MBOA Magazine n°5 avr/mai/jun 2011
MBOA Magazine n°5 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Aby Ndour.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MODES & TENDANCES Comment êtes-vous arrivée dans le métier de créateur de sous-vêtements féminins ? Merci pour cette opportunité. Je suis entrée dans le métier, je dirais, par accident. Il y a dix ans, lorsque je suis arrivée aux Etats-Unis, j’ai travaillé dans un magazine sur le prêt-à-porter féminin, sur la cinquième avenue sur New York. Et très souvent, j’ai eu à assister l’équipe du département spécialisé en lingerie de séduction. C’est bien plus tard que j’ai créé, ma boutique en ligne de lingerie, dans laquelle, j’ai présenté des marques occidentales. Ensuite, j’ai essayé d’obtenir un contrat avec une marque de lingerie africaine basée au Sénégal, en vain. Finalement, je me suis lancée dans la confection, afin de mieux promouvoir la lingerie de séduction africaine, qui est unique et qui reste peu connue en dehors des frontières sénégalaises. Comment est née la marque KUMBA WEAR ? Rien ne se fait du jour au lendemain, et chaque jour est un défi. Tout a commencé dans mon petit salon, dans le New Jersey, avec ma petite machine à coudre, quelques livres de couture achetés sur amazon.com et mes catalogues de lingerie occidentales. J’ai d’abord commencé par transformer des petits pagnes effilochés et des crochets achetés au marché de Dakar. Ensuite, j’ai ajouté des matières occidentales achetées à New York, comme la dentelle, les plumes et les perles. Par la suite, je me suis mise a la confection de petits bijoux de corps, plus connus sous le nom de djal-djaly ou bine-bine. Mes premiers clients étaient des membres de ma famille, et quelques personnes présentes sur FACE- BOOK. Après les premières ventes, j’ai commencé à chercher un nom significatif pour ma ligne, d’où Kumba Wear : « l’habillement de la femme ». 32\\MBOA Magazine Aïssatou Ndiaye Cette perle sénégalaise de la lingerie, veut faire connaître l’art de la séduction à la sénégalaise sur le plan international : elle crée alors « Kumba Wear ». Elle a bien voulu répondre aux questions de MBOA MAGAZINE. Tous vos modèles sont faits à la main. Comment s’organisent vos ateliers de réalisation ? Depuis le début de cette année, par la grâce de dieu, Kumba Wear prend ses formes et la majorité de mes pièces se font maintenant au niveau de Dakar où je travaille avec mes tantes et cousines. Je dirais que c’est devenu plutôt une entreprise familiale. Tout est fait à la main par ces braves dames qui font revire l’artisanat sénégalais à travers leurs chefsd’œuvre. Pensez-vous que les stylistes africains ont leurs mots à dire dans cette mondialisation des cultures, à travers leurs créations ? Oui, dans le sens où chaque styliste a une vision et un style propres, influencés par sa culture d’origine. Quand je présente des dessous africains, des ceintures de reins, encens et autres, ce sont les astuces de la coquine femme sénégalaise que je montre.
C’est toute une culture et une tradition. Quand les grandes Diouma ou Oumou Sy montrent ces élégants boubous et pagnes tissés, c’est l’habillement de la femme africaine qu’elles montrent à tout un monde souvent étranger à ces formes, ces couleurs et ces techniques. C’est une manière très positive d’exporter notre culture à travers d’autres horizons. Est-il difficile de vivre de ses créations en tant créateur africain vivant Aux Etats-Unis ? Tout début est difficile, et comme je n’en suis qu’à ma deuxième année d’existence, Tout ce que je gagne, je le réinvestis dans le business. Après avoir payé toutes les dames qui travaillent en arrière-plan pour mes créations, ainsi que tous les frais pris en charge (les inscriptions aux foires et festivals, le transport, la machine de cartes de crédit, Internet, le service paypal, etc.), il reste très peu pour se la couler douce (rires). Le système de crédit est très différent aux Etats- Unis, surtout depuis la crise et les banquiers trouvent que le business de la mode est trop risqué comme investissement. A quand vos prochaines collections ? Pour le moment, je vis au jour le jour. Actuellement, je prépare ma collection pour le New York Africa Fashion Week, qui aura lieu en Juillet prochain. Bâtir sa crédibilité, prend beaucoup de temps alors, je ne bouscule rien. Philbert Photography MODES & TENDANCES Enfin, quel message souhaiteriez-vous passer aux jeunes qui sont intéressés par ce métier ? Le métier de stylisme est stressant par moment, comme tout autre, mais exercé avec passion, il devient très intéressant. C’est un plaisir d’habiller ces dames et ces messieurs pour leur donner une belle image. Cependant, le domaine de la lingerie est très complexe dans le milieu africain et musulman de surcroît. Il faut avoir la peau dure et surmonter tous ces préjuges. Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA BESLAND MBOA Magazine//33



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