MBOA Magazine n°4 jan/fév/mar 2011
MBOA Magazine n°4 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Binta Diallo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ZOOM SUR... 22 MBOA Magazine MBOA MAGAZINE « SPECIAL FESPACO 2011 » Rencontre avec Michel Ouédraogo (Délégué Général du FESPACO) D’abord limité aux seuls pays d’Afrique de l’Ouest et dépourvu de compétition, le Festival Panafricain de Cinéma de Ouagadougou (FESPACO) fut organisé pour la première fois en février 1969. C’est petit à petit qu’il va s’ouvrir à l’ensemble des pays africains pour devenir le plus grand festival de cinéma du continent. Michel Ouedraogo, son Délégué Général, nous livre sa vision du FESPACO Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de MBOA MAGAZINE ? Michel Ouédraogo, Délégué Général du FES- PACO depuis 3 ans et journaliste de formation. En quoi consiste cette fonction ? Etre Délégué Général d’un festival, c’est être plus manager que gestionnaire. Je dirais même qu’il s’agit plus de relations publiques, c’est être un homme d’ouverture. Je ne suis pas le premier journaliste dans cette fonction et je pense que je ne serais pas le dernier, puisque dans le staff du FESPACO, il y a à ce jour, quatre autres journalistes qui travaillent avec moi. Le thème cette année est « Cinéma africain et marché ». Pourquoi avoir choisi celui-là ? Parce que c’est un thème qui pose une problématique fondamentale. Le marché de la cinématographie aujourd’hui est un marché porteur dans son ensemble. Nous constatons malheureusement que le cinéma africain n’est pas véritablement présent sur ce marché. Alors nous pensons qu’il faut d’avantage travailler en ce sens pour que l’Afrique ait une production cinématographique développée qui puisse lui permettre par la suite de conquérir le marché mondial. On entend dire que l’Afrique pèse peu dans le cadre du commerce international. Effectivement, nous faisons le même constat. De ce fait, je crois qu’aujourd’hui, il faut qu’il y ait une réflexion pour que l’Afrique puisse construire son propre marché. Que représente ce volume de marché cette année par rapport aux éditions précédentes ? Avant de prospecter un marché, il faut d’abord produire, il faut du volume. La production africaine n’est pas assez importante même si on constate une évolution d’année en année. Donc elle ne peut pas encore influer sur les marchés. Aujourd’hui, je pense que l’Afrique doit d’abord organiser ses propres structures de production, de distribution et de ventes. Ce n’est pas une chose facile, mais je crois que le cinéma africain gagnera de plus en plus en qualité si le secteur venait à se structurer économiquement. Comment expliquez-vous que le FESPACO qui a plus de 40 ans, reste la seule manifestation populaire sur tout le continent africain ? Le fait que le FESPACO soit considéré comme une grande manifestation africaine et mondiale relève de plusieurs volontés : d’abord celle de l’état Burkinabé qui croit en ce festival au travers duquel il veut apporter sa touche et sa part de panafricanisme revendiquée par tous les états africains. Ensuite, il y a celle des professionnels du cinéma africain. Je pense que beaucoup d’entre eux, vu l’histoire du FESPACO, considèrent effectivement que c’est véritablement un grand rassemblement du cinéma africain d’où la volonté de le soutenir et de faire en sorte qu’il reste un vrai festival. Et enfin celle de nos partenaires qui, par leur soutien, font que le FESPACO est un excellent festival.
On dit souvent que ce qui est rare est plus recherché. Le fait que le FESPACO n’ait lieu que tous les deux ans renforce-t-il l’envie de chacun d’y être ? C’est vrai qu’au lancement, le festival devait se dérouler pendant quinze jours et avoir lieu tous les ans. Mais je crois que la programmation, dès 1972 répondait déjà à la volonté de faire un grand festival africain. Or, la production n’a pas suivi et le festival, réduit à une semaine, est devenu bisannuel. D’une certaine façon, l’évènement a bien trouvé sa place en alternance avec les Journées Cinématographiques de Carthage. Dans les années à venir, il ne serait pas étonnant que le festival redevienne annuel et que l’on puisse sans doute aussi passer d’une semaine à une dizaine ou à une quinzaine du cinéma africain. ZOOM SUR... Quel est le budget ? Il est de l’ordre d’un milliard de Francs CFA. Dans ce budget, l’état Burkinabé apporte une subvention assez importante de l’ordre de 500 millions de FCFA et le reste vient de nos différents partenaires. C’est tout de même un budget assez modeste pour une organisation d’une telle envergure. Mais le tout, c’est que nous puissions travailler dans de parfaites conditions. Sur quels critères vous basez-vous pour opérer la sélection des films ? Cette année, nous avons retenu près de 195 films sur les 400 reçus. Cela représente la moitié des inscrits. Dès la clôture des inscriptions, nous mettons en place un comité de sélection composé de neuf personnes qui se mettent immédiatement au travail. Nous commençons par le plus dur, qui est la sélection du long-métrage. Après, on attaque le court-métrage, le documentaire et les séries télévisées. Ensuite, le comité de sélection fait son travail d’analyse, de critique et les films sont retenus en fonction de leur qualité technique et de l’originalité des scenarii. Ce n’est pas une tâche aisée ; aujourd’hui, les productions sont plus importantes et de meilleure qualité. Nous aurions pris tous les films si nous le pouvions, mais ce n’était pas possible puisqu’il fallait une sélection. Ce que je demande tout simplement, c’est la compréhension des réalisateurs africains. Il ne fait aucun doute que les malheureux d’aujourd’hui seront les heureux de demain et c’est ainsi que la roue tourne. Nous encourageons les uns les autres à travailler et à faire confiance au FESPACO. Quelles sont les retombées économiques du FESPACO ? Nous ne pouvons pas donner de chiffres précis, mais il y a évidemment des retombées économiques notables pour le Burkina, mais aussi pour l’ensemble de la région : la Côte d’Ivoire, le Togo, le Bénin… parce qu’il y a des mouvements qui viennent de partout. Certains festivaliers profitent d’avoir fait le déplacement pour faire du tourisme dans le pays. Air France, comme tant d’autres compagnies, fait du « remplissage » durant cette période. Cette édition est la première à s’ouvrir à la compétition des écoles du cinéma d’Afrique. Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ? C’est tardif parce que c’est aussi lié à l’histoire des écoles de cinéma en Afrique. L’INAFEC, l’Institut Africain d’Etudes Cinématographiques, avait été créé pour la population ouest africaine, puis, au fur et à mesure, les états n’ont pas pu contribuer comme il le fallait à la survie de cette école. ► MBOA Magazine 23



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