Metal Obs' Mag n°88 jun/jui/aoû 2019
Metal Obs' Mag n°88 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°88 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 38,6 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans la famille !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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La furie du Berserker Avec Berserker, Amon Amarth célèbre à nouveau les grands mythes nordiques. Et nous laisse le goût du sang - celui des batailles de vikings - dans la bouche. [Entretien avec Olavi Mikkonen (guitare) par François Capdeville - Photo  : DR] Quel regard portes-tu sur les 30 ans de carrière d’Amon Amarth ? Mince, ça fait de moi un homme bien mûr ! Ecoute, on a conscience de notre parcours dans une industrie qui n’est pas facile, et nous sommes tous les jours heureux de voir ce que nous avons accompli. Mais on a les pieds sur terre, ce n’est pas notre genre de pavaner. On a travaillé dur pour y arriver. Et travailler dur, c’est faire de son mieux tous les jours, c’est assurer des shows de qualité pour le public. Parfois, ce n’est pas le bon jour, tu as mal au ventre, ou tu es mal luné... Mais qu’importe  : nos fans ont payé pour nous voir au mieux de notre forme et passer un super moment avec nous. Le folklore du Viking, et plus généralement les grandes épopées épiques, sont à la mode depuis quelques années (Vikings, Lord Of The Rings, Game of Thrones…). Penses-tu que vous avez profité de cet engouement ? Oui, on ne peut le nier. Quand on a sorti Twilight Of The Thunder God en 2008, nous sommes partis en tournée aux USA. Et nous étions contents de rencontrer des gens - je ne parle pas de nos fans - qui avaient quelques notions sur la mythologie des Vikings. Ce folklore véhiculé à travers les films et les séries, même s’il est romancé, permet aux gens de se projeter plus facilement dans notre univers et de comprendre ce que nous chantons. Pourquoi un album dédié au mythe du Berserker ? Nous avons une seule chanson dédiée au Berserker  : « Berserker At Stamford Bridge ». Nous avons voulu raconter l’histoire fascinante de ce Viking qui a tenu tête, tout seul sur un pont, à une troupe anglaise venue repousser l’invasion viking, avant de se faire tuer lâchement. C’est aussi un excellent sujet d’artwork. Vous avez intégré pour la première fois une touche acoustique (piano et guitare) à certaines chansons, notamment « Fafner’s Gold » qui démarre comme « Battery » de Metallica… La comparaison est juste. On a discuté ensemble d’intégrer des parties acoustiques ou en son clair pour donner encore plus de dynamisme à nos compositions. On aurait pu ouvrir « Fafner’s Gold » en full speed. Mais cette touche de guitare est très intéressante et réussie. Idem pour « Shield Wall »  : il y a cette partie calme jouée en son clair qui accentue le drame avant de repartir en pleine puissance. Pour autant, je suis incapable de te dire si on le refera sur un prochain album. Quelle est ta chanson favorite ? J’aime les chansons qu’on joue en live. Du coup, je ne saurais pas trop te dire. C’est important pour moi de voir comment les chansons sont ressenties par le public. Sinon, j’aime bien « Raven’s Flight »  : l’atmosphère, le riff, les guitares doublées… La chanson est cool. On a récemment découvert en Suède une tombe, probablement celle d’une guerrière Viking. Pourriez-vous célébrer l’une d’entre elles ? On célèbre déjà la féminité dans Berserker avec « Valkyria ». Et dans notre mythologie, on a des figures féminines très importantes comme Freyja. Avant l’arrivée du christianisme, les femmes avaient une position très forte en Scandinavie. Ces guerrières vikings devaient vraiment être terribles sur les champs de bataille… Ce serait une super source d’inspiration. Quel groupe t’a particulièrement influencé ? Iron Maiden, sans aucun doute  : Dave