MDCU le Magazine n°5 mars 2012
MDCU le Magazine n°5 mars 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mars 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MDCU.fr

  • Format : (270 x 360) mm

  • Nombre de pages : 38

  • Taille du fichier PDF : 22,5 Mo

  • Dans ce numéro : John Carter.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ti oici la critique du film John Carter VVproduit par les studios Disney qui est dans les salles depuis mercredi 7 mars. Est-ce que vous avez déjà remarqué que, de nos jours, il était de plus en plus difficile de proposer une histoire de fiction originale ? A chaque nouvelle oeuvre, le public ne manque pas de comparer ce qu'il a sous les yeux avec ce qui a été fait avant. Qui a copié qui, telle est la question. Il existe dans l'imaginaire collectif une histoire célèbre que chacun d'entre nous pourrait raconter au coin du feu : il était une fois un héros qui découvre I un pays/une planète. Il va sauver une princesse, son peuple et au final monter sur le trône. C'est du réchauffé de nos jours, de nombreux films et même téléfilms recyclent ce synopsis de base à toutes les sauces. On pourrait faire une liste longue comme un bras de scènes clichés encrées dans la culture populaire comme « le passage où le héros deviens ami avec un guerrier extraterrestre », « le moment où il est choisi comme le champion du peuple oppressé », « le moment où il tombe amoureux de cette culture », etc I e problème avec un film comme I—John Carter, c'est qu'il rassemble tous ces poncifs, un peu comme s'il faisait exprès. D'ailleurs, on a pu lire un peu partout sur le net que ce film ne serait qu'un mix entre Gladiator, Star Wars, Avatar, Conan, Pirates des caraïbes, etc Si on compare certaines scènes présentées dans la bande annonce, c'est foutu, ce film n'est juste qu'un cocktail de bonnes idées déjà vu ailleurs. Certains spectateurs ont déjà catégorisé ce film, avant de l'avoir vu, comme une copie des plus grands classiques du cinéma, un film pop-corn dénué d'imagination voir kitch 1 Heureusement, John Carter est un film qui réussit à dépasser les préjugés. 25 y : JOHN CARTER UNE OEUVRE CENTENAIRE Par Leto r'est une adaptation d'une oeuvre% -ocentenaire, une série de romans écrits par le papa de Tarzan, Edgar Rice Burroughs. John Carter of Mars est apparu pour la première fois en 1912 dans un magazine mais n'a eu les honneurs d'une sortie en recueil qu'après le succès de Tarzan. Les deux personnages sont si proches et si opposés à la fois. Alors que Tarzan accueil le lecteur dans sa jungle, John découvre Mars en même temps que nous. Cependant, ils sont tous les deux acceptés parmi les indigènes pour devenir le protecteur de ces environnements. Toutefois, là où Tarzan passe pour le héros éphèbe qui peut être un Lord dans notre société, John est un anti-héros qui trouve la rédemption sur Mars. Il y a une noirceur en John qui en fait un personnage beaucoup moins lisse que Tarzan. Par ailleurs, John n'est pas l'unique héros de cette saga et ils n'apparait pas dans tous les romans. En effet, c'est vraiment Mars qui est au centre de l'histoire. Barsoom est le nom qui a été donné à cette vision de la planète où John n'est qu'un maillon de la tragédie qui s'y déroule. Une partie du charme
de cette oeuvre vient donc de la découverte de la civilisation alien. Vu que l'histoire date de 100 ans, elle a eu le temps d'inspirer des légions de scénaristes. Sortir le film aujourd'hui présente donc l'inconvénient de s'exposer à un certain manque d'originalité. Le scénario a été retravaillé mais les moments clés de cette oeuvre ont déjà été vu ailleurs. C'est un point important à intégrer avant d'aller plus loin dans la découverte de ce film : le but est de rendre hommage à cette oeuvre pionnière et de savourer t'essence même d'une grande aventure fantastique. John Carter fait partie de la vague d'oeuvres de science-fiction de la seconde partie du 19ème/début du 20ème siècle. C'est un des précurseurs des serials radio et TV qui sont eux-même des précurseurs des superhéros. Bien avant les Superman, Batman, Wolverine et autre Spider-Man, on