MDCU le Magazine n°2 décembre 2011
MDCU le Magazine n°2 décembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MDCU.fr

  • Format : (271 x 361) mm

  • Nombre de pages : 74

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : Regenesis, back to east !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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INTERVIEW : XAVIER LANCEL, RÉDACTEUR EN CHEF DE SCARCE Xavier Lancel, le rédacteur en chef de Scarce, le fanzine français, nous a accordé une très belle interview. Bonjour Xavier, est-ce que tu peux te présenter et également expliquer ton parcours ou ton histoire avec les comics ? Bonjour, je suis Xavier Lancel, 38 ans. Je travaille pour Scarce depuis 1999. D’abord en tant que simple rédacteur puis comme président de l’association Saga qui publie le magazine et enfin comme rédacteur en chef.. J’ai commencé les comics parce que mes frères lisaient Strange, Nova et tous les autres magazines de cette époque. Ils en avaient un coffre plein et j’ai du commencer vers mes 6 ans. Alors qu’ils ont arrêté pendant leur adolescence, moi j’ai continué et cela jusqu’au début des années 90. Là, j’ai arrêté pendant une petite dizaine d’année par manque d’intérêt. En 93/94, j’ai découvert Scarce et je lisais la revue régulièrement alors que je ne lisais plus de comics. Surtout parce que je la trouvais intéressante. Puis quand j’ai repris vers 1998, j’ai surtout fait de la VO et petit à petit, je me suis dis : pourquoi je ne proposerais pas des articles ? J’ai envoyé par la poste deux articles sur lesquels j’avais passé une centaine d’heures environ, enfin beau- coup trop de temps et ils sont finalement passés et j’ai continué comme ça pendant quelques temps. Je faisais aussi de la traduction d’interviews et je fournissais des illustrations en scannant les comics que j’avais (parce que ma collection commençait à bien s’étoffer). Je relisais également les articles et j’ai fini par écrire des éditos, qui sont tous signés Jerry Perry Junior. Et finalement, ça m’a amené à reprendre le magazine quand il a traversé une période difficile il y a quelques temps. Parlons-en justement du magazine et de son histoire, difficile ou pas. Comment a-t-il débuté ? Alors, tout a commencé en 1981. Quelques fans de comics s’étaient réunis pour faire un dictionnaire des superhéros. Le projet a avorté mais lors d’un pèlerinage comics à Londres, certains de ses fans ont décidé de faire un fanzine consacré aux comics. Ces trois personnes étaient Jean-Paul Jennequin, Yvan Marie et 54 Par Fitzlionheart Frédéric Blayo. Il y avait déjà eu des tentatives, notamment avec Galador dont faisait partie Yvan Marie. Se sont ensuite rajoutés Dominique Poncelet et Laurent Seizelet. Le premier numéro est sorti en 83. 44 pages en noir et blanc entièrement tapées à la machine. 500 exemplaires ont été tirés et distribués dans des librairies parisiennes, les seules à proposer de la VO à ce moment-là. Les premiers numéros étaient très polémiques, voir agressifs. C’était un ton vraiment fanzine mais cela s’est adouci ensuite, notamment parce qu’on a noué des liens avec des artistes, ce qui nous permettait de mieux les comprendre. Cela ne nous empêche pas d’être toujours parfois critique dans nos interviews ou dans nos articles. La magazine était trimestriel et est sorti jusqu’au numéro 7 où des dissensions sont apparues entre les rédacteurs. Certains voulaient que le magazine soit plus soigné, plus joli avec de la couleur notamment quitte à ne plus paraitre régulièrement. Les autres voulaient avant tout que le contenu soit bon et que le magazine sorte tous les trois mois. Finalement, la première solution s’est faite et le magazine est sorti en couleurs avec un prix passant de 20 à 40 francs. Cette transition étant trop brutale, les ventes ont été mauvaises et en conséquence, personne n’a voulu travailler sur le prochain. Après un an de hiatus, Jean-Paul Jennequin et Yvan Marie ont quand même décidé de relancer la machine et le magazine est ensuite paru tous les trois mois à partir de là et pendant 15 ans. Les problèmes sont un peu revenus à partir de 2000 et jusqu’en 2007. Le rythme de parution s’est énormément réduit. Il y a même eu un numéro par an à certains moments. Le 70 est sorti un an après le 68 (il n’y a pas eu de 69 mais on y reviendra plus tard) qui était aussi sorti presque un an après le 67. Olivier Thierry, devenu rédacteur en chef au numéro 53, m’avait proposé de devenir le président administratif, mais ce n’était vraiment qu’un titre officiel. Quand finalement, il s’est lancé dans Zoo, je lui ai dit que j’étais motivé pour reprendre le magazine et m’investir plus et j’ai donc récupéré le bébé. Depuis, on est censé être trimestriel mais on a un peu de mal à tenir la cadence mais on tourne à peu près à trois numéros par an. Et comment ça se passe alors au niveau de l’équipe actuellement. Vous êtes combien ? On a un coeur de rédacteurs qui écrit à chaque numéro. Cela doit faire environ 10 personnes puis les rédacteurs occasionnels font monter le chiffre à une grosse vingtaine je pense. Mais la situation est assez compliquée en ce moment parce que les « anciens » rédacteurs ne proposent plus d’articles d’eux-mêmes. Cela n’empêche pas certains de revenir comme Jean-Paul Jennequin qui va écrire pour le prochain numéro alors que cela
