Metal Obs' Mag n°86 jan/fév 2019
Metal Obs' Mag n°86 jan/fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°86 de jan/fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : H.I.M. Media

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 11,9 Mo

  • Dans ce numéro : le groupe le plus excitant du moment ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Cabaret sauvage Foutraque, boursouflée, grotesque… La musique de l’homme-orchestre qui se fait appeler Vaerhon convientelle à toutes les oreilles ? Il est en tout cas certain que les métalleux du dimanche et les chroniqueurs du web de moins de 70 de QI goûteront fort peu ses quelques mots, recueillis dans le cadre d’un exercice maîtrisé  : l’entretien épistolaire. [Entretien avec Vaerhon (chant, instruments) par Jean-Christophe Baugé - Photo  : DR] Est-ce que tu as trouvé, à partir du circus metal barré de l’album Nom D’une Pipe !, ta véritable signature musicale ? Le concept du cirque était jusqu’à présent sous-tendu dans Pensées Nocturnes, mais pas réellement assumé. Grand Guignol Orchestra est clairement plus orienté que les précédents albums vers des sonorités jazz, cabaret et orchestre de cirque. Et ce, jusqu’au graphisme. La création du line-up live a eu une incidence inconsciente sur ce point, avec ce sentiment de développement d’une troupe vagabonde. Pour réaliser un rapide survol de la discographie de Pensées Nocturnes, je dirais que Vacuum (2009) est l’œuvre d’un être en perdition, un brouillon de débutant qui aurait dû rester dans le tiroir. Grotesque (2010) commence à pointer l’issue, la lumière, par une pointe de créativité et une maîtrise technique un peu plus élevée. Ceci Est De La Musique (2011), dans la lignée de Grotesque, est une réponse abrupte mais artistique à ce monde de sangsues gâtées pourries et sans fierté qui emplissent la toile aujourd’hui. Nom D’Une Pipe ! (2013) est un bond dans le - bon - sens de l’avantgarde mais légèrement surdosé et difficilement assimilable en totalité. La musique y accompagne un récit surréaliste. A Boire Et A Manger (2016) est une tentative - trop timide - de redresser la barre, avec une meilleure production. Grand Guignol Orchestra (2019) est la parfaite symbiose de tous ces éléments, l’atteinte du juste milieu entre la tradition et la création. Grand Guignol Orchestra est-il jouable sur scène ? Nous jouons déjà plusieurs morceaux de cet opus. Néanmoins, en opposition avec nos confrères et les attentes du public metal en général, nous ne recherchons pas une retranscription fidèle du studio sur scène avec l’usage de samples, mais bien une adaptation libre et fluide. Composer pour le live stérilise la créativité et invite beaucoup trop à se vautrer dans la facilité pour pouvoir être digne d’écoute. Il est largement préférable de retranscrire une compo injouable, un exercice excitant lorsqe les musiciens sont enclins à improviser. Définirais-tu tes jeux de mots comme « à la Gainsbarre, mais plus outranciers » ? Je ne suis pas de modèle précis en la matière. On reste majoritairement en-dessous de la ceinture, comme un pied de nez à la raideur (!) des black métalleux, avec quelques calembours niveau Boby Lapointe, voire même Carambar pour ne pas trop perdre le badaud moyen. Ce penchant pour la turlu-pinade est aussi une diversion visant à masquer la pauvreté de ma prose et le manque de relents poétiques niais que souhaiteraient voir apparaître certains. A l’ère de l’épilation intégrale, as-tu songé à actualiser (ou proposer une suite à la) « lamentation d’un poil de cul de femme » de Jules Verne (« Poil De Lune ») ? J’apprécie grandement l’idée ! J’ai néanmoins un penchant bien trop affirmé envers le rugueux et le dru pour réaliser l’apologie du lisse et du doux que j’exècre par-dessus tout. En référence à « L’Alpha Mal », as-tu déjà eu l’envie de balancer un journaliste dans le congél’à la lecture d’une mauvaise chronique ? Oui, tous, à de rares exceptions près. Il ne s’agit pas de la note en bas à droite, mais de la qualité de la prose. Je suis le premier à apprécier et à grandir d’un papier assassinant mon travail lorsque la mise au pilori est réalisée avec style et pertinence. PENSEES NOCTURNES Grand Guignol Orchestra Pataphonie assumée Les Acteurs De L’Ombre/Season Of Mist Du black metal de ses débuts, Vaerohn, cerveau torturé du one-man band studio Pensées Nocturnes, n’a retenu que les corpse paints (vus aux Feux de Beltane en 2017 et au Hellfest en 2018). Désormais, sous couvert de pratiquer un circus metal sans filtre, il provoque un embouteillage sonore où les chants protéiformes, comme captés lors d’une crise de delirium tremens, rivalisent d’inintelligibilité dans la sursaturation des instruments à cordes et à vent. D’où l’intérêt des paroles du livret et du tracklisting du CD text. Là, parmi une tripotée de jeux de mots tirés par les poils pubiens, on identifie deux maîtres à penser, avant-gardistes en leur temps  : Michel Audiard pour les extraits de dialogues des Tontons Flingueurs, et Jules Verne, capable d’un tour de l’immonde en quatre-vingt secondes, pour le poème « Lamentation d’un poil de cul de femme » repris ici in extenso. Tout ce que l’on sait de Grand Guignol Orchestra, c’est ce qu’il n’est pas  : un chef-d’œuvre incompris. Sa non-transposition présumée sur scène fait tout son sel. Et ses ponts aérés, prétextes aux épanchements acoustiques, lui confèrent un dynamisme - à défaut de fluidité - absent de la masse informe des productions actuelles. [Jean-Christophe Baugé] RAUHNACHT UntermGipfelthron Black/pagan metal Debemur Morti Mené par un seul homme, le multi-instrumentiste autrichien Stefan Traunmüller, Rauhnåcht distille depuis huit ans un black/pagan metal mélodique et plaisant, inspiré par les légendes anciennes et sa région natale de Salzbourg, voisine des Alpes autrichiennes. Qui firent d’ailleurs l’objet en 2017 d’un joli split, Spukgeschichten - Anciennes Légendes Des Alpes, avec deux autres formations évoluant dans le même registre musical  : les Bavarois de Tannöd et les Angevins de Hanternoz (plus folk). A présent, ce troisième opus UntermGipfelthron composé de seulement cinq morceaux qui auraient pu constituer seulement un EP, nous emmène au pied des Alpes de l’est grâce à de longues plages atmosphériques (4 à 11 mn)… Mons généreusement développées cependant par rapport au précédent effort Urzeitgeist. Les mélodies jouées aux claviers et les cris black déchirants ne sont pas sans rappeler les compositions épiques du célèbre duo autrichien Summoning (« UntermGipfelthron »). L’interlude instrumental « Gebirgsbachreise » nous fait traverser les montagnes pour un voyage épique (« Ein Raunen Aus Vergess’ner Zeit ») aux chœurs réussis et où la sauvagerie peut surprendre à tout moment au détour d’un sentier. Entraînant et suffisamment rythmé, « Zwischen Den Jahren » pourrait plaire aux amateurs de la mode pagan metal, même si on est loin tout de même d’un Helrunar, par exemple. UntermGipfelthron attire notre curiosité païenne, mais aurait mérité un ou deux titres supplémentaires plus osés pour retenir toute notre attention. [Seigneur Fred] METAL OBS’29
Soen « Lotus » NOUVEL ALBUM SORTIE LE 1er Février 2019 Une œuvre aussi torturée que poétique, dotée d’un cœur de métal, d‘arrangements audacieux et d‘ennivrantes harmonies. L’ombre de Pink Floyd ou Steven Wilson flotte parfois ici et là sur ces riffs imposants. Un groupe vraiment à part sur la scène « prog metal ». Magnifique ! En Concert  : Mardi 2 avril 2019 - Paris/Le Backstage www.soenmusic.com www.sl-music.net



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