MDCU le Magazine n°2 décembre 2011
MDCU le Magazine n°2 décembre 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de décembre 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : MDCU.fr

  • Format : (271 x 361) mm

  • Nombre de pages : 74

  • Taille du fichier PDF : 12,7 Mo

  • Dans ce numéro : Regenesis, back to east !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 OEUVRES, 4 MESSAGES Je vais me concentrer sur 4 oeuvres qui selon moi représentent parfaitement ce couple au travers de 4 points cruciaux ; L’Elargissement d’un univers ou du moins l’Enrichissement de ce dernier avec JLA Earth2, la Réinvention d’un autre avec les New X-Men, la Création entière d’une histoire située dans une dimension externe au support d’origine avec All Star Superman et enfin l’Hommage rendu au passé avec Batman & Robin. Même si ces différentes caractéristiques se retrouvent bien évidemment dans chaque oeuvre, celles que j’ai prises représentent bien l’esprit. JLA Earth 2 : Ce récit s’inclut dans l’Ère de Morrison sur la JLA. Ce dernier avait repris le titre et faisait preuve d’un classicisme malgré tout prononcé (oui il y avait bien évidemment un ton différent, néanmoins nous n’étions pas face à un bouleversement fondamental à l’instar de ce qu’était et représentait Animal Man). Morrison se devait donc de se défouler bien quelque part et ce fut donc un monde du Multivers qui fut choisi pour cela. Nous sommes plongés dans un monde qu’à priori on ne reconnaît pas et qui pourtant ressemble à celui de base. Certains indices dissimulés montrent néanmoins que quelque chose ne va pas. Rapidement on se rend compte que ce monde est l’inverse de celui que l’on connaît : Les Bons ne le sont pas tandis que les Mauvais à l’instar de Luthor luttent contre l’injustice. Quitely nous livre des vilains semblables à la JLA que l’on connaît mais chez chacun d’entre eux, il y a quelque chose qui sonne faux ; les traits de Superwoman (contraire de Wonder Woman) sont durs, Superman lui est semblable sauf sur son costume, la Chauve Souris devient un Hibou, Flash et Green Lantern ont les traits cachés derrière un masque de verre. Luthor lui reste le même en apparence. Morrison se fait plaisir, et utilise ce système pour apporter quelques petites critiques au statut de super héros et au sacro-saint manichéisme. Le récit qui semble étonnamment linéaire en son milieu avec une étonnante facilité pour le Bien se renverse complètement à la fin ; les couleurs deviennent celles de l’Apocalypse, il y a saturation dans l’image, le classique jeu de cases est chamboulé à chaque situation catastrophique. Le twist final est un pied de nez à ce que l’on pensait et à ce à quoi on s’attendait. Alors 34 que dans le monde classique on gagne toujours, là on doit se résigner à perdre, un goût amère nous reste dans la bouche et Morrison a pu livrer son message tandis que Quitely s’est amusé à nous donner son interprétation des personnages. Seuls Superman et Luthor sont plus ou moins épargnés dans leur look, pourquoi ? Luthor qui reste le même ne serait-il pas si différent de son semblable de la Terre classique au final ? Et Superman ne serait-il pas nécessairement moins totalitaire que Ultraman ? On reste sur cette question, ils ont réussi leur coup à merveille... New X-Men : A la différence de tous ses précédents titres, Morrison débarque sur New X-Men et chez Marvel en position claire de force, il devient mine de rien une superstar du comics où son ton à part et son extraordinaire talent d’écriture ont sur s’imposer. C’est donc sans grande surprise que lui est confié l’univers mutant. Dans cette position confortable quoi de mieux que de décider de faire ce que l’on désire ? Et Momo ne s’en privera pas : Il installe SON nouveau statut quo, reconstruit certaines choses qui avaient du être éliminées par le passé, réinstallent certains personnages et en introduit d’autres. Il refait les images des personnages A sa manière. Ainsi, Quitely se voit confier, certainement sous l’égide bienveillante du scénariste, le relooking complet des X-Men : Look moderne avec cuir, un Wolverine complètement en dehors des codes précédents (oubliés les masques et le costume jaune/violet). On peut remarquer un design très british, presque Destroy chez certains des personnages qui se rapprochent plus de l’image de punks qu’autre chose, Morrison connaît le statut conservateur de Marvel et décide de marquer le coup avec l’aide de son ami Écossais. La révolution qu’il y a dans l’Histoire se retrouve donc à servir une réinvention que veut Morrison dans les mentalités Marveliennes. Malheureusement, on sait tous à quels points de tels bouleversements et changements sont difficiles à maintenir dans un univers aussi dense, surtout lorsque Morrison s’amuse à marquer cette Histoire de grands coups de hache dans la continuité des mutants. A l’instar d’un certain Straczynski sur Spider-Man, Morrison sera retenu come un excellent compteur mais comme quelqu’un d’indomptable et à l’Histoire terriblement instantané. A l’instar donc du look des héros de Quitely, les bases qu’il a reposées seront elles aussi fortement revues.
