MDCU le Magazine n°8 juillet 2012
MDCU le Magazine n°8 juillet 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de juillet 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MDCU.fr

  • Format : (271 x 361) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 19,1 Mo

  • Dans ce numéro : la fin d'une ère pour les vengeurs, retour sur le run de Bendis.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LA QUESTION À LA CON : FALLAIT-IL UN PREQUEL À WATCHMEN ? Watchmen, c'est un peu le Graal des comics pour de nombreux lecteurs. Une histoire magnifique qui a le mérite de prouver aux non-initiés que les comics, ce n'est pas que pour les gosses. Le fait que son créateur soit Alan Moore scelle le destin d'une œuvre majeure des comics et en fait un des plus gros best-sellers. Donner suite à ce projet, c'est diviser la communauté des comics. Tout œuvre qui connaît le succès se voit indubitablement poser la question d'une suite, surtout quand l'oeuvre en question est courte et finie (ici 12 épisodes complets pour un album unique). Le problème avec Watchmen, c'est que la fin laisse peu de place à une suite ou plutôt ne donne aucun intérêt à une suite. L'histoire se suffit à ellemême car elle apporte une réponse à l'enquête, aux secrets et surtout tue le personnage principal. Certes, il serait possible raconter le sorts des autres héros mais tout le charme des personnages et de l'idée de base (qui surveille les gardiens ?) laisserait place à une nouvelle dynamique qui nous éloignerais de l'atmosphère d'origine. Il vaut mieux ne pas toucher à un chefd'œuvre de peur de décevoir les lecteurs. Malheureusement, les fans en veulent toujours plus. Soit, que pouvons-nous faire ? Watchmen propose une aventure dans un univers unique, cohérent et passionnant possédant une filiation entre les héros. On nous présenté les débuts (les Minutemen) et la fin (les Watchmen). Logiquement, si on peut pas s'attaquer à la suite, on repart en arrière pour comprendre comment on en est arrivé là. C'est là que la dispute entre Alan Moore et DC prend tout son sens. En effet, Alan Moore est un personnage à part qui a toujours eu du mal avec l'aspect commercial des comics car c'est avant tout une industrie aux USA. En écrivant pour DC, on cède ses idées à l'éditeur, ce n'est pas comme un creator owned chez IMAGE COMICS. Toutefois, le contrat de Moore lui rétrocède une part des gains mais aussi une cession des droits si les personnages ne sont plus utilisés et que le bouquin n'est plus imprimé. Moore pensait sincèrement que les droits allaient lui revenir mais DC, devant le succès, n'a jamais stoppé la vente de l'album qui est depuis plus de 20 ans constamment réédité (sans parler du buzz avec le film). Moore a pris cela comme une trahison alors que légalement, DC n'a pas trahi le contrat et a même poussé le respect à l'extrême en s'empêchant pendant toutes ses années de produire une suite alors que Moore avait quitté DC et ne voulait plus avoir affaire à eux. Les fans veillaient toutefois au grain. Depuis, les hommes à la tête de la firme ont changé et le reboot de l'univers DC a brisé le tabou. En proposant un tel chamboulement éditorial, DC a osé affronter l'ire des fans et au final, le succès est présent. Jusqu'à lors, Paul Levitz dirigeait DC mais le rachat de Marvel par Disney a réveillé Warner qui a repris en main l'éditeur. La nouvelle direction (Diane Nelson, Dan Didio, Jim Lee et Geoff Johns) a pour objectif de développer les licences DC et rendre l'univers beaucoup plus accessible afin de rapprocher les comics du cinéma. Le reboot ayant libéré la firme de la pression des fans, l'éditeur ose toucher au Graal et annonce plusieurs mini-séries développant l'univers Par Leto Watchmen. Pourquoi se priver d'une de ses plus grosses ventes ? Sachant que DC s'est interdit tout crossover avant deux ans au moins (ce sera sûrement Trinity War qui ouvrira le bal de ce nouvel univers), il faut un événement commercial assez fort pour l'été alors que Marvel lance son crossover annuel (ici Avengers Vs X-men). Ce sera la déferlante BEFORE WATCHMEN. Un vieux projet est ressorti des cartons. A l'époque de la parution de l'œuvre, les auteurs, Moore et Gibons, sont d'accord pour réaliser un prologue sur les Minutemen mais refusent de voir l'univers se développer sur plusieurs mini-séries simultanée car ils ne pourraient alors pas tout contrôler. DC reprends cette idée en 2012 avec des artistes confirmées (JMS, Azzarello, Darwyn Cooke, les Kubert, JG Jones, Len Wein, Adam Huges et d'autres) pour rassurer les lecteurs qui lèvent les boucliers pour certains alors que d'autres bavent d'impatience. Était-ce nécessaire ? Faire un prologue est une bonne idée, la seule possibilité valable même. Ce qui rassure, c'est qu'on ne touche pas à l'histoire d'origine, on n'écrit pas une histoire parallèle, on ne révèle pas les dessous de l'histoire. A condition que l'on respecte le caractère des personnages, on a un univers assez balisé par Moore et assez complexe pour raconter, en restant dans les clous, de bonnes histoires. La nostalgie est une émotion puissante et qui sait, un jour peut être les fans parleront d'une franchise Watchmen et non plus d'un seul livre, en espérant que le développement de cet univers s'arrête là. 40
A LA DÉCOUVERTE D'UN SITE WEB : THE COMICS CHRONICLES Par Leto Dans la sphère des sites web traitant de l'actualité des comics, vous avez une trinité sacrée aux USA : Newsrama, CBR et Bleeding Cool (bien qu'il soit anglais celui-là). A côté de ces mastodontes en terme de visiteurs, buzz ou implication des artistes, vous avez une myriade de sites web et blogs plus ou moins intéressants. Certains essayent de relayer l'actualité alors que d'autres se sont spécialisés sur un aspect de l'industrie ou les habitudes des fans. Ainsi, le site The Comics Chronicles est une mine d'information pour ceux qui comme moi s'intéressent aux chiffres de vente des comics sur le marché américain. Quel intérêt me direz-vous ? En France, les éditeurs comme Panini Comics, Urban Comics et Delcourt achètent des licences et publient des séries qui ont de nombreux numéros d'avance aux USA. Du sort de la série sur son marché d'origine dépend son sort en France. Pour les séries Marvel, on a presque toutes les publications en VF et les annulations ne sont pas dues à Panini mais à Marvel, hormis quelques séries comme She-Hulk dont la publication est jugée peu bankable en France. Pour DC et Urban, c'est déjà plus flagrant avec moins de la moitié des séries du New 52 qui sont publiées, c'est donc fort logiquement les séries au plus grand succès commercial qui sont privilégiées. Pour les indépendants et Delcourt, c'est encore plus concret avec des achats de licence liées au buzz et des négociations se basant sur les ventes. Suivre les ventes mensuelles des comics aux USA, c'est prévoir le marché français à l'avance en quelque sorte. The Comics Chronicles est un site web créé par John Jackson Miller en 2007. Miller est un scénariste de comics (notamment la série Star Wars Knight Of The Old Republic, ce n'est pas le Miller de Batman) qui écrit des articles sur les comics depuis presque 20 ans. Ce site web lui permet, chaque mois, d'analyser l'évolution du marché des comics aux USA grâce au distributeur exclusif des éditeurs américains, Diamond Comics. C'est cette société qui fournit les comics-shops et qui publie non pas les ventes mais les commandes. Chaque mois, Miller (et MDCU dans ce magazine) se basent donc sur ces commandes pour évaluer le succès de chaque série. Il y a donc un biais dans l'analyse car même si les commandes sont affinées chaque mois au fil de l'évolution d'une série, du buzz (type artiste ou event) et des habitudes des consommateurs, on n'analyse pas les chiffres de ventes finales. Ce n'est donc pas le succès auprès du public mais le succès auprès des vendeurs qui est calculé. Quel intérêt dans ce cas-là ? Il est double. Ces analyses et chiffres n'ont d'intérêt que quand on étudie l'évolution de ces séries puis qu'on compare les séries entre elles. Savoir que New Avengers est commandée à 75 000 copies, ça ne sert à rien. Par contre, savoir que la présence d'un nouvel artiste a boosté les ventes par rapport au mois dernier ou qu'elle est plus commandée que Secret Avengers permet de prendre des décisions éditoriales. Ces chiffres de ventes sont donc une des explications quand on change d'artiste, modifie le casting ou renomme une série voir l'annule. Ces décisions sont basés sur les commandes puis les retours (mais des négociations commerciales faussent cet aspect) car une série n'est pas présente dans toutes les boutiques, il faut d'abord convaincre les vendeurs des comics-shop de se fournir chaque mois avant de pouvoir convaincre le lecteur. C'est pour cette raison que les réservations sont courantes, cela permet d'affiner les quantités. Revenons à Comichron. Miller n'hésite pas chaque mois à plonger dans ses archives pour savoir si une situation s'est déjà présentée, pour mettre en lumière l'évolution de l'industrie sur ses 10 dernières années ou pour souligner les records de vente. Ces archives mensuelles et annuelles sont accessibles, tout comme le top comics des années 2000 ou les ventes moyennes d'une série par an. Vous l'aurez compris, si vous avez besoin d'un chiffre, c'est l'adresse indispensable, c'est assez facile d'accès et cela permet de bien comprendre l'importance d'une série pour un éditeur. Comme ça, la prochaine fois qu'un artiste sera annoncé sur un titre, vous aurez déjà un début d'explication. 41



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