Metal Obs' Mag n°86 jan/fév 2019
Metal Obs' Mag n°86 jan/fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°86 de jan/fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,9 Mo

  • Dans ce numéro : le groupe le plus excitant du moment ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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La ferme des celebrites Dans le luxueux Hôtel de Sers, à deux pas des Champs-Elysées, entre les actes III et IV de mobilisation des gilets jaunes, John Petrucci s’en tient à souligner un contraste purement artistique. Celui qui distingue le nouvel album Distance Over Time de l’ampoulé The Astonishing (2016). [Entretien avec John Petrucci (guitare) par Jean-Christophe Baugé - Photo  : Mark Maryanovich] Comme Led Zeppelin naguère, vous avez composé Distance Over Time lors d’une retraite campagnarde (Yonderbarnstudios, Monticello, NY)… On s’est installés dans la grange aménagée de cette propriété de 2 hectares, en banlieue de New York. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas pris autant de plaisir à jouer ensemble, de jour comme de nuit. Et entre deux verres de vin ou de whisky, on se relayait au barbecue… Un trip entre mecs, quoi (rires). N’avez-vous pas épuisé votre stock d’idées, depuis le temps ? On a tous encore le feu sacré, personne n’est blasé. Lorsqu’il nous arrive de dresser une liste de plans à exploiter, on n’en retient que 10% car les idées fusent de toutes parts. Qui a eu l’idée des voix filtrées sur « Room 137 » ? Initialement, c’est James « Jimmy T » Meslin, notre ingé-son de 25 ans qui nous enregistre pour la première fois, qui a eu l’idée d’un traitement au flanger. Mais c’est Ben Grosse, en charge du mix final, qui a refait le passage psychédélique à sa sauce, pour un rendu à mi-chemin entre les Beatles et King’sX. Sur quels titres joues-tu avec une guitare 6 et 7 cordes ? Sur 6-cordes  : « Untethered Angel » accordée en Do, « Fall Into The Light », « Barstool Warrior », et « At Wit’s End » accordée en Ré. Sur 6-cordes baryton accordée en Si b  : « Paralyzed » et « Out Of Reach ». Sur 7-cordes  : « Room 137 », « S2N », « Pale Blue Dot », et « Viper King » en drop-A. Est-ce qu’Alfred Music Publishing prévoit de sortir le songbook pour guitare de l’album ? Oui, c’est presque acté. Vérifies-tu l’exactitude des transcriptions de tes soli en tablatures, comme au temps de Scenes From A Memory ? Inutile  : les gars qui font ce job (NDLR  : Jordan Baker et Ryan Maziarz) sont incroyablement bons, et n’hésitent jamais à m’appeler en cas de souci. Lorsqu’ils viennent nous voir en live, ils sont capables de déceler le moindre petit pain (rires). Joues-tu toujours tes parties de la même manière sur scène ? Oui. Même s’il est cool de voir un guitariste improviser, je suis de l’école d’Iron Maiden, Rush, Metallica, pour lesquels les fans attendent une reproduction fidèle en live des prouesses réalisées en studio. J’ai pourtant remarqué, à quelques années d’intervalle, que tu jouais l’unisson précédent la partie boogie de « The Dance Of Eternity » en positions différentes. J’ai dû oublier ce que j’avais fait en studio, il faut que je me repasse les DVD live. Ou mieux  : que j’en parle à mes transcripteurs (rires). Sur toute ta carrière, lequel de tes soli requiert le plus de concentration ? Le shred sans fin de l’instrumental « Stream Of Consciousness », sur l’album Train Of Thought. Mike Portnoy (désormais batteur de Sons Of Appollo) m’avait confié, à l’époque, ne pas compter les mesures de la partie « shrink and grow » de « Fatal Tragedy ». Qu’en est-il pour toi ? Idem. J’envisage plus la musique sous l’angle de la mélodie que du rythme, même pour les riffs  : ainsi, je ne me perds jamais. Prévois-tu de sortir un jour un disque avec Rena, ta guitariste de femme ? Ce serait sympa. Mais elle est actuellement occupée avec deux groupes  : Judas Priestess, cover band féminin de qui-tu-sais, plus un projet avec la bassiste Gyda Gash et un chanteur. DREAM THEATER Distance Over Time Metal prog’Inside Out/Sony Arrivé en fin de contrat avec Roadrunner, Dream Theater a succombé aux sirènes d’Inside Out, dont le manager Thomas Waber est un fan depuis les premiers shows allemands du groupe en 1992. The Astonishing (2016) double album clivant car trop dilué, avait comme humanisé les cinq musiciens virtuoses. Distance Over Time, plus agressif, redonne du lustre à la légende. « Untethered Angel », mis en images aux Yonderbarnstudios dans le cadre bucolique des montagnes Catskill, joue sur l’émulation bien connue