MDCU le Magazine n°3 janvier 2012
MDCU le Magazine n°3 janvier 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de janvier 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MDCU.fr

  • Format : (271 x 361) mm

  • Nombre de pages : 62

  • Taille du fichier PDF : 17,3 Mo

  • Dans ce numéro : les créations de Stan Lee.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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vera sur grand écran le Batman de Tim Burton et que seulement un an plus tard disparaissait le second Robin, une tournure donc que ce travail de Miller. Le dessin est des plus classiques : A priori. Nous sommes dans une ambiance des plus noires avec un trait fin, crayonné et un encrage « pastel ». Les formes irrégulières qui parsèment le récit nous apportent une impression fort nébuleuse. On semble être plongés dans un rêve, ou mieux : Des souvenirs. Nous sommes envoyés dans le passé sur le fond du récit bien évidemment puisque l’histoire fait office de flash back, mais sur le dessin aussi cette voie est suivie. Les personnages apparaissent petits (ce qui rebut fort souvent les lecteurs néophytes d’ailleurs), comme s’ils avaient été dessinés dans un journal. Normal, puisque Batman, sa naissance est née d’un véritable fait divers et surtout mis en scène comme un fait divers comme le montre la couverture du premier numéro de Year One. Au même titre, le costume de Batman apparaît fortement classique : Ni armure, ni technologie extravagante (à une exception près). Un costume qui fait très « juste au corps » et renforce l’aspect humain du personnage qui n’est qu’un échos au fait que Batman n’apparaît que très peu au dépends de Bruce Wayne. Au même titre, le véritable héros est le Commissaire Gordon qui vole la vedette à notre héros : Un étonnement pour l’époque où rares étaient les titres qui étaient empruntés par un run par un personnage secondaire. Le tout fait très années 40, une fois de plus un clin d’œil à la naissance du personnage. M&M’s jouent en nous faisant une bien belle mise en abîme : Nous sommes plongés dans le récit tout en étant sans cesse rappelés à l’ordre par Miller : Ceci est un hommage à ce personnage. Et les clins d’œil nombreux ne sont là que pour forcer le trait. Dans cette même optique, le travail des couleurs à son importance. Nous sommes dans un travail saturé, d’exagération. Une hyperbole permanente qui réussit parfaitement son coup. Lorsque nous sommes dans l’obscurité, cette dernière est exagérée le plus possible, les aspects les plus noirs ressortent (prostitution, tromperies, corruption, mort). A la lumière, une fois de plus tout est exagéré : Fuseaux des torches, lumière de la lune, explosions. Tout éclate à notre vue, toujours avec ce contraste étonnant établit avec les traits sombres qui sont juste à côté. Le découpage et les cases narratives narratives sont par contre loin du classicisme apparent (mais inexistant) des caractéristiques précédentes. Pour le découpage il est extrêmement dynamique, rares sont les gaufres à 4-8 cases, tout est distendu, tout est pensé méticuleusement. Les scènes les plus lumineuses se voient offrir des cases grandes, pour couvrir le plus possibles d’espace et toucher l’esprit (scène plongeantes sur la ville, scènes d’action) tandis que les scènes noires sont comprimées fort souvent (à quelques rares exceptions telles que la scène entre Gordon et sa femme dans le lit du couple : Terriblement bien mise en scène). La narration est inscrite elle dans des feuilles, comme arrachées : L’aspect journalistique est une fois de plus offert sur un plateau à moins que ? Le narrateur est tantôt Gordon (feuilles jaunes et police d’imprimerie) : Nous sommes dans une optique de rapport policier. On imagine aisément la machine à écrire crépiter dans un bureau fumeux de Gotham. Tantôt c’est Bruce Wayne qui s’exprime (Feuille grise et écriture manuscrite) : Ce dernier écrit ses pensées, comme dans un journal intime. Seul à connaître ce secret, tiraillé par ce dernier (en dehors d’Alfred des plus rares ici) il