MBOA Magazine n°5 avr/mai/jun 2011
MBOA Magazine n°5 avr/mai/jun 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de avr/mai/jun 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : Aby Ndour.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINEMA ► Comment jugez-vous l’accueil réservé à votre création ? J’ai eu l’occasion de jouer devant des publics français, italiens et burkinabés et je dois dire que ce fut à chaque fois une expérience différente. Les européens expriment moins leurs émotions et il n’est pas dans leurs traditions de réagir bruyamment durant la représentation. Néanmoins, ils rient de bon cœur, se laissent porter par l’histoire et applaudissent chaleureusement à la fin du spectacle. Les burkinabés sont beaucoup plus réactifs et n’hésitent pas à exprimer leurs approbations ou leurs surprises par des exclamations, voire même à faire des commentaires entre eux. Ils vivent la pièce et je peux vous dire que ça aide beaucoup. Chaque public réagit selon ses traditions mais ce qui compte avant tout, c’est l’échange d’énergie entre la salle et la scène. Et de ce point de vue, en Afrique comme en Europe. j’ai toujours été gâtée. Quelles sont les traits de caractères de Yennenga qui peuvent inspirer les femmes africaines actuelles ? Ce qui m’a motivé dans ce projet, c’est de raconter l’histoire d’une femme qui prend son destin en main. Elle ose s’opposer aux plus fortes contraintes sociales et familiales, renoncer à son statut de princesse pour aller vivre un amour qui lui était interdit. Ce qui est beau dans cette aventure, c’est que Yennenga parvient finalement à faire admettre son choix par tous. Dès lors qu’elle ose le conflit avec son père, celui-ci devient libérateur. D’ailleurs, son père lui-même l’en félicitera à la fin de la pièce. Ce que montre Yennenga, c’est que face au poids des traditions, des sociétés et des familles, il y a toujours moyen de se tracer une voie personnelle. Et puis une lecture moderne de ce mythe pourrait faire de Yennanga, celle qui renonce à la guerre pour choisir la voie de l’amour. Ce sont ces dimensions du personnage qui me semblent très modernes et dignes d’inspirer les jeunes femmes d’aujourd’hui. Pour vous, quelles sont les femmes africaines qui ont marqué l’histoire de l‘Afrique au cours de ces cinquante dernières années ? Ma mère, première entre toutes. Myriam Makeba, qui elle aussi a pris son destin en main et a imposé sa lutte avec grâce et talent au monde entier. Ellen Johnson Sirleaf, la présidente du Libéria, qui est la première femme à occuper ce poste sur le continent. Je crois qu’elle incarne l’espoir que les femmes jouent un plus grand rôle dans la gestion de la destinée du continent. Et puis, au-delà des célébrités, il y a ces femmes qui se battent au quotidien avec courage et détermination. Je pense notamment à Awa Bari Dramé, qui a mis sur 28\\MBOA Magazine pieds au Burkina Faso, en Guinée et en France, la fondation Fitima que je soutiens, et qui accompagne les enfants victimes de maladies dégénératives et autres handicaps moteurs et mentaux, ainsi que leur famille. En Afrique, la question du handicap est encore trop peu prise en charge et fait encore trop souvent l’objet de croyances liées à des malédictions contre lesquelles il faut lutter. La Fondation Fitima fait à ce titre, un travail formidable. Comment faire davantage découvrir les héroïnes africaines aux nouvelles générations ? Je crois que l’art sous toutes ses formes peut jouer ce rôle. Je pense par exemple à la littérature et notamment au livre de Sylvia Serbin, « Reine d’Afrique ». Le théâtre m’intéresse peut-être un peu plus que d’autres disciplines car, à travers les comédiens, il donne chair à ces grands personnages du passé. Mais bien sûr, c’est avant tout à l’école que les enfants doivent apprendre leur passé, leur histoire et les grandes figures qui les composent. Et rien ne peut remplacer la scolarisation pour amener les générations nouvelles à connaître leur culture et savoir se situer dans le monde moderne. De quoi ont besoin aujourd’hui, selon vous, les femmes africaines, pour s’épanouir ? Avant tout, de la volonté. Mais cela ne suffit pas toujours. Les femmes d’aujourd’hui ont aussi besoin de plus de liberté d’expression et aussi d’hommes qui les épaulent. Trop souvent, aujourd’hui encore, la femme africaine est reléguée au second plan et les pesanteurs sociales entravent son épanouissement. Il revient peutêtre aussi aux hommes de leur accorder un plus grand espace d’expression, quelque soit le domaine dans lequel elles souhaitent s’investir, que ce soit l’art, le sport, la politique... Vos projets ? Justement, à propos de femmes, je suis actuellement en train d’écrire une pièce qui porte sur la condition féminine en Afrique, à travers quelques cas dramatiques. C’est l’histoire d’une femme qui se heurte aux cotés sombres des traditions, ceux qui justement maintiennent les femmes à une place subalterne, quand elles ne vont pas jusqu’à l’exploitation ou aux mutilations, voire au meurtre. Je travaille également à la collecte et à la rédaction de contes destinés au jeune public. J’ai une association depuis l’année dernière, qui a pour but d’écrire, de monter et de jouer des spectacles de rue et des ateliers de contes. Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA-BESLAND
CINEMA MBOA Magazine//29



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