doit faire 15 ans qu’il n’a rien proposé. C’était quand même un des fondateurs. Donc on essai d’apporter du sang neuf pour re-dynamiser le magazine. Vous communiquez par mail ou vous vous voyez lors de réunions ? Au départ, la rédaction était à Paris. Sans internet, tout se faisait par courrier. Mais depuis que j’ai repris, on a des rédacteurs partout en France même si j’habite personnellement à Lyon. Comment se passe la préparation d’un numéro ? Cela dépend. Les rédacteurs peuvent choisir leurs propres sujets plusieurs mois à l’avance. Une fois le sujet choisi, on demande qui veut participer et en fonction des réponses, on répartir le travail. C’est donnant donnant pour les articles. Si un rédacteur propose un article, il s’engage aussi en retour à travailler sur des séries qui ne le passionnent pas si jamais on a besoin d’aide. Je ne refuse pratiquement jamais d’articles. Sauf quand c’est un sujet qu’on a déjà traité. Il y a tellement d’artistes et de séries qui mériteraient qu’on parle d’eux. Par exemple, nous n’avons encore jamais rien fait sur SteveDitko, c’est quand même un comble en 25 ans de publications. Mais on essaye de mettre en lumière des artistes dont on ne parle plus beaucoup. Pour le dernier numéro d’ailleurs, je souhaitais faire un sujet sur Ernie Colon depuis que j’avais repris Scarce. À 80 ans, il dessine toujours plus de 160 pages par an ! Peu de gens ont répondu pour participer à l’écriture : j’ai donc rédigé la grande partie des 40 pages du dossier. J’ai acheté le plus de ses titres possible pour être capable de parler et échanger légitimement avec lui. On a donc le dossier et une interview exclusive uniquement sur Ernie Colon. Le reste des articles, c’est un fond qu’on met ou enlève selon la place disponible. On a plusieurs rubriques dont « Point d’encrage » de Philippe Cordier, qui met en avant un encreur et son travail. Au prochain numéro commencera aussi une rubrique sur la bande dessinée anglo-saxonne. Comment se passe la prise de contacts avec les artistes ? Et comment se font les interviews ? On passe par Facebook, ou le site personnel de l’artiste. C’est le plus simple et le plus direct. Internet est un formidable outil pour ça. Mais souvent, on saute de contact en contact. Pour Colon, on a su que ça allait se faire quand Mauricet, qui a dessiné la couverture du numéro #71, m’a dit qu’il avait travaillé avec lui par le passé et qu’il avait son mail personnel. 55 En plus, quelques mois plus tard, j’ai appris que Terry Austin, qu’on venait d’interviewer était aussi un grand fan de Colon et qu’il avait des dizaines de planches de lui. Donc voilà, on a récupéré le mail et le bouche à oreille l’a mis en confiance. Les interviews ensuite, je préfère les faire en vrai, en face à face à des conventions ou des évènements spéciaux mais cela se fait surtout par mails. Et chaque échange est différent selon les artistes. Personnellement, je commence par envoyer 2/3 questions sur lesquelles je pense pouvoir enchaîner plus tard. Mike Carey écrivait de longues réponses qui me permettaient d’enchaîner naturellement, comme pour une conversation normale. Avec Ernie colon, ça a été beaucoup plus lapidaire et sec. Il répondait parfois en une phrase et c’est arrivé qu’on ne s’échange plus de mails pendant un mois et ensuite qu’on reprenne. Vous avez une approche très spécialisée, voire professionnelle dans le choix des sujets et le traitement. C’est un choix délibéré ? Oui, ça l’est. Surtout depuis que j’ai repris la revue. Avant, on avait des sujets plus mainstreams mais j’ai remarqué que mettre par exemple Batman en couverture n’influence en rien sur le nombre de ventes. Partant de ce constat, autant prendre des sujets inédits et peu communs pour ne pas faire pareil que les sites d’informations qui en plus bénéficient de l’instantanéité. Ernie Colon n’a eu que deux interviews tout au long de sa carrière et je défis quiconque de trouver une bibliographie complète de son travail, même sur le net. On prend des artistes qui justifient un achat de la part d’un lectorat déjà érudit et qui veut en savoir plus. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne fait que dans l’ancien. Tim Fish dont on parle dans le numéro qui sort est un artiste moderne. Des grands noms de l’édition et du milieu du comics ont participé ou participent encore au magazine : Thierry Mornet, Jean-Marc Lainé, Jean-Paul Jennequin, etc. Ça fait quoi d’être à la tête d’une institution comme Scarce ? C’est vrai que la plupart de nos rédacteurs ont maintenant des postes dans l’édition voir même dans l’édition de comics. Scarce sert un peu de pied à l’étrier pour se faire une place dans ce microcosme. À force de rencontrer les artistes, certains se sont fait un nom comme Thierry qui gère maintenant la ligne comics « contrebande » chez Delcourt. En plus, il continue à écrire pour nous, tout comme Jean-Marc et beaucoup d’autres.combien d’exemplaires se vend le À magazine est comment est-il distribué ? Au lancement, il était tiré à 500 exemplaires. C’est monté jusqu’à 1000 voir 1100 à la meilleure période. Quand



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