MBOA Magazine n°5 avr/mai/jun 2011
MBOA Magazine n°5 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Aby Ndour.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Musique Kaar Kaas Sonnest né le 22 décembre 1973 à Sarh, au sud du Tchad. Après un Bac, une licence et une maîtrise en droit, il entre à l’École Nationale d’Administration et obtient un diplôme de diplomate pour devenir fonctionnaire. En 2003, il obtient un DEA d’Economie à Genève. La patrie de Molière lui ouvre ses portes en 2003. Il donne actuellement des cours d’économie, de droit, de management et de marketing dans des Instituts de commerce à Laval et à Rennes, tout en continuant à écrire et à chanter. 6\\MBOA Magazine Kaar Kaas Que signifie « Kaar Kaas Sonn » et pourquoi ce choix comme nom d’artiste ? Kware ku sen, en nangjere ma langue maternelle cela veut dire « l’enfant qui sait ». C’est juste un nom de scène. En français, c’est un jeu de mot amusant. Comment êtes-vous arrivé à la musique ? Rien d’extraordinaire, en fait ! Comme beaucoup de gens, la musique a rythmé mon existence, même si dans ma famille, il était hors de question d’en faire. Les parents voulaient qu’on étudie. J’ai donc fait plaisir à ma mère en obtenant des diplômes. Mais ma fascination pour les musiciens était sans commune mesure : Prince Nico Mbarga, Sam Mangwana, Manu Dibango, Tchico
Tchicaya, Jacques Brel ou, par la suite Georges Brassens. Comme je n’avais pas le droit de jouer d’un instrument, tout est parti de l’écriture. À l’image des jeunes de mon âge, j’écrivais des poèmes pour draguer les filles. Ensuite, les poèmes ont pris la forme de rap. Un groupe américain « Digable Planets » m’a donné envie de faire du rap. C’est seulement en 2003, à Genève, que j’ai commencé à jouer de la guitare en autodidacte. Ma pratique musicale est bien récente... Quels sont les thèmes que vous défendez dans vos chansons ? Je chante le bonheur d’être en vie, j’ai échappé à tant de massacres au Tchad. Je pense à ces gens qui sont morts et qui auraient le même plaisir que vous et moi à vivre en ce moment. Donc, c’est la vie dans tous ses états, à l’instar des griots. J’aimerais en être un. Ce qui me pousse à faire une sorte de chronique des choses de mon temps, une sorte de photographie sonore des événements qui fabriquent et ponctuent ma vie, la vie ! De raconter la vie qui passe, avec les amours, les péripéties, les joies, les peines, les espoirs, les craintes... Platon disait que la musique donne une âme à nos cœurs et des ailes à la pensée. Je m’autorise à paraphraser Jean Sébastien Bach en disant que le but de la musique devrait n’être que la libération de l’Homme et le délassement des âmes. Si l’on ne tient pas compte de cela, il ne s’agit plus de musique mais de nasillements et beuglements diaboliques. La musique en tout cas, celle que je pratique doit être comme un projet habile. Je rêve qu’elle permette la libération de l’Homme, d’ici ou d’ailleurs. Un Homme libéré de ses préjugés, de son enfermement, est un Homme riche... Je pense qu’en Afrique, nous sommes peut-être encore trop « angélistes ». Pour faire notre chemin, notre place, nous n’avons pas à attendre l’ordre ou l’aide des autres ; nous avons le droit de nous inspirer des autres, de ce qu » ils ont, de ce qu’ils ont fait plutôt que d’attendre qu » ils fassent notre bonheur à notre place. Les Etats se construisent en visant principalement - peut-être même uniquement leurs intérêts. Je n’aimerais pas que la musique soit la route qui nous éloigne de notre destin en nous permettant uniquement de trémousser nos corps empesés… Entre-temps, les autres profitent pour nous piller, avec notre complicité bienveillante, en clamant que nous avons le rythme dans le sang. Je récuse ces évidences ontologiques en posant des questions avec la chanson, qui plus est, en français, comme Aimé Césaire. Musique Dans quel genre musical vous inscrivez-vous ? N’étant pas puriste, je n’accorde pas beaucoup d’importance au genre. La musique est un contenant poétique, philosophique et peut-être politique. Je me sens libre de naviguer à travers la liberté qu » elle me permet. Parlez-nous de vos prochaines actions et actualités artistiques ? Je travaille actuellement sur mon deuxième roman et mon troisième disque hexagonal qui continuera d’être auto-produit, je tiens à la liberté. Je suis co-fondateur d’une association culturelle nommée « Tchadanthropus », qui a pour but de faire découvrir la culture tchadienne sous toutes ses formes, mais aussi de produire des supports audio, vidéos et littéraires. Depuis ce début d’année, nous avons organisé quelques événements en partenariat avec des structures lavalloises : contes avec le Théâtre du Tiroir, atelier BD, exposition photos et scènes musicales avec deux maisons de quartier de Laval. Avec l’association, nous produirons un CD de folklore tchadien enregistré lors des « Résidences d’Artistes Tchadiens de France » l’année dernière, et auxquelles j’ai participé. Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA-BESLAND MBOA Magazine//7



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