avait des personnages comme The Green Hornet ou The Lone Ranger, des héros de pulps. Zorro, Tarzan, Buck Rogers, autant de personnages qui incarnent l'aventure ou la résistance contre l'oppression et le crime. Ainsi, John Carter est un ancien soldat de la guerre de Sécession qui va se retrouver propulser sur Mars. C'est donc un contemporain du lecteur à l'époque de sa publication (la guerre a pris fin il y a 50 ans, les papys racontaient leurs exploits ou l'horreur de la guerre aux enfants) qui va à la rencontre d'un mystère de l'époque : Mars est-elle habitée ? La Guerre des Mondes, chef-d'oeuvre de H.G. Wells, n'a été publié que 15 ans avant en Angleterre. Cette fois, ce n'est pas la Terre qui est envahie mais Mars qui est visitée. La science n'avait pas encore prouvée que Mars n'a pas d'atmosphère et les auteurs de l'époque s'amusaient à imaginer des civilisation extraterrestres. ohn Carter est donc un élément à J part entière de la culture populaire aux USA. En France, Tarzan est célèbre mais son camarade est un grand inconnu. J'ai bien essayé de me procurer un de ces romans dans les librairies mais c'est presque impossible. Il existe bien sûr une traduction en français de cette oeuvre mais c'est une véritable gageure pour mettre la main dessus. Si le personnage vous intéresse, vous aurez plus de chance de tomber sur un comic-book. Là encore, John a participé à l'histoire de cette industrie mais jamais de façon stable. Il a papillonné entre DC (un featuring auprès de Tarzan), Marvel (31 épisodes dans sa propre série avec une coupe de cheveu culte), Dark Horse (une mirai-série avec Tarzan, sinon c'est pas marrant) et enfin Dynamite Entertainment il y a peu. Chez cet éditeur, qui a l'habitude de lancer des séries sur des héros « oubliés » ou surtout tombés dans le domaine public, que le héros a été relancé sous le nom de Warlord of Mars (Seigneur de guerre de Mars). C'est en tant que « icône SF de la découverte d'une planète inconnue » que John a pu avoir sa propre série. C'est aussi l'essence même de l'évolution personnage, celle du guerrier qui devient le protecteur de la planète Mars, qui est mise en avant. Fin 2011, Marvel a lancé deux comic-books basés sur le film (Disney est le propriétaire de Marvel pour rappel) avec Peter David, scénariste réputé de la firme habitué aux adaptations. 26• Qu'en est-il du résultat final ? Ce film se définit donc avant tout comme une retranscription assez magistrale de la planète Barsoom (la planète Mars pour nous). En effet, sa grande force est de proposer des décors, des effets spéciaux et un scénario qui nous immerge totalement sur cette planète en ne se concentrant pas uniquement sur le parcours du héros. Ce film est parfait pour ceux qui veulent plonger dans la détresse et le chaos qui ravage cette planète pour voir comment l'apparition d'un soldat désabusé va tout changer. n s'attache à ses peuples, à son hiscire, aux effets sur l'environnement. La plastique du film est superbe, le ton est bon et le propos cohérent et adapté à la situation. Le budget pharaonique a été parfaitement utilisé avec une technologie au point et un réalisme au rendez-vous. Les enfants vont adorer et les plus grands vont passer un bon moment comme pour les grands films Disney. Plet a PrinceSSefmats Princess ofillats - - IDGAk Ftrce. BURIZOUG Le pari d'adapter une telle oeuvre est donc réussi mais cela n'est pas forcément gage d'un grand film. En effet, cette production possède les mêmes défauts que les romans de base. Si l'histoire de John Carter est belle, dépaysante et se rapproche en certains points des plus grandes pièces dramatiques, elle ne va jamais vous bouleverser. Les thèmes abordés sont classiques, les personnages sont solides mais pas originaux et le scénario ne propose à aucun moment une surprise magistrale ou une scène ahurissante. Le matériel de base est usé (on décèle rapidement les comparaisons avec tout bon western) et a été pillé par Star Wars ou Avatar. C'est rarement original et, comme prévu, les vieux briscards qui se sont tapés tous les classiques du



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