantes qui me soit arrivée a été de m’exploser la voix, de la perdre, et de me dire que ma carrière était finie  : soit tu te retranches dans la peur, soit tu reconnais qu’il faut régler le problème. J’ai donc commencé à consulter des médecins. Heureusement, ce n’étaient pas des dommages permanents. Je me suis entraîné avec un coach pendant environ un an et demi. Mais recevoir des conseils, ce n’est pas suffisant. Il faut opérer un changement complet de style de vie. Depuis que j’ai perdu puis retrouvé ma voix, c’est 5 jours par semaine, 2 à 4 heures par jour, à chanter et crier. Quels messages as-tu voulu faire passer avec cet album ? Il a plusieurs chansons qui parlent de communication. Nous sommes plus connectés que jamais sur le web, mais on dirait que nous nous éloignons de plus en plus. Les gens ne réalisent pas la laideur qu’il y a à cracher sur Internet, quand ils sont protégés par la distance. CROWN THE EMPIRE Sudden Sky Post-hardcore Rise La noirceur qui semblait ronger les p’tits gars de Crown The Empire sur leur premier album laisse place aujourd’hui à des éclaircies d’espoir. Un nouvel univers est bien présent, entrecoupé de parties vénères et d’éléments vraiment atmosphériques. Les guitares légères et le chant tiraillé entre espoir et désespoir nous entraînent dans les profondeurs, comme sur « 20/20 », dévoilé très tôt dans l’année, ou « What I Am », belle baffe mélodique. Nous retiendrons aussi le surprenant « Under The Skin », émouvant et lumineux, avec un côté électro très bien pensé. Alors, Crown The Empire a-t-il redoré son blason ? L’avenir nous le dira, mais en tout cas, le groupe a pris beaucoup de risques, une fois de plus. [Loïc Cormery]
DOSSIER FESTIVALS Clisson, France, 21-23/06/2019 14ème édition 159 groupes 6 scènes Têtes d’affiche  : Sabaton/Kiss/Tool 180 000 entrées Le Hellfest 2019, sold-out en 1h30 (!) , emboitait le pas cette année au Knotfest (37 000 entrées) pour 4 jours de metal en fusion qui resteront un one-shot dans son histoire. La Mainstage 2 du vendredi est 100% française, avec BlackRain sans son gourou Danny Terbeche, Ultra Vomit laissant des cadavres de coin-coin en plastique dans le pit, ou encore Mass Hysteria et ses « érections pileuses » provoquées par les jumps des furieux. Entretemps, Dream Theater aura été le rare groupe à ne pas exploiter pleinement le potentiel des écrans LED (coûteux et) enveloppants mis à disposition par la prod’. Puis c’est le Manowar gate... La tête d’affiche US désistante, marquée depuis au fer rouge de l’infamie, est remplacée au pied levé par Sabaton qui ouvrait la veille pour Slipknot. Le chanteur au pantalon camo urbain Joakim Brodén, aphone pour le Midsummer’s Eve, fait imprimer dare-dare les paroles pour que ses deux guitaristes prennent le relai  : two thumbsup ! Au petit matin, quelques rigolos lèvent des pompes sur une main, comme à Muscle Beach, au soneighties de FM, seul représentant de sa catégorie. La voix de David Coverdale, de Whitesnake, très éraillée au Hellfest 2013, s’en est désormais allée… mais il y a du monde aux chœurs pour sauver les meubles. Vivian Campbell, toujours le « new boy » après 27 ans passés chez Def Leppard, tient tout de même la dragée haute à Phil Collen pendant l’instrumental « Switch 625 », initialement expédié par la paire SteveClark/Pete Willis. « Better watch out’cause I’m a war machine » lance Gene Simmons, vocalement mieux conservé que Paul Stanley, à ses sosies du premier rang… et à la marée humaine dont on peine à définir les contours depuis la terrasse panoramique du carré super VIP. A l’aune de ce show de Kiss, les prestations du dimanche passent pour un after. Même si les soli en sweeping d’Alex Skolnick font toujours le sel de Testament, qu’Anthrax semble avoir fait sien le « Got The Time » de Joe Jackson, et que Kerry King (Slayer), chaines de Casto à la ceinture, se déboîte pour la dernière fois les cervicales sur « War Ensemble ». Quant à Tool, visible de près pour les titulaires d’un pass photo qui coupe la mer en deux, les avis divergent selon les psychotropes usités et/ou la fatigue accumulée. [Texte et photos  : Jean-Christophe Baugé] 46 METAL OBS’Dessel, Belgique, 21-23/06/2019 25ème édition 106 groupes 5 scènes Têtes d’affiche  : Within Temptation/Slipknot/Kiss 150 000 entrées Le Graspop affiche complet  : pas étonnant au vu de l’affiche variée, qui comprend notamment trois groupes faisant leurs adieux (Slayer, Lynyrd Skynyrd et Kiss). Tous ceux qui craignaient de voir en GlennHughes un groupe de reprises en sont pour leurs frais. Nous avons en effet eu droit à du Deep Purple joué de façon originale et à la sauce metal. On est à mille