Metal Obs' Mag n°87 mar/avr/mai 2019
Metal Obs' Mag n°87 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°87 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 40,8 Mo

  • Dans ce numéro : tire son epingle du jeu.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
Folie furieuse Signant son 25ème album, le premier d’une série annoncée de quatre, Devin Townsend se montre toujours aussi déterminé à nous surprendre. [Entretien avec Devin Townsend (chant, guitare) par Robin Ono - Photo  : DR] Comment décrirais-tu le son d’Empath ? C’est mon album de la crise de la quarantaine (rires). J’arrive à un point où j’ai sorti tellement de disques que je vois ma créativité sous un nouvel angle. Empath revient sur toutes ces périodes de ma vie et questionne mon rapport avec elles. L’album explore donc beaucoup de sentiments différents, avec une nouvelle liberté. Ceci dit, j’ai veillé à ne pas finir avec un produit diffus ou toxique. J’ai cherché à faire de cet album quelque chose qui, par le biais d’une éruption créative, peut être interprété comme une œuvre avec l’espoir comme thématique. D’où est venu son titre ? Musicalement, j’ai tendance à mettre des années avant de comprendre ce que mon subconscient essaie de me dire. Par exemple, mon prochain projet après Empath s’intitule The Moth. Ca fait maintenant trois ans que j’y pense. J’ai écrit quelques titres déjà, mais ce qui prend le plus de temps, c’est identifier ce sentiment qui se présente à moi. Pour Empath, ça a été la même histoire  : je me rappelle avoir réfléchi à l’album et à sa pochette pendant que je planchais encore sur Transcendence. Tu travailles beaucoup à l’image et accorde de l’importance à ton environnement. Est-ce que ça a toujours été le cas ? Absolument. J’en parlais justement à des membres de ma famille qui sont toujours amusés par le fait que j’aime avoir de la musique quand on mange, ou que j’aime avoir la pièce éclairée d’une certaine manière. Mes affaires sont disposées d’une manière précise dans ma chambre. A 46 ans, je me rends compte que je dois faire très attention à mon environnement  : si je me confronte à des environnements toxiques, je finis par me sentir mal. Idem quand je compose. Si j’ai des bougies à proximité, même numériques, je me sens mieux et mon travail est meilleur. La nature est également quelque chose d’important pour moi car elle ne ment pas, même dans ses aspects plus laids. Que ce soit les arbres, les animaux, les montagnes ou la météo, ces choses sont des réalités absolues. Et plus je m’entoure de choses que je considère cools, jolis ou vraies, moins je suis distrait ou irrité. Dans quel environnement as-tu donc enregistré Empath ? J’ai enregistré la basse et la batterie au Pays de Galles, et le reste un peu partout  : en Amérique, à Vancouver, en Suède, en tournée en Russie, Israël. Pour revenir à ce que j’évoquais précédemment sur l’importance de l’environnement sur mon humeur, Empath explore tellement de facettes différentes qu’il me semblait approprié d’enregistrer dans une multitude de lieux. Chad Kroeger, de Nickelback, fait une apparition pour le moins surprenante sur l’album… On a sympathisé après que j’ai tweeté des mots gentils sur Nickelback. J’étais tenté - pour des raisons de fatigue et de situation financière - de faire un album « commercial ». C’est lui qui m’a dit de rester fidèle à moi-même et de créer de la musique qui me correspond. Jusqu’à présent, je pensais que faire de la musique comme celle de Nickelback était une stratégie commerciale. Mais Chad fait de la musique qui découle de sa personnalité  : ses goûts sont naturellement « commerciaux ». Son conseil de ne pas faire de compromis est un des meilleurs qu’un musicien m’ait donné… C’est assez ironique, de la part d’un musicien qui divise autant les opinions. Je lui ai demandé de chanter sur l’album en guise d’hommage à cet échange. DEVIN TOWNSEND Empath Metal progressif Inside Out/Sony C’est après un silence inhabituellement long que le savant fou du metal progressif revient avec ce 25ème album, son premier en artiste strictement solo depuis le cultissime space-opéra loufoque Ziltoid The Omniscient. Fort