MDCU le Magazine n°8 juillet 2012
MDCU le Magazine n°8 juillet 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juillet 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MDCU.fr

  • Format : (271 x 361) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 19,1 Mo

  • Dans ce numéro : la fin d'une ère pour les vengeurs, retour sur le run de Bendis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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En effet, qui aurait parié sur les aventures de Jessica Jones, une héroïne sortie de nulle part qui abandonne sa carrière pour devenir détective privée ? Bendis prouve avec ces trois séries qu'il est capable d'écrire comme personne la vie privée des héros, une face cachée trop peu exploitée dans un média qui vit surtout par l'explosion graphique des combats. Quand Bendis met 6 épisodes pour faire de Peter Parker le Spider-Man, quand il détruit la vie de Matt et non celle de Daredevil, quand il raconte les violences psychologiques vécues par son héroïne, il prend à contre-pied le reste de la production mainstream de l'époque. C'est ce regard neuf, différent des aventures habituelles des Vengeurs, qu'on décide de poser sur une franchise moribonde. En 2004, la série Avengers n'est pas mauvaise, loin de là. Geoff Johns est aux commandes pour son dernier travail avant sa célèbre saga sur Green Lantern et ses histoires sont encore conseillées de nos jours. Le problème, c'est que la franchise n'est pas bandante. C'est même tout l'univers Marvel qui a du mal à retrouver la folie du passé. Si la crise liée à la quasi-faillite du nouveau millénaire est derrière elle et si Morrison secoue le cocotier X-Men (mais son run sera effacé par l'éditeur pour donner une autre direction aux mutants), le reste de l'univers se morfond. Il faut redonner du peps aux séries et les Vengeurs, avec en leur sein les personnages les plus importants en terme de hiérarchie de la communauté des héros, se doivent de donner l'exemple. Bendis va faire plus que ça, il va, à partir des Vengeurs, donner une cohérence à tout l'univers Marvel et lier tous les héros entre eux. Depuis huit ans, une explosion quelque part à une répercussion partout. Ce lien existait déjà avant mais là, l'univers réagit en temps réel et on parle d'une sorte de plan à long terme, une histoire globale qui se déroule sur toutes les franchises, tous les univers, tous les héros. Attention, Bendis n'est pas le seul architecte de l'univers Marvel mais c'est lui le grand chef. Bendis n'a pas toutes les idées mais les autres scénaristes se sont depuis huit ans pliés à son plan et y ont ajouté leurs propres idées bien sûr car au final c'est Marvel qui décide du sort des héros. C'est un travail global mais le plan de Bendis pour les Vengeurs a redonné vie aux fameux crossovers qui sont devenus annuels, les autres auteurs devant alors de caler leurs histoires sur l'évolution globale de l'univers Marvel. Bendis va montrer une direction qui va donner une toute nouvelle dimension à la firme : records de vente, rachat à quatre milliards et explosion des films au cinéma. LE RENOUVEAU D'UNE SERIE Marvel veut donc profiter du boom des sagas au cinéma de Spider-Man et des X-Men du début des années 2000 pour se relancer après avoir éviter la faillite. Elle veut attirer de nouveaux lecteurs (c'est toujours le même problème, renouveler le public). L'univers Ultimate est une expérience qui dépasse les attentes car les anciens lecteurs adhèrent aussi à cette aventure. Toutefois, ça ne fait que 2 à 4 séries à succès, pas 50. Il faut donc attirer les nouveaux lecteurs sur l'univers classique, la Terre 616. Morrison a révolutionné les mutants mais son run, un chef d'oeuvre, reste toutefois très ancré dans la continuité. Pour les Vengeurs, Bendis va faire très très simple. Il rase tout, repart sur de nouvelles bases et profite des relaunch successifs des différents héros (qui deviennent chacun plus accessibles) pour proposer une