Metal Obs' Mag n°88 jun/jui/aoû 2019
Metal Obs' Mag n°88 jun/jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°88 de jun/jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 38,6 Mo

  • Dans ce numéro : bienvenue dans la famille !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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NOUVEL ALBUM CD - EDITION SPECIALE - 2LP - DIGITAL
Le serpent se mord la queue Forts de deux albums férocement efficaces, Frank Carter & The Rattlesnakes font leur grand retour avec l’émouvant - et nécessaire - End of Suffering. [Entretien avec Frank Carter (chant) et Dean Richardson (guitare) par Jessica Saval - Photo  : DR] Peut-on dire que End Of Suffering est plus sexy que vos précédents albums ? Frank  : Totalement ! Bloom traitait du deuil et Modern Ruin de problèmes de couple, alors que End Of Suffering s’inspire de ces deux dernières années et de ce qu’elles m’ont permis d’apprendre sur moi. Je suis passé par pas mal de mauvaises passes, mais j’ai aussi vécu de bons moments pendant lesquels je m’aimais enfin… Et tout est dans l’album ! En faire un truc sexy n’était pas mon objectif premier, mais c’est vrai que j’écris beaucoup sur le sexe. Du coup, ça nécessite de trouver un équilibre pour que ça n’empiète pas sur les passages les plus sérieux du disque. A ce sujet, vous êtes parmi les rares artistes à prendre position contre la masculinité toxique. Il est important que les femmes se sentent en sécurité non seulement à nos concerts, mais aussi à tous les autres où elles vont ! Au-delà de ça, c’est plus une question d’introspection… Et ce n’est pas facile parce que j’ai 34 ans de conditionnement patriarcal dans une coquille d’insécurité. Craignez-vous parfois de trop en dire ? Parfois. Mais j’ai besoin de cette honnêteté pour annihiler l’ego et exprimer ce que je veux le mieux possible. Certaines des paroles de cet album sont très intenses et peuvent être dures à chanter, c’est vrai, mais personne d’autre n’est aussi cru, alors… Dean  : C’est comme si cette décennie était celle des paroles indécises, alors quand Frank me demande s’il 32 METAL OBS’va trop loin, je ne peux que répondre non. Je suis heureux qu’il ait le courage de s’exprimer. Vous semblez accorder beaucoup d’importance à la dimension cathartique de votre musique. Frank  : Je trouve important de pouvoir décharger sa frustration sainement, et la musique permet ça, surtout le rock. Quand vous êtes dans un mosh pit, vous n’avez pas besoin d’être violent pour vous sentir bien. J’espère que notre musique permet ça, je veux qu’elle vous fasse ressentir quelque chose ! Quand j’étais jeune, je n’en avais pas grand-chose à faire qu’on aime ou qu’on déteste ma musique. Mais avec Rattlesnakes, c’est différent  : je veux qu’on nous aime, qu’on respecte ce qu’on fait. Si vous quittez un de nos concerts sans rien avoir ressenti, c’est qu’on a échoué. Quelle perception avez-vous, finalement, de votre métier ? Je pense que de nombreuses personnes font de la musique parce qu’elles ont besoin de s’exprimer ; elles en sont incapables dans leur entourage immédiat. C’est surtout vrai pour les hommes, qui ont peur d’être ridiculisés s’ils se montrent vulnérables. Dès la naissance, les hommes sont conditionnés pour se croire au sommet de la chaîne alimentaire, mais la vie ne fonctionne pas comme ça ! Il y aura toujours des plus forts et des plus faibles, mais c’est en travaillant ensemble qu’on mènera une vie meilleure. Mais aucun homme ne prêche ce genre de choses. Ce sont principalement les femmes qui comprennent l’importance de la solidarité, parce qu’elles doivent subir l’oppression des hommes. FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES End Of Suffering Punk Rock International Death Cult/AWAL Fort du succès de Modern Ruin, Frank Carter & The Rattlesnakes n’ont pas hésité un instant à s’aventurer sur un terrain rock certes glissant, mais d’autant plus séduisant. Défausse élégante d’un punk hardcore fiévreux, End Of Suffering constitue donc une prise de risques. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a payé. Bande originale d’une vie entre enfer et paradis, elle transpire d’une honnêteté tout aussi bouleversante que dévastatrice sans pour autant se départir d’une sensualité presque obscène. Rien de surprenant quand on sait que Carter se décrit comme un « punk renegade tattooed motherfucker ». Cri du cœur tout aussi sauvage que nécessaire, « Crowbar » incarne à lui seul les ambitions de End Of Suffering. Illustration faussement simpliste d’un besoin de hurler sa vérité, le tube se pose comme un défi de ne se soucier de rien ni personne d’autre que soi-même. Quelle leçon ! [Jessica Saval]



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