des solistes, et « Barstool Warrior », relevé par des sons d’orgue de l’école anglaise (ELP, Genesis, Yes) qu’affectionne Jordan Rudess, témoigne encore des errances récentes. Plus propice aux cascades instrumentales, « Pale Blue Dot » est un plaidoyer enflammé sur la nécessité de chérir notre Terre (un « point bleu pâle », dixit le scientifique américain CarlSagan), et « Viper King » bodybuilde le classic rock de Deep Purple/Whitesnake par la bonne grâce de la 7-corde en drop-A de John Petrucci. Consistant, mais insuffisant pour que DT rentre au panthéon du prog’de son vivant. Pour la première fois depuis la série ininterrompue de chefsd’œuvre du groupe sur ce qu’il convient d’appeler son âge d’or (1999-2013), on peut taxer certains morceaux de prétextes à démonstration technique. [Jean-Christophe Baugé] METAL OBS’35
Prouve que tu existes Après cinq longues années d’attente pour les fans, Within Temptation est de retour. Et c’est une Sharon den Adel tout sourire que nous retrouvons, le 16 novembre 2018, dans les coulisses d’un Zénith plein à craquer. [Entretien avec Sharon den Adel (chant) par Julien Meurot - Photo  : DR] Vous vous êtes lancés dans une tournée européenne avant même la sortie du nouvel album, en proposant pas moins de cinq titres inédits. C’est vrai, et ça représente un défi pour nous. Mais c’est aussi une façon de tester ces nouveaux titres en live. Titres qui ne seront plus inédits dès le lendemain grâce à YouTube et autres qui relaient les extraits de concerts. Ce point rejoint la thématique de l’album… Tu as tout à fait raison. Internet est devenu l’espion de notre vie. Je suis outrée de la nouvelle politique des cookies. Mais nous sommes obligés d’y avoir recours sur notre propre site web. J’ai grandi dans les années 80, et la vie était bien différente, avec du respect pour la vie privée. Maintenant, dès que tu fais le moindre achat, tu es bombardé de spams et de pubs, c’est terrifiant. Il y a 15 ans, vous aviez proposé un show unique en France pour la sortie de The Silent Force. Vous aviez joué l’album en entier, avec retransmission en direct sur Internet. Ce genre d’évènement pourrait-il être encore possible aujourd’hui ? Je me souviens très bien de cette soirée et, à chaud, mon avis est mitigé. Offrir aux fans quelque chose 36 METAL OBS’d’unique est toujours excitant, mais sachant que l’album serait totalement téléchargeable le lendemain... J’ai adoré jouer dans cette salle qui a fermé après avoir brûlé (NDLR  : l’Elysée Montmartre). Sa restauration est superbe. Si vous vous y produisiez de nouveau, il faudrait y rester plusieurs jours car c’est 4 fois plus petit que le Zénith. Vraiment ? Ça paraissait plus grand (rires). Mais nous pourrions le faire même pour une soirée, avec une petite production. Un fois de plus, les extraits de Resist sont ceux où apparaissent des guets. Pourquoi capitaliser sur ces titres en particulier ? C’est vrai que, depuis quelques années, c’est le cas. Mais il n’y a pas de réel calcul, car ces guests n’apparaissent pas dans les clips. Où avez-vous filmé le clip de « The Reckoning » ? Les paysages y sont magnifiques. En Espagne, et c’est ironique car pour le moment il n’y a aucune date prévue là-bas. Les cinq années qui séparent Resist de Hydra n’ont pas forcément été simples pour toi… En effet, beaucoup de choses se sont bousculées dans ma tête. La maladie de mon père m’a forcée à réfléchir. Je me suis rendu compte à quel point il était difficile d’être loin de ma famille avec les tournées. J’ai eu une vraie panne d’inspiration, je n’arrivais plus à exprimer mes sentiments dans la musique de Within Temptation. C’est à ce moment-là qu’est né My Indingo. Grâce à ce projet, j’ai pu remettre les choses en place, et nous sommes là aujourd’hui pour parler de Resist. WITHIN TEMPTATION Resist Metal symphonique Universal Après l’angoisse de la page blanche, place à - enfin - ce septième opus de Within Temptation. Au programme  : du gros refrain, des invités de luxe et une Sharon den Adel toujours au top. Qui critique cette fois l’addiction de notre société aux réseaux sociaux. Resist regorge de futurs hits  : le très american-friendly « The Reckoning » avec Jacobi Shaddix (Papa Roach), le très agressif « Raise Your Banner » avec Anders Friden (In Flames), ou le surprenant « Firelight » avec Jasper Steverlinck (Arid). Pour le reste, nous sommes en terrain connu, avec une production puissante. Un disque solide qui ravira les très nombreux fans. [Julien Meurot]



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