Murray et Adrian Smith sont des demi-dieux de la guitare pour moi. Et, en dehors du metal, quel artiste aimes-tu écouter ? J’aime beaucoup le travail de Hans Zimmer, et l’atmosphère qu’il arrive à créer. AMON AMARTH Berserker Death/Viking Metal Metal Blade/Sony Music Amon Amarth réussit à renouveler (un peu) son style avec Berserker. Le growl unique de Johan Hegg est toujours là, mais il y a désormais des inclusions de piano et de guitare acoustique (« Ironside », « Fafner’s Gold ») qui créent une atmosphère et renforcent la dynamique. « Skoll & Hati », les loups mythologiques nordiques, flirtent avec les 220 bpm et promettent des wall of death d’anthologie. Quant à « Raven’s Flight », il vous fera survoler des forêts enneigées. Bref, Berserker ravira les fans de death mélodique… Et les fans de la première heure. [François Capdeville] METAL OBS’5
6 METAL OBS’BATUSHKA Hospodi Black/dark metal Metal Blade/Sony Music Cette mystérieuse formation polonaise avait intrigué, sur la Temple Stage du Hellfest 2018, sous ses faux airs de Ghost version black metal. On se demandait alors quand sortirait sa prochaine offrande, avec une distribution digne de ce nom, afin de répandre la bonne parole satanique. Le line-up de Batushka (Батюшка, en alphabet cyrillique) demeure totalement flou depuis la formation du groupe en 2015. Question look, si la mode dans le black metal est désormais plus aux capuches noires qu’aux corpse paints et cartouchières à la ceinture, nos Polonais vont un peu plus loin dans leur trip avec des aubes empruntées aux papes orthodoxes avec forcément des croix renversées dessus… Très cliché, mais très efficace pour l’ambiance. Une fois ce cadre défini, penchons-nous non pas sous leur soutane mais plutôt sur leur musique avec ce second opus qui succède à Litourgiya (Witching Hour Productions, 2015). LE KIFF DU MOIS S’ouvrant sur une prière orthodoxe pendant près de 2’30, accompagnée de tintements de cloches (on imagine déjà le chanteur avec son encensoir sur scène), Hospodi constitue une « liturgie de la mort », selon les dires de ses auteurs. Progressivement, l’ambiance s’installe (« Dziewiatyj Czas »). Une ambiance mortuaire, type messe de gospel, à la noirceur absolue véhiculée par un black metal lourd, virulent, enrichi de lignes mélodiques de guitares et de la présence de nombreux chœurs (3 choristes en live). La production est excellente, mais on s’interroge sur la batterie (acoustique ou programmée ?) , très propre ici et absente sur scène (samples), ce qui retire le feeling heavy/rock en live mais jette a contrario un peu plus de froideur sur les riffs appuyés des guitaristes (le groovy mais quelque peu linéaire « Powieczerje »). Intros mélodieuses emplies de mysticisme avec ces rites funéraires orthodoxes, passages furieux (« Polunosznica » signifiant « maternité » en polonais)… Une certaine dramaturgie règne sur Hospodi, du fait des influences slaves. Côté chant, les screams black sont plus que convaincants et contrebalancés par des chœurs clairs (« Szestoj Czas ») , cassant la linéarité de compositions qui peuvent parfois manquer de rythme, l’ensemble étant très massif et hypnotique (le final transcendantal de « Liturgiya »). Même si le thème des religions monothéistes est éculé, force est de reconnaître que la messe noire à laquelle nous convie cet obscur trio polonais (à la ville, car sur scène ils sont sept) est séduisante. On pense parfois aux Grecs de Rotting Christ (le puissant « Szestoj Czas ») ou à Behemoth pour la mise en scène (ce côté heavy/dark mélodieux), mais il y a un côté hypnotique doublé d’un gros travail de production qui fait mouche sur chaque composition. Ce second effort de Batushka risque fort de trouver de nouveaux disciples grâce à l’appui du label Metal Blade. Amen. [Seigneur Fred]



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