se livre entièrement à ce confident inerte et nous donne toutes ses pensées (à l’instar des confidentes qui ont fort souvent été utilisées dans les récits classiques du XVIIème siècle). Voilà donc ce qu’il en est sur cette oeuvre, ou du moins sur l’un des aspects les plus négligés de cette dernière. La cohésion remarquable entre les deux artistes, une cohésion qui se retrouve sur les divers points cités ont sans nulle doute jouer pour beaucoup dans le succès critique et historique de l’oeuvre qui s’est véritablement imposée au fil des ans comme la référence de l’univers du Caped Crusader. A tel point que s’il fallait donner une oeuvre d’entrée, ce serait celle-là. Il est cependant à noter que le dessin en rebute plus d’un, comme si bizarrement le lecteur néophyte qui débarque dans le comic book refuse de voir une touche de franco-belge et s’attend à quelque chose de plus strictement « comics ». Une œuvre complète qui aura le mérite de toucher à un univers mainstream et de montrer que même dans de la BD américaine, même avec des superhéros, même avec l’omniprésent et longuet Batman : Un travail intelligent peut être fait. Un travail complet qui lie avec plaisir scénario et dessin. Un goût d’amertume reste cependant au fond de la gorge lorsque l’on se dit que Mazzuccheli a totalement abandonné l’idée de revenir dans du mainstream et que Miller semble plus préoccupé par le cinéma et les comic books réactionnaires (et profondément idiots) aujourd’hui que par un travail appliqué et méticuleux comme il pouvait le faire auparavant. 28
COMICBACK STAGE : GAIL SIMONE Avant d’entrer directement dans le sujet, je voudrais revenir sur la démarche qui m’a amenée à choisir Gail Simone comme l’artiste que je souhaitais mettre en avant dans ce numéro. Après deux auteurs étiquetés Marvel, j’ai cherché pendant plusieurs dizaines de minutes (c’est long) des auteurs DC, modernes et dignes d’intérêt sans pour autant avoir une carrière qui s’étende sur plusieurs DCnnies (la bonne blague). Et j’ai eu du mal. Alors bien sûr, les auteurs phares comme Morrison ou Johns sont plutôt jeunes et sont les porte-voix de la ligne éditoriale mais les autres sont soit des vieux routards du comics (Levitz, Wolfman, etc), soit des auteurs méconnus attendant de percer. Donc déjà un premier obstacle chez DC alors que chez Marvel, il y a (selon mon avis, soyons bien clair) plus d’opportunités pour de nouvelles têtes, plus jeunes. Ensuite, généralement, les auteurs de comics sont des hommes. Et ce constat, on peut le faire partout, chez tous les éditeurs. Depuis le temps qu’on écrit des comics, peu de femmes se sont fait un nom en écrivant les péripéties de nos héros. Mais sans aborder très profondément le machisme permanent dont sont victimes les femmes dans cette industrie, tant sur le plan professionnel que sur les psychés des personnages dans les titres, il ne fait pas bon être de sexe féminin quand on lit ou écrit des BD. En tout cas, cela complique grandement les choses. Alors raison de plus pour parler de la grande Gail Par Fitzlionheart Simone, auteur de beaucoup de choses chez DC et un peu chez Marvel et de sa prolifique carrière assez particulière et finalement assez récente. LES DÉBUTS D’UNE CARRIÈRE : UNE FAN PREND LA PLUME Après avoir suivi des études de théâtre à l’université, Gail Simone change de voie et épouse la profession de coiffeuse. Selon elle, ce métier a développé une curiosité pour l’autre et les rapports humains dont elle assume se servir encore aujourd’hui. Mais en parallèle de son métier, Gail a une passion : les comics. Elle est consciente que la majorité du lectorat est constitué d’hommes et qu’elle est à part dans son groupe d’amis. Sans être pour autant engagée dans une lutte anti-machisme, elle prend conscience de l’inégalité de traitement dont souffrent les personnages féminins dans ses lectures. Avec plusieurs autres personnes, elle crée en 1999 le site Women in refrigerators (des femmes dans le réfrigérateur) dans lequel elle 29



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