Metal Obs' Mag n°87 mar/avr/mai 2019
Metal Obs' Mag n°87 mar/avr/mai 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°87 de mar/avr/mai 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 40,8 Mo

  • Dans ce numéro : tire son epingle du jeu.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Dessein d’artistes Le deuxième album de Herod, Sombre Dessein, regorge de références, tel un documentaire historique… sur une base sludge progressive. [Entretien avec Pierre Carroz (guitare) par Elisa Constantin - Photo  : DR] Sombre Dessein est votre deuxième album. Par rapport à They Were None, étiezvous plus confiants pendant l’enregistrement ? Pour They Were None le contexte était très différent, nous n’avions pas de direction artistique précise. On jouait avec des guitares à 8 cordes et on n’utilisait que des amplis vintages... Pour Sombre Dessein on nous a donné plus de directives et de références. Cult Of Luna est l’une de vos sources d’inspiration, et c’est Magnus Linberg qui s’est chargé de la masterisation de Sombre Dessein… Au moment de poser les bases de Herod, j’habitais en Suède et Salvation, de Cult Of Luna, tournait en boucle. Julien (NDLR  : Fehlman, mix) travaille régulièrement avec Magnus… C’était pour nous le duo idéal. Bill Steer, guitariste de Carcass, joue en guest sur « Fork Tongue ». Qu’a-t-il apporté ? J’ai vu Carcass plus de 70 fois sur scène, et nous avons ouvert pour eux avec Herod sur la tournée de 2015. Je n’en reviens toujours pas qu’il ait accepté si facilement de poser quelques notes sur un de nos morceaux. « Fork Tongue » était le choix logique puisque le riff d’introduction est clairement influencé par la Steer touch. L’album fait référence aux injustices de ce monde. Vous parlez notamment des shipbreakers… C’est le philosophe français Michel Onfray qui m’a introduit à l’idée de la fin de notre civilisation. Du coup, on a tous étudié les anciennes civilisations, et on a même été en voir des vestiges à l’étranger ! Les shipbreakers sont ces Indiens et Bangladais qui doivent démanteler d’immenses porte-conteneurs au péril de leur vie. Nous avons utilisé leurs images pour tous les visuels et pour le clip de « Fork Tongue ». Mais on n’a pas la prétention de changer quoi que ce soit, on se confronte juste un peu à notre déni. HEROD Sombre Dessein Sludge progressif Pelagic Des morceaux engagés, un ton accusateur  : Sombre Dessein dévoile la forte identité de Herod, groupe en renouveau. Entre riffs durs et mélodies, l’album est équilibré, travaillé à la perfection (masterisation de Magnus Linberg, Cult Of Luna). Bill Steer, de Carcass, apparaît même sur « Fork Tongue »  : des couches de guitares se mélangent alors pour créer une sorte d’harmonie dissonante. La scène Suisse peut être fière de ses représentants. [Elisa Constantin]
A couteaux tires La fin du cycle de l’album précédent semble avoir marqué au fer rouge les membres de Whitechapel. A tel point que certains ont décidé de quitter le navire, l’ex-batteur Ben Harclerode déclarant même qu’il était profondément malheureux au sein du groupe. Difficile sur ces bases de repartir serein dans l’écriture d’un album. Si les ventes se sont maintenues, le résultat n’a pas toujours été à la hauteur. Preuve que, malgré de l’expérience et des moyens, on peut faire fausse route. Le chanteur Phil Bozeman ne s’en cache pas  : « L’album Mark Of The Blade (2016) est vraiment à oublier. Même si les fans nous ont suivis, quelque chose clochait. Nous ne voulions pas refaire les mêmes erreurs ». La suite ? The Valley se voit doté d’un son surpuissant et de fins arrangements… Mais nous y reviendrons. Au nouveau poste de cogneur sur ce disque, nous aurions parié sur Ernie Iniguez qui avait dépanné le groupe suite au départ d’Harclerode, mais c’est finalement le monstrueux Navene Koperweis (Animal As Leaders) qui s’est acquitté du job en 5 jours. Le résultat est saisissant. Il n’est bien entendu pas le seul à bien faire, et l’effort collectif est admirable. Les riffs sont épais, les tempi variés avec des plages véritablement planantes. « Sur ce disque nous avons raconté une histoire. Certains de mes textes sont directement issus des cahiers tenus par ma mère. Elle était bipolaire, et certains de ses écrits sont vraiment malsains. Il était temps que ça sorte, mon enfance n’a pas toujours été amusante ». D’où la mise à nu quasi-intégrale du frontman. Le chant clair avait été amorcé sur Mark Of The Blade, mais cette fois il s’invite sur la longueur. Et fait 22 METAL OBS’instantanément penser à ce que pourrait donner un Maynard J. Keenan ou un Corey Taylor sur ce genre de bande-son. Et si la limite peut être dépassée pour certains, Phil Bozeman, lui, ne s’en fixe aucune. « Lorsque je ne suis pas en tournée ou en studio, j’écoute très peu de metal, et encore moins de chant saturé. J’aime du vieux rock à la Lynyrd Skynyrd ou ZZ Top. Un album solo dans cette veine ? Il y a tant de chose à faire que je n’y pense pas vraiment, mais la porte reste ouverte ». Pourtant, ce bon Phil va devoir se remettre à écouter du chant saturé car la prochaine tournée à laquelle prend part Whitechapel ne va pas faire dans la dentelle  : Chaos And Carnage Tour 2019… Difficile de se tromper sur la marchandise. Le groupe sera donc sur la route avec entre autres Dying Fetus et Revocation, de quoi raviver sa passion pour le death metal. 2019 marquera aussi la fin d’une ère avec la mise à la retraite des groupes cités en référence par le chanteur. Mais comment appréhende-t-il ce changement, lui qui fait partie de la relève du metal ? « Sur cette question, je ne sais pas vraiment quoi penser. Bien que nous gagnions en popularité, nous ne serons jamais un groupe de stade. Il faut être honnête  : la hiérarchie va être bousculée, mais il est quasiment impossible de prédire qui sortira gagnant ou perdant. Ce qui m’importe, c’est de sortir de bons disques, de rester droit dans mes bottes, et de pouvoir continuer à tourner comme nous le faisons maintenant dans de bonnes conditions ». Finalement, ce disque exutoire a le mérite d’élargir le spectre sonore des Américains, ce qui ne manque pas de nous ravir. Difficile de tirer son épingle du jeu dans ce marché hyper-saturé en technique et autres prouesses technologiques, mais Whitechapel l’a fait, et même très bien fait. [Julien Meurot] WHITECHAPEL The Valley Deathcore Metal Blade Records



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