saga qui n'a pas besoin de s'appuyer sur le passé. Ainsi, à aucun moment vous n'avez à lire un ancien comics Avengers pour comprendre ce qu'il se passe. C'est un petit défaut pour les fans mais ce n'est pas très grave car Bendis ne modifie pas les personnages, il profite juste du fait que chacun se voit donner une nouvelle direction dans sa propre série pour les faire travailler ensemble. Il reprend la série Avengers au numéro #500 et il détruit littéralement l'équipe. C'est simple, cet évent, Avengers Disassembled (« désuni »), marque la fin d'une époque. Une membre de l'équipe, la Sorcière Rouge, devient folle et attaque ses coéquipiers. L'équipe met du temps à comprendre puis à neutraliser l'héroïne qui va fuir avec son père. A la fin de cette histoire en 4 numéros, les Vengeurs ne sont plus une équipe, ils pleurent leurs morts et ils estiment qu'ils sont dangereux pour le reste de l'univers Marvel (Wonder Man y fait allusion actuellement en VF). A coté de cela, dans leurs séries régulières, Captain America prend une nouvelle direction sous la plume de Brubaker (il va se diriger vers sa mort), Iron Man met de coté ses problèmes personnels pour se recentrer sur ce qu'il peut apporter au monde et Thor crève, tout simplement. Voilà, les Vengeurs ne sont plus, on a soldé 50 ans d'histoires et on peut recommencer par une histoire facile d'accès. L'équipe va ainsi se réformer à l'occasion d'une évasion car les Vengeurs restent indispensables. La première grande nouveauté, c'est l'intégration de membre inédits dans la franchise mais importants dans l'univers Marvel. Le casting a toujours été variable mais cette fois, on va briser un tabou. Jusqu'à lors, tout héros pouvait théoriquement devenir un Vengeur. Dans les faits, on essayait de conserver une séparation entre certaines franchises et, si on a pu voir Le Fauve des X-Men chez les Vengeurs, ce n'était jamais un des leaders des mutants par exemple qui intégrait l'équipe. Un lecteur qui découvre les comics apprend que, les Vengeurs, c'est l'équipe des plus grands héros. Dans ce caslà, pourquoi Spider-Man et Wolverine n'en font pas partie ? ? ? ? C'est ce que va faire Bendis, ce qui va déranger les puristes mais ravir les fans de ces personnages. Désormais, être Vengeur, c'est comme gagner un Oscar ou être 06
un All-Star. Avant, on était Vengeur car on n'avait pas de série, on était utile pour remplir le casting aux côtés des inamovibles Vengeurs des origines, on survivait grâce aux séries d'équipe. Depuis huit ans, être Vengeur, c'est avoir une promotion. Marvel joue donc à fond la carte du marketing en alléchant le lecteur avec ses teasers à l'ère d'internet à chaque changement dans le casting, et ces changements sont récurrents. Dans New Avengers #1 (vous noterez le « New » pour indiquer la nouvelle ère), Captain America demande même à Daredevil de rejoindre l'équipe ! Ce dernier refuse mais Luke Cage, un autre héros urbain, intègre le groupe. On a donc Captain America, Iron Man, Spider-Man, Wolverine et trois autres personnages choisis pour préparer dès le début le plan de Bendis à long terme. Echo est un peu une erreur de casting je pense, Bendis a bien essayé de faire vivre le personnage dans plusieurs histoires et séries extérieures mais elle ne fera pas date, il avait des plans pour elle mais son histoire est passée inaperçue. Spider- Woman, qui fait doublon avec Spidey, sera utile pour Secret Invasion et l'idée que, dès le début, les Skrulls avaient infiltré l'équipe. Quant à Sentry, il sera le symbole d'une équipe qui aura connu la déchéance avant un combat final dantesque à Asgard lors de Siège. Ce personnage surpuissant, création de New Avengers, subira la syndrome Superman en étant trop puissant et sa mort offre une porte de sortie digne car il était souvent éloigné des combats pour ne pas les résoudre de suite. Nouveau casting, nouvelles histoires. Bendis commence sagement et forme son équipe puis propose son premier crossover (ce