All Star Superman : Le grand retour du couple, cette fois pour s’attaquer au personnage de légende : Superman. Pour ne pas prendre de risque et probablement pour offrir plus de liberté à Morrison, le récit se situe néanmoins hors continuité. Libérés de toute contrainte, les deux Écossais vont pouvoir libérer leur imagination, et ils ne se gêneront pas. Dès le début le ton est donné : Superman va mourir. Ce constat, ce présage extrêmement noir et terrible (surtout pour un numéro qui est censé être dans la lignée des All Stars et donner plus de vie) plombe le lecteur. Alors qu’ils auraient pu faire le choix de poursuivre dans un ton mélodramatique à l’instar du titre « La Mort de Superman » c’est paradoxalement tout l’inverse qu’ils feront, prenant à contre pied le lecteur et se jouant de lui. Cela passe par trois axes : La narration. Empruntée est dans un ton « Journal Intime » du quotidien, on nous dépeint ce qu’il se passe, sans mélancolie mais avec un appétit de vivre évident. Les cases d’ailleurs font penser à des pages de livre, multipliant les doubles pages Quitely nous offre un découpage classique mais dynamique. Elles se suivent, nous exposent chaque fois des scènes mettant en avant Superman ou un autre personnage. L’humour. Paradoxalement très présent que ce soit au travers du personnage d’Atlas ou de Lex Luthor, Quitely se joue de cela enchaînant les scènes comiques de situation et extrêmement visuels. Nous sommes pleinement dans du Charlie Chaplin ou du Laurel et Hardy, sans tomber dans l’humour lourd et perpétuel les dessins sont à double lecture nous avons l’action de base mais aussi derrière, en second plan ou caché une situation qui prête à sourire. tout moment … Bizarroement. Les couleurs. On en prend plein la vue, ce numéro mortuaire, nous fait exploser les yeux de par le déchaînement de couleur. Véritable hymne à la vie voulu par Morrison, les couleurs chatoyantes, et les personnages hors norme sont légions. Nous sommes presque dans du Pulps des années 50 colorisé. Son imagination débordante rend un subtile hommage à cette époque qui l’a marqué, comme tout fan de Science Fiction, de super héros ou des premiers cris de la Fantasy à grande échelle. Superman n’est ici pas épargné et est transposé dans un monde fou, qui peut basculer à 35 Batman & Robin : Dans la droite ligne de leur retour chez Dc avec All Star Superman et de l’énorme run de Morrison sur Batman, l’auteur écossais se lance sur le titre qui suit la « mort » de Bruce Wayne : Batman & Robin. Dans ce titre, il introduit complètement dans le Batverse Damian Wayne (mis en place depuis Batman & Son) et fait appel à son artiste fétiche : Quitely. Le couple est parfait, Morrison envisage ici de dépeindre Gotham de manière très noire. Presque sale et perverse. Le nouveau vilain crée pour l’occasion : Mr Pig n’en est que le meilleur exemple. Quitely qui maîtrise très bien un trait très gras semble être le meilleur choix pour cela. Son travail des visages rend les personnages à la limite du dégoûtant, la sueur, le sang transpire de son œuvre. Morrison suit dans la narration adoptant un ton qui nous met extrêmement mal à l’aise. Tant sur le fond que le contexte nous sommes dans le lourd perpétuel (magnifiquement contrebalancé par les excellents dialogues de l’auteur). Sur le dessin et la narration aussi. Sans jamais tomber dans le gore gratuit et adoptant souvent une certaine pudeur, Quitely dépeint de manière géniale ce que veut nous transmettre.S ur les couleurs par contre c’est tout autre chose, plus de noirceur, plus d’ombres exagérées, le style lumineux de Quitely domine. Visages éclairés, couleurs pétantes on est dans le kitsch pur et dur. Un subtile écho de l’auteur une fois de plus à l’Histoire de la série. Depuis son arrivée sur le Batverse, Morrison construit un immense hommage au Golden et Silver Age, le couple Batman & Robin représentant parfaitement cette époque (que ce soit en comic book ou en série TV) est son vecteur et l’encrage l’outil. Sur le travail des visages d’ailleurs on retrouve cette odeur de fivties-sixties, la tête disproportionnée du jeune Damian, extrêmement Cartoonie, les lèvres et traits du visage exagérés. Une communion parfaite qui résulte d’années de collaboration, la preuve que deux artistes sont aussi essentiels l’un qu’à l’autre ; sans la patte de Morrison, Quitely n’aurait pu basculer dans un style kitsch parfaitement en relation avec le sens de l’ongoing. Sans le talent de Quitely, Morrison n’aurait jamais pu transmettre ce qu’il désirait (bien que les artistes ayant suivi le jeune Écossais n’aient pas fait honte à l’auteur avec des styles bien différents cependant). Un achèvement parfait pour une collaboration parfaite, fort heureusement les deux auteurs sont loin d’en avoir fini, alors que Momo comme on l’appelle est en plein sur le reboot DC avec sa Maxi Série Leviathan achèvement de près de 5 ans sur le Batverse et sur le reboot de Superman et que Quitely a fini son court travail sur DC Universe : Legacies nous ne pouvons souhaiter qu’une seule chose : Une nouvelle collaboration... sur de l’indé si possible



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