lieux de l’imitation. Architects, pour la première fois à l’affiche du Graspop, n’aura convaincu que ses fans  : son metalcore manque quelque peu de conviction. Amon Amarth met l’assistance sens dessus dessous avec « Pursuit Of Vikings » et des effets du meilleur cru (apparition d’un dragon). Within Temptation fait le maximum pour emballer le public sans vraiment y parvenir, la faute à un manque d’originalité dans les morceaux et à un passage après Slayer. Clutch commence à avoir un succès bien mérité en Europe, et particulièrement en Belgique. Ces Américains jouent un blues qui enflamme le public. Le concert de UFO, sans rappel alors que le public réclame « Doctor, Doctor », est trop court, de l’avis de tous. Disturbed, s’il a emballé le public au début, n’a pas tenu sur la distance. Le groupe tient un speech engagé contre l’addiction aux drogues et coupe ensuite l’ambiance en se lançant dans une série de morceaux plus calmes. Le spectacle de King Diamond est très théâtral, avec une scène à la hauteur, une musique solide et une voix encore fameuse à 63 ans. Entre ses hits (« Abigail », « Voodoo ») , le chanteur danois annonce un nouvel album et en joue un extrait prometteur  : « Maquerade Of Madness ». Gojira est obligé de prester sous une chaleur accablante. Celle-ci n’empêchera toutefois pas le groupe d’offrir un set solide et bien ciblé. In Flames, qui suit, ne parvient pas à atteindre le même niveau, même si la volonté y est. Le concert de Rob Zombie fait du bien, avec un chant direct et des riffs qui cisaillent le ventre. Le chanteur de Kvelertak signale que c’est son anniversaire, et on peut vraiment affirmer que lui et le reste du groupe sont à la fête. Le set d’Hawkwind commence par des morceaux des premiers albums… Le public est peu fourni mais très enthousiaste. Enfin, Kiss, pour sa dernière fois en Belgique, offre un show spectaculaire, avec un peu plus d’émotion que d’habitude. [Texte et photos  : Sante Broccolo] Dour, Belgique, 10-14/07/2019 31ème édition 251 groupes 8 scènes Têtes d’affiche  : Salut C’est Cool/Vald/Cypress Hill/Metronomy/Roméo Elvis 221 000 entrées Installé depuis 2018 sur un nouveau site au pied d’éoliennes, le festival de Dour a progressivement été gangrené par une programmation rap/techno fort douteuse. Comme pour reléguer la musique au second plan, 3 plaintes pour viol sont enregistrées dès le vendredi. Heureusement que les groupes metal avant-gardistes du week-end promettent des lendemains qui chantent... A défaut d’un retour de la Cannibal Stage, avec sa piste de décollage pour slammers qui défiait les règles les plus élémentaires de sécurité. 3 ans après son premier passage sous chapiteau, Black Mirrors, quartet francophone de Bruxelles signé chez Napalm, joue la carte du shamanisme sexy. Marcella Di Troia vampirise même le « Kick Out The Jams » des MC5, brothers and sisters ! Sauvages, les Birds In Row maltraitent leur matos élimé avec, à l’arrière, le film d’une performeuse self-bondagée, et, à l’avant, une poigné de crowd surfers. Levy Senaeve, guitariste/chanteur de Wiegedood (« mort subite du nourrisson », en néerlandais dans le texte) headbangue de la barbe au rythme d’un death rapide (pas de cymbales à gauche de la batterie par manque de temps pour les jouer). Ce sera la seule fantaisie d’un show low cost. Après le grand n’importe quoi d’une demi-heure des « switch doctors » de The Body And Full Of Hell, place au son « Crusty le clown » d’Electric Wizard. Sur « Black Mass », métalleux et teuffers - le choc des dress codes - suivent plus volontiers le film X limite Z de l’inénarrable Jess Franco en arrière-plan que les musicos maigrement éclairés en rouge. Le groupe, qui s’autorise un rab de 10 minutes, se fait rappeler à l’ordre par les roadies. Le set de Neurosis, groupe qui glaviote dur, est décalé d’autant. It It Anita, avec ses deux chanteurs/guitaristes en vis-à-vis et son batteur au look de tennisman gay des 80s, s’y entend comme personne pour bousculer les codes du rock. Le kit complet Rogers ne tarde pas à se retrouver dans le public, bientôt suivi des guitares, jouées en slide sur le crash-barrière… Seule limite à tant de débordement  : la longueur du câble du micro chant. On referme la page « excès » avec les (post) punks de Viagra Boys, de Stockholm, dont le leader azimuté Sebastian Murphy aura fumé plus de clopes et englouti plus de bière que tous ses alter-egos du festival réunis. [Texte et photos  : Jean-Christophe Baugé] Wacken, Allemagne, 01-03/08/2019 30ème édition 171 groupes 10 scènes Têtes d’affiche  : Sabaton/Demons & Wizard/Slayer 225 000 entrées



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :