MBOA Magazine n°4 jan/fév/mar 2011
MBOA Magazine n°4 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Binta Diallo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 26 - 27  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
26 27
RENCONTRE AVEC RENCONTRE AVEC MACTAR SILLA Président de l’APPTA (l’Association Privée des Producteurs et Télévisions d’Afrique) Vous êtes un véritable homme de télévision puisque vous avez dirigé la RTS, Spectrum Télévision. Racontez-nous un peu votre parcours. En fait, rien ne me prédestinait à la carrière « communication et audiovisuel » qui est la mienne puisque, avec un doctorat ès-lettres et un diplôme de juriste, j’étais destiné à l’enseignement supérieur. J’ai en effet exercé 13 ans en université (anglais et droit de la régulation). C’est l’anglais qui m’a ouvert les portes de la télévision il y a 29 ans, comme présentateur du JT à l’époque de la Sénégambie. J’ai ensuite travaillé à la gestion des droits d’auteurs et au conseil juridique à l’ex URTNA (Union des Radiodiffusions et Télévisions Nationales d’Afrique). Je suis tombé dans le potage audiovisuel (ne pas confondre avec Obélix et sa marmite). En résumé, j’ai une carrière professionnelle de 29 ans dont 19 à des postes de direction aux niveaux national et international, public et privé dans la radio, la Tv, l’internet (AfricaOnline) la radio numérique par satellite (WorldSpace) et bien entendu la RTS, 26 MBOA Magazine TV5 et Spectrum. Je suis également Expert Consultant International en gestion et développement des médias, en NTIC, en droit de la communication et de la régulation auprès de plusieurs institutions et sociétés internationales et enfin, auteur avec deux ouvrages sur la télévision. Vous êtes actuellement le président de l’Association Privée des Producteurs et Télévisions d’Afrique (l’APPTA). Quel est son rôle véritable ? L’APPTA a été créée en Juin 2006 en marge de la Coupe du Monde de Football en Allemagne pour essayer de regrouper le maximum de producteurs et télévisions privées du continent au sein d’un espace collaboratif structurant, dans un monde où l’union, le partage, les échanges font la force. C’est une entreprise qui demande beaucoup de motivation, de courage, de persévérance et de temps. L’APPTA essaie de contribuer à cette noble entreprise qui répond à des besoins réels et actuels.
Quelle place occupe aujourd’hui les télévisions privées dans le paysage audiovisuel africain ? Aussi bien en termes de statistiques, d’audiences, de parts de marchés, les télévisions privées africaines représentent 75 à 80% des divers paysages nationaux. Au-delà des chiffres, elles ont grâce à la libéralisation, contribué à modifier fondamentalement la donne audiovisuelle sur le continent avec des offres de formats et contenus originaux qui ont boosté la production locale, remis en cause les certitudes des télévisions nationales, des emplois créés, une sophistication du marché, bref une plus-value dans bien des domaines là où la régulation produit ses effets. Par ailleurs, il y a eu du désordre et des effets négatifs en termes de structuration et de viabilité du secteur avec une pléthore de chaînes sans cahier de charges, sans ligne éditoriale véritable, sans conscience citoyenne ou contribution nationale décisive. Le 27 février 2011 durant le FESPACO, 7 chaînes de télévisions privées africaines vont élaborer et diffuser un programme commun avec un contenu 100% Afrique. C’est une première, cette Journée de la Télévision Africaine. Comment est né ce projet ? Depuis un an et demi, 7 télévisions privées du continent africain travaillent ensemble, avec le concours décisif de CFI, pour organiser la première journée de la télévision africaine, la JTA. Ainsi le 27 février 2011, en direct du Fespaco, Golfe TV (Bénin), Canal 3 (Burkina Faso), Renaissance TV (Burundi), STV2 (Cameroun), DRTV (Congo Brazzaville), RTT (Niger) et 2STV (Sénégal), proposeront à 100 millions de téléspectateurs potentiels, 9 heures d’un programme unique, fait de l’assemblage complémentaire et cohérent des talents de tous. Comment ces chaînes de télévisions ont-elles été sélectionnées pour participer à ce projet ? Le premier critère a été celui de l’appartenance à l’APPTA, le second celui de l’équilibre géographique et last but not least, celui du dynamisme tant au sein de l’APPTA qu’au niveau des paysages audiovisuels respectifs. En somme, il fallait comme pour le coach d’une équipe, choisir ceux à-même de porter et de mouiller le maillot pour la première fois. Il fallait 7 télévisions privées capables de relever le défi de dépasser ensemble et simultanément leurs frontières, pour composer une journée 100% africaine lors d’un événement culturel majeur du continent. RENCONTRE AVEC Envisagez-vous que ce soit facile de travailler ensemble entre différents pays africains ? Suggestion : Avez-vous eu des a priori quant à la difficulté de faire travailler ensemble différents pays africains ? La difficulté des télévisons africaines de nouer un partenariat réel, efficace et durable est incontestable. Les tentatives de structuration, de réseautage, de coproduction vont rarement au-delà des intentions initiales et de l’euphorie des débuts. Mais ici comme ailleurs, pour paraphraser le Président Abdou Diouf, « le difficile est le chemin » et j’ajouterais « nécessaire ». Pouvez-vous nous dire quelle sera la programmation de cette journée ? Le 27 Février 2011, de 14h00 à 23h00 GMT, la JTA offre un espace intégré unique aux téléspectateurs, aux créateurs, aux annonceurs pour qui l’Afrique est un marché important aux multiples opportunités, à travers des programmes et temps forts axés sur l’information, le sport, la musique, le divertissement, l’humour, la fiction. Les chaînes partenaires y contribuent mais aussi, de fervents militants du développement de l’audiovisuel sur le continent, et des fournisseurs de programmes comme Cotewest par exemple, qui octroie les droits de diffusion de films, ou le Groupe PMC (Performances Management Consulting) qui est le premier sponsor. Quel est le pré-bilan de cette opération exceptionnelle ? Une autre JTA est-elle prévue l’année prochaine ? Tenir ce pari est en soi-même un défi relevé et une première sur le continent, qui montre la voie du possible. A chacun et à tous d’y croire et d’envisager des moments, créneaux, événements, concepts tout aussi sinon plus mobilisateurs et fédérateurs. Quelle évaluation faites-vous du travail de CFI (Canal France International) auprès des télévisions africaines ? Personnellement, pour avoir connu CFI depuis le début et avec mes diverses casquettes, je me réjouis du rôle qu’il a joué et surtout de sa capacité à opérer les mutations et adaptations nécessaires à l’évolution médiatique du continent, à être à l’écoute des partenaires et à les accompagner dans ce qu’il sait faire. Propos recueillis par Jean-Roké PATOUDEM MBOA Magazine 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :