Metal Obs' Mag n°89 sep/oct 2019
Metal Obs' Mag n°89 sep/oct 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°89 de sep/oct 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 30,7 Mo

  • Dans ce numéro : Jinjer, rentrée des classes 2019 !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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La foret est mon royaume Après un faux best-of live célébrant les 22 ans du leader de la scène black/pagan gauloise, c’est avec grand plaisir que nous accueillons Argoat, septième album de Belenos. [Entretien avec Loïc Cellier (chant, guitare) par Seigneur Fred - Photo  : DR] Tu as musclé le son de Belenos, initialement black metal, grâce à de nouvelles influences (riffs death, soli de guitare heavy). Partages-tu cet avis ? Heavy metal, peut-être pas, mais pour le côté plus musclé, je suis d’accord. Et je peux te dire pourquoi  : c’est parce que je suis un grand fan de Belphegor. Argoat est le septième album du groupe, si l’on exclut la réédition d’Errances Oniriques en 2009. Quelle est la signification d’Argoat ? « Argoat », c’est du breton, il s’agit du nom donné à la région centre-ouest de la Bretagne (Guingamp, Carhaix), à deux pas de chez moi. « Goat » voulant dire forêt, « Argoat » est un nom difficilement traduisible… « Pays des bois », quelque chose comme ça. J’utilise le breton depuis 2010 et l’album Yen SonnGardis. C’est plus intéressant pour moi que le français, plus original mais plus difficile ! On peut entendre quelques passages folkloriques contribuant à l’identité païenne de Belenos, sans toutefois en abuser comme sur « Dishualder », avec de la vielle suédoise… Je fais souvent appel à la même violoniste pro qui joue de la vielle à archer. Effectivement, ça sonne un peu comme chez Wardruna. Sur Argoat, il n’y a de cet instrument que sur l’intro tribale/folk de « Dishualder ». En quoi Belenos a-t-il influencé la scène black/pagan hexagonale, selon toi ? Je n’ai ni le recul, ni la connaissance de la scène actuelle, pour apporter mon point de vue. Belenos fait peut-être figure de référence grâce de sa longévité et sa discographie fournie. Après, il ne faut pas oublier de citer des groupes au profil similaire  : Himinbjorg, par exemple. BELENOS Argoat Black/pagan metal Northern Silence/Les Acteurs De L’Ombre En l’an 2019 après J-C paraît le successeur de Kornôg et septième album studio de Belenos. Toujours chanté en breton, renforçant ainsi l’identité du chef de file de la scène black/pagan metal française, Argoat démontre le savoir-faire du chanteur/multi-instrumentiste Loïc Cellier, qui a une nouvelle fois tout fait maison en Bretagne. Mêlant puissance et atmosphères plus mélancolique sans jamais abuser d’effets ou d’instruments à la mode (la discrète nyckelharpa sur « Dishualder ») , il nous emmène dans des forêts jadis plus nombreuses. Argoat nous prend d’emblée à la gorge, tel les Romains à l’assaut des collines de Gergovie (l’épique « Karv-den ») , nous entraîne dans des passages guerriers prometteurs en live (« Bleizken » et son chant du loup, l’inquiétant « Duadenn ») , ou nous surprend avec charme (« Nozweler »). L’outro « Arvestal » (reprise du générique de la série TV culte Amicalement Vôtre) conclut de bon aloi cet Argoat que l’on a hâte de découvrir sur scène. [Seigneur Fred]
Pont neuf C’est au showroom Matt’s Guitar Shop à Paris, véritable caverne d’Ali Baba des vrais connaisseurs en instruments, que Mark Tremonti, ci-devant guitariste fondateur du groupe, et Myles Kennedy, son désormais complice inamovible au chant et à la guitare, sont venus présenter fièrement leur sixième production en 15 ans de collaboration  : Walk The Sky. [Entretien avec Myles Kennedy (chant, guitare) et Mark Tremonti (guitare) par Jean-Pierre Sabouret - Photo  : Dan Sturgess] Dans ce monde où tout change, où on est à la merci des constantes « mises à jour », on est content de retrouver certaines choses comme on les avait laissées la fois précédente. C’est certainement le cas pour Alter Bridge… Mark  : Merci… Je prends vraiment ça comme un compliment. Myles  : Alter Bridge est devenu une sorte de jardin secret musical où nous aimons nous ressourcer. Mark, je te le dis, tu feras toujours partie de mon jardin secret musical. Mark  : On se retrouve au milieu d’un champ de marguerites (rires)… En fait, je dirais que c’est un album sur lequel nous nous sommes énormément investis. Autant que nous l’avions fait pour le premier. En 15 ans, nous avons connu des hauts et des bas et, crois-moi, il a fallu nous battre pour maintenir ce groupe dans la course. Mais il est important de préciser qu’à partir de l’album ABIII, nous avons vraiment senti que c’était bien parti et que nous pouvions compter sur une solide fan base. Le genre à nous suivre jusqu’à nos 85 ans (rires), à condition de ne pas faire n’importe quoi. Vous n’avez donc pas éprouvé l’envie folle de partir dans un délire jazz fusion ou progressif avant-gardiste sur Walk The Sky… Myles  : Tu vas nous donner des idées pour la prochaine fois (rires) ! Mark  : Nous aimons expérimenter, mais sans exagération. Nous arrivons à satisfaire notre désir de changement tout en restant dans le style musical que nous avons choisi. Nous ne sommes pas un groupe disco, nous ne jouons pas du black metal… Nous sommes un groupe de hard rock et nous sommes attachés à cet environnement musical. Cela ne nous empêche pas d’y ajouter certaines touches propres au groupe et de chercher constamment à nous améliorer. Myles  : C’est un équilibre fragile à trouver. Mais on cherche toujours à évoluer. Nous avons abordé ce sixième album en nous disant  : « OK, nous avons clairement défini le style du groupe, essayons de respecter ce qu’attendent ceux qui nous soutiennent, mais en rajoutant un maximum de piment pour relever la sauce ». Nous voulions que le plat soit plus épicé, 24 METAL OBS’mais pas non plus qu’il vous arrache la gueule. En fait, nous avons essayé de renouer avec certaines ambiances des années 80, comme celles des films de John Carpenter, créer quelque chose qui vous secoue mais sans que ce soit trop léché, trop fabriqué. Longtemps, il a été de bon ton de vomir sur les années 80. Depuis la série Stranger Things, ça a bien changé… Mark  : C’était formidable de vivre dans les années 80, j’ai adoré ! Il y avait des tas de choses un peu ridicules et ringardes, mais c’était super fun. Et il serait trop long de citer toutes les musiques fantastiques qu’il y a eu au cours de cette décennie. Myles  : D’accord, il y avait toute cette pop synthétique bidon, mais faut-il rappeler que Metallica est un groupe des années 80 ? Mark  : Le rock dominait le monde à cette époque. Dans les dix premiers du classement des meilleures ventes, il y avait six ou sept groupe de hard rock ou de heavy metal. Tout ça paraît bien loin aujourd’hui. ALTER BRIDGE Walk The Sky Hard rock Napalm Records/Season Of Mist Même s’il prétend le contraire avec le titre de ce sixième effort studio, Alter Bridge garde fermement les pieds sur terre. Une première écoute distraite laisserait même à penser que le quartette n’a pas cherché une seconde à s’aventurer au-delà d’un terrain conquis depuis des lustres, réaffirmant sans le plus petit scrupule son statut d’expert en son domaine. Mais Walk The Sky mérite les mêmes efforts que pour les albums les moins populaires d’AC/DC, Motörhead ou ZZ Top. On y découvrira plus d’une pépite, presque discrètement dissimulées dans un ensemble qui se laisse écouter et réécouter sans provoquer de lassitude à défaut de réellement surprendre. L’inverse total de toutes ces productions clinquantes dont les artifices ont vite fait de soûler l’auditeur même le plus tolérant. Ce n’est pas parce que ses deux leaders vénèrent Queen ou Led Zeppelin qu’ils se sentent obligés de pratiquer les mêmes évolutions, ou révolutions, radicales. Cette fois AB pourra jouer live les 14 morceaux de cet album qui n’a rien omis de ses larges compétences et nul ne songera à s’en plaindre. [Jean-Pierre Sabouret] SCOTT STAPP The Space Between The Shadows Metal alternatif US Napalm/Season Of Mist La première chose qui frappe immanquablement à l’écoute de cet album, c’est la voix de Scott Stapp, qui n’a pas changé depuis des années avec ce timbre chaud et reconnaissable. Quand on apprécie l’organe de cette icône déchue, difficile de résister. Scott Stappa de l’expérience, et ça s’entend réellement sur ce nouvel album dont la production a été confiée à Marti Frederiksen (Aerosmith, Ozzy Osbourne). Pur produit US, Scott Stapps’est séparé de ses démons pour réaliser un album à la limite de la perfection (passages mélodiques, couplets/refrains accrocheurs et mémorables). On pense bien évidemment à Creed sur le faussement agressif « World I Use To Know » et son refrain de tueur. Scott nous récite en 12 titres et en 45 minutes sans fioriture sa leçon parfaitement apprise. Très académique donc, mais pas moins irrésistible, à l’image du superbe « Purpose For Pain » ou de l’irrésistible « Survivor ». L’imparable « Name » fera des ravages en live. Le line-up n’a pas à rougir et fait le boulot à merveille, on dirait même que Tremonti & Cie sont de la partie. Cet opus marque la résurrection de Scott Stappqui réaffirme son identité dans le paysage rock alternatif en mariant la délicatesse de ses émotions et la puissance de sa voix. [Loïc Cormery Photo  : Sebastian Smith]



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