MBOA Magazine n°4 jan/fév/mar 2011
MBOA Magazine n°4 jan/fév/mar 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : Binta Diallo.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CULTURE. LIVRE Florentine Kima Parlez-nous de vous et de votre parcours. J’ai une formation de juriste et j’exerce en qualité de magistrat au ministère de la justice du Burkina Faso. J’ai commencé à écrire de petites histoires dès le lycée pour m’amuser. Puis, sont venues les années facultés et comme les études étaient très prenantes, j’ai oublié pour un temps cette activité. J’ai commencé ma carrière professionnelle dans une juridiction de province où j’avais beaucoup de temps libre après le service, et cela m’a permis de reprendre la plume… Qu’est ce qui vous a poussé à l’écriture ? Ecrire est pour moi un besoin. Tout comme le fumeur a besoin de griller quelques fois une cigarette, il arrive des moments où je suis « possédée » par une furieuse envie d’écrire. C’est en cela que je dis que j’écris d’abord pour moi-même. Ensuite, l’écriture est une sorte d’exutoire qui me permet de dénoncer des situations qui me tiennent à cœur. C’est également un moyen bien plaisant de distraire et de faire réfléchir, tout en se moquant de toutes ces personnes qui se prennent tellement au sérieux, et de soi-même aussi, cela s’entend. 10 MBOA Magazine Femme de lettres, juriste de formation et magistrat de profession. Florentine KIMA est lauréate du 2ème Grand prix littéraire des Régions francophones, décerné le 6 juillet 2010 pour son roman « Chienne de vie ». MBOA MAGAZINE est allé à sa rencontre ! Quel est le livre qui a marqué votre enfance ? J’ai beaucoup lu mais je n’ai jamais pu oublier un roman de Heinz Konsalik intitulé « Toutes les mères s’appellent Anita », l’histoire d’une mère qui a choisi de faire prélever un morceau de son cœur pour permettre à son fils souffrant d’une malformation cardiaque, de pouvoir bénéficier d’une greffe. La mère meurt mais le fils est sauvé. Un don de soi dont seule une mère peut faire preuve. L’histoire m’a presque donné envie de devenir chirurgien… Quel est le livre qui vous a fait pleurer ? Qui vous a fait hurler de rire ? Au titre des livres qui m’ont rendue triste, je retiens entre autres « Torrents » d’Anne-Marie Desmarets, et « Anna Karénine » de Tolstoi. De grandes histoires d’amour et comme telles, tragiques… Je suis très éclectique en matière de lecture et j’ai toujours lu avec le sourire les livres de Fréderic Dard, San- Antonio. Parlez nous de votre livre « Chienne de vie ». « Chienne de vie », je dois le dire, sonne comme un aveu d’impuissance de ma part. J’ai exercé
quelques années dans des juridictions de province, dans un environnement où j’étais confrontée chaque jour à la très grande pauvreté des femmes. Et comme je n’ai malheureusement pas les moyens de changer le cours de leur vie, j’ai écrit ce livre afin que le lecteur s’arrête un moment sur tous ces drames humains qui, dans l’environnement tourmenté qui est le nôtre, tendent à devenir des choses banales. Ceci étant, lorsque mon héroïne très « comme il faut », jure « chienne de vie », cela marque pour cette jeune femme, qui toute sa vie durant s’est conformée aux règles de bienséance, une sorte de libération. Ce n’est absolument pas de la résignation ! D’où vous est venue l’inspiration de votre roman « Chienne de vie » ? Pour écrire « Chienne de vie », il m’a suffi de regarder autour de moi, de glaner çà et là des témoignages de vies tourmentées, hypothéquées, brisées, fracassées, de les cristalliser autour de l’héroïne, d’y apporter une touche romanesque et voilà. Quels jugements portez-vous sur les conditions de vie des femmes africaines ? La situation des femmes en Afrique aujourd’hui se caractérise par la pauvreté et par la précarité, par la négation ou l’insuffisante prise en compte de leurs droits. Ceci vient non seulement des us et coutumes, mais également de l’analphabétisme et de la mal gouvernance. Je pense que tant que l’ignorance et la pauvreté continueront d’enserrer nos pays dans leurs liens, on se battra longtemps encore pour les femmes. Pour sortir de cette situation, l’éducation nécessaire au changement des mentalités doit être promue, à mon avis. CULTURE. LIVRE D’après vous, quelles sont les solutions qui permettraient d’améliorer leurs conditions de vie ? Il me paraît aussi nécessaire que nos états arrivent à transcender cette hypocrisie politicienne qui consiste à nommer les femmes à des strapontins, juste pour donner l’illusion de la parité. Ceci étant, les femmes burkinabé, même celles qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école, sont des battantes. On les retrouve partout, elles essaient d’aller chaque jour de l’avant. Dans tous les cas, et quelle que soit la situation en Afrique, il y aura toujours un combat à mener pour les droits de l’homme en général. Regardez, la déclaration universelle des droits de l’homme existe depuis 1948 et aujourd’hui encore, on en est à créer des tribunaux internationaux pour juger ceux qui violent le texte. L’avènement des droits de l’homme est et demeurera pour moi une quête permanente. Que représente pour vous le grand prix littéraire des régions francophones ? Le prix littéraire des régions francophones représente pour moi, qui suis issue d’un environnement où l’édition est quasiment inexistante, une chance d’être lue. Vous attendiez-vous à recevoir ce prix ? J’ai longuement hésité avant d’envoyer mon manuscrit car je me suis longtemps posée la question de savoir si les tribulations d’une pauvre paysanne de brousse pouvaient susciter l’intérêt d’un jury issu d’un univers culturel différent. Finalement, j’y suis allée car de toutes les façons, je n’avais rien à perdre. Le fait d’avoir reçu le grand prix littéraire des régions francophones vous a-t-il aidé par la suite dans votre carrière d’écrivaine ? « Chienne de vie » est sur le marché depuis moins de six mois ; j’ai donc un peu de mal à parler de carrière, même si mon éditeur a déjà reçu une demande de traduction en anglais. Quels sont vos projets ? Souvenez-vous que je vous ai dit qu’écrire est pour moi un besoin. Et je continuerai à écrire, que mes œuvres soient publiées ou pas. Merci. Propos recueillis par Samra MOHMA MBOA Magazine 11



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