genre d'histoire avait disparue chez Marvel, en tout cas à cette échelle). Bendis implique tout le monde quand il décide s'attaquer aux conséquences de Disasembled. Voilà, d'un coup, un problème interne aux Vengeurs, la Sorcière Rouge, menace tout l'univers Marvel. Cela va devenir une habitude. Cet excellent crossover est un prélude au suivant, Civil War. Si c'est Millar qui l'a scénarisé (l'homme parfait pour ce type d'histoire), c'est Bendis qui en a eu l'idée lors d'une réunion entre artistes (les fameuses retraites créatives). C'est la suite logique de son run : les Vengeurs sont puissants mais dangereux, il faut les contrôler. L'explosion est liée aux New Warriors, les héritiers des Vengeurs, ce n'est pas un hasard. Civil War va être le plus gros succès de Marvel de tous les temps et sacrer les Vengeurs de Bendis. Idéologiquement, le principe de la scission est admis autour de la loi d'enregistrement des identités secrètes. On peut donc offrir à Bendis une seconde série et il ne va pas s'en priver pour étendre sa toile. UNE FRANCHISE EN EXPANSION Les Vengeurs sont devenus les stars de Marvel, comme les X-Men dans les années 80-90. On leur accorde tout et Bendis a plein de choses à raconter. A la fin de Civil War, une nouvelle ère s'ouvre, celle de l'Initiative. Iron Man devient le patron du SHIELD, le chef des flics de l'univers Marvel. Dans la nouvelle série Mighty Avengers, il rassemble une équipe et Bendis explique à cette occasion la manière idéale pour réunir de tels héros. Il faut un cocktail savamment dosé : un tueur, un génie, un soldat, un facteurX, une force de la nature, etc... Cette équipe voit le retour de Vengeurs célèbres comme la Guêpe et Miss Marvel mais aussi des nouveaux comme Arès. Alors que cette équipe protège le monde avec des arcs aux conséquences à long terme (comme le sort de Doom réglé dans Dark Avengers), la première équipe des New Avengers prend le maquis pour combattre la loi défendu par Iron Man. Bendis a instauré une guerre entre héros et ce sont les vilains qui vont en profiter. Que ce soit les voyous comme The Hood, les ambitieux comme Norman Osborn ou les conquérants comme les Skrulls, Bendis a délibérément affaibli ses héros pour laisser une place aux vilains. Bendis construit à travers ces deux séries l'invasion des aliens et instaure le doute entre amis et partenaires. La perte de confiance, le manque de solidarité et l'orgueil de certains comme Iron Man vont les mener à leur propre perte. Si les héros repoussent l'invasion des aliens verts, la victoire n'est pas pour eux car les vilains prennent le pouvoir lors de Dark Reign. Malheureusement, la transition entre ces deux évènements va être mal menée UN SUCCES ENTRAINE DES CRITIQUES A près trois ans de bonheur, les critiques s'attaquent vraiment à Bendis. Si le scénariste est fautif (certains combats avec le Hood ou Iron Patriot sont assez répétitifs), il ne faut pas oublier qu'il n'a pas carte blanche. Il a certes fait des Vengeurs des stars mais les autres artistes ont aussi leur mot à dire et Marvel peut prendre des risques mais ne sacrifiera pas un principe simple de stratégie marketing : proposer constamment des nouveaux points de départs. Pour cela, Marvel ne veut jamais que la situation s'enlise. Secret Invasion, c'est une super idée. Produire une centaine de comics sur huit mois relatant une infiltration puis l'attaque de la Terre par les Skrulls, c'est du jamais vu et ça prouve la puissance de feu de Marvel. Il suffit de lire une série mineure pour comprendre l'impact de cette guerre sur l'univers entier. Bendis réussit la partie infiltration mais rate la partie guerre (Millar est meilleur dans ce domaine et certaines séries sont pas mal dans ce registre lors du crossover). Ce n'est pas grave, la guerre ne peut pas durer indéfiniment et on ne peut pas envisager la victoire des aliens (quoique). La porte de sortie est excellente : les 07



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