de son expérience et d’une discographie aussi variée que louée, Devin Townsend nous offre ici une œuvre brisant toutes les barrières stylistiques séparant chacun de ses albums. A la fois rétrospectif et prospectif, Empath est un album qui relève l’exploit de réunir toutes les facettes musicales de son auteur tout en nous surprenant avec son univers multicolore grandiose. Des paysages paisibles de Ghost aux chœurs resplendissants de Epicloud en passant par le metal aux arrangements circassiens chaotiques de Deconstruction, tout se retrouve et s’entremêle sous une atmosphère d’île déserte, paradisiaque, singulière, portée par des arrangements denses et une production imposante. Un des albums les plus variés et radieux dans la discographie du Vancouvérois. [Robin Ono] METAL OBS’5
Mon cher Stan Les Américains de Periphery nous reviennent plus motivés que jamais avec un disque ambitieux. Le groupe s’amuse à brouiller les pistes avec un titre sans queue ni tête, un premier single pas vraiment représentatif, et une chanson a tiroirs la plus longue jamais écrite par ses soins. En un mot comme en cent  : le kiff du mois, baby ! [Entretien avec Jake Bowen (guitare) par Julien Meurot - Photo  : DR] Commençons par la question bonus  : à ton avis, combien de personnes vont lire Hail Satan à la place de Hail Stan ? Beaucoup de gens vont se tromper, c’est le côté amusant de la chose. Nous avions une liste impressionnante de titres, mais nous avons tous flashé sur celui-ci. Notre manager n’a pas trouvé ça drôle, par contre (rires). Et qu’évoque Stan, du coup ? Chez Eminem, c’est le nom de ce fan psychotique… C’est aussi Stan Marsh dans South Park (rires). Il n’y a pas de lien aussi fort, c’est juste pour le fun, mais ça fonctionne car on peut vraiment se poser tout un tas de questions. Nous avons réussi notre coup ! Ce disque sort sur votre propre label, 3DOTS Recordings. Comment est venue l’idée de monter votre propre structure ? 6 METAL OBS’Notre deal avec Sumerian venait de se terminer, et plutôt que de repartir dans des tractations diverses et variées, notre manager nous a proposé cette solution qui est plutôt confortable car nous sommes maîtres de notre timing. Cela offre une liberté artistique plus grande. Vous brouillez les pistes car le premier single est très violent, et le premier titre du tracklisting fait presque 17 minutes. C’est le but ! Nous avons tenté plein de nouvelles choses. « Reptile » a été écrit en quelques jours, mais cela ne nous a pas empêché de tester de nouveaux accordages dessus. Cet album reste un album de Periphery, avec ses moments mélodiques et violents. Le fait d’aller plus loin ne change pas le ressenti global. Les fans seront surpris, mais pas désarçonnés. Adam « Nolly » Getgood, qui ne fait officiellement plus partie du groupe depuis 2018, s’est chargé des parties de basse sur l’album, en plus du mixage… C’est Misha (NDLR  : « Bulb » Mansoor, guitare et claviers) qui a composé la plupart des parties de basse. Et nous souhaitions que ces parties soient jouées par un vrai bassiste. Le choix s’est porté sur Adam  : il était là pour le mixage, à quoi bon aller chercher plus loin ? Par la suite, nous verrons, mais nous aimons bien cette configuration avec les parties de basse samplées en live. LE KIFF DU MOIS PERIPHERY Hail Stan Djent/metal progressif 3DOTS Recordings/Century Media Débuter un album avec un morceau de 17 minutes est assez audacieux, mais Periphery aime jouer avec le feu. On pourrait s’arrêter là tant le morceau est ultra-complet, mais il serait indécent de ne pas écouter le reste. Les rythmiques où il faut compter sur ses doigts sont bien là, mais cette fois le côté hargneux a pris une autre dimension. « Blood Eagle » est l’un des morceaux les plus réussis de la discographie du groupe. Quelle baffe ! Le spectre de Meshuggah n’est jamais très loin. Spencer Sotelo, au chant, propulse à lui seul certaines compositions comme « CHVRCH BVRNER » et « Garden In The Bones » très, très loin. Et les rythmes atonaux des trois guitaristes nous laissent sans voix. A écouter d’urgence ! [Loïc Cormery]



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :