MBOA Magazine n°3 oct/nov/déc 2010
MBOA Magazine n°3 oct/nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de oct/nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : Zeynab, l'amazone de la musique urbaine béninoise !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Musique de classe de la section musique. Sur le pas de cette porte, j’ai eu l’impression d’être transfigurée. Mon corps entier s’est allumé comme une ampoule et j’ai compris que je venais de trouver ma vocation. J’ai pris des cours pendant deux ans avec le grand joueur de tambours CK Ladzekpo. Lorsque j’ai fini mes études universitaires en Californie, j’ai déménagé à Londres, à la recherche de musique africaine et j’ai depuis continué à collaborer avec des musiciens, danseurs et percussionnistes africains. J’étais signée sous le label Virgin pour mes deux premiers albums et j’ai récemment enregistré mon cinquième « Amina », réalisé par André Manga, à Dakar (Sénégal) avec Les Super Étoiles, et à Los Angeles avec de merveilleux musiciens de world et de jazz. Alors que ma recherche d’un joli langage collaboratif entre des mélodies occidentales, des paroles en anglais et la musique ouest-africaine a été ma passion pendant plus de vingt ans, avec le temps, je me suis focalisée tout particulièrement sur la musiquembalax du Sénégal. 8 MBOA Magazine Ashley MAHER Quand on est américaine de naissance et qu’on est amoureuse du Sénégal, le pays de la Téranga, il faut s’appeler Ashley Maher. Rencontre avec cette artiste qui sait mélanger l’Amérique et le Sénégal dans une même entité. Comment êtes-vous arrivée à la musique et la chanson ? Je chante depuis toujours. Lorsque j’étais plus jeune, j’ai gagné de nombreuses compétitions, remporté de nombreux prix et bourses grâce à mon chant, et les gens m’ont souvent dit que Dieu m’avait accordé un talent particulier. J’ai chanté divers genres de musique, du classique au jazz. À l’université, j’ai découvert la musique africaine en entendant par inadvertance le résonnement de tambours Ewe du Ghana émanant d’une salle Comment s’est faite votre rencontre avec le Sénégal ? J’ai rencontré Youssou pour la première fois à Paris en 1998 alors qu’il enregistrait The Lion. Nous avons partagé la même maison de disque (Virgin) et j’ai eu le même manager que lui, Peter Gabriel. Après cela, les années ont passé et nos chemins se sont croisés plusieurs fois. J’ai co-écrit une chanson appelée « Boul Bayekou » pour son album Alsaama Day en 2007. Cette même année, j’ai fait une surprise au groupe en performant un solo de danse sabar pendant leur concert à Los Angeles. Youssou m’a alors généreusement fait venir à Dakar pour répéter avec ses danseurs pendant deux semaines et j’ai dansé pour ses concerts à Sorano et Bercy en 2008. Plus tard, cette année, j’ai passé un mois chez Jimi Mbaye où nous avons enregistré mon 5ème CD, AMINA, avec Jimi, Assane, Abdoulaye Lo, Thio Mbaye, et Birame Dieng. Il a été réalisé par le bassiste camerounais André Manga, et peaufiné ici, à Los Angeles. Depuis lors, j’ai voyagé à Dakar
plusieurs fois pour tourner des vidéos et faire des spectacles. J’y ai à présent un groupe de musiciens merveilleux et j’espère les emmener en Europe pour faire quelques concerts lors de festivals. Il y a tellement de talent au Sénégal Senegal dieum kanam ! (Sénégal en avant ! ) Pourquoi en tant qu’américaine, c’est important pour vous de chanter en Wolof ? Chaque fois que je suis au Sénégal, je suis impressionnée par la fierté des sénégalais envers leur culture, malgré le fait que les médias internationaux les bombardent continuellement avec des images et messages leur disant qu’ils sont marginaux. Les informations et feuilletons télévisés reflètent un monde qui est matériellement plus riche que le leur et promeut l’idée que tout est mieux Là-bas. Je me rappelle avoir pleuré un jour à Médina en voyant des jeunes filles sénégalaises contempler une vidéo de Beyoncé. La peau de Beyoncé était éclairée de manière à faire apparaître sa peau plus claire qu’elle ne l’est en réalité et son tissage était blond et lisse. Il s’agit de problèmes trop compliqués pour être abordés ici mais j’aime le fait que, malgré toutes ces images, les sénégalais s’estiment et s’aiment beaucoup. L’amour qu’ils portent à leur culture, leur beauté, leur langue, humour, familles et traditions. Ceci a beaucoup de pouvoir et est capital. Alors que la plupart de mes morceaux sont en anglais, je suis impatiente de pouvoir chanter plus souvent en wolof. Non seulement parce que, comme l’italien, c’est une belle et riche langue qui a « un goût agréable dans la bouche », mais aussi pour offrir une alternative contre le modèle « Occident-Comme-Culture-Dominante ». Pourquoi ne pas dessiner la carte du monde avec l’Afrique au centre pour une fois ? Quels thèmes abordez-vous dans vos chansons ? Mes chansons sont comme des histoires… j’ai hérité cela de la tradition narrative du côté irlandais/anglais de la famille de mon père. Bien que certaines parlent directement d’une émotion ou d’une croyance, la plupart d’entres elles raconte une histoire qui, à son tour, illumine une leçon personnelle apprise ou un voyage spirituel. Alors que la composition de chansons occidentales semble avoir pour principaux thèmes l’amour et relations, les problèmes politiques ou surmonter les épreuves de la vie, la composition de chansons à la sénégalaise contrebalance ces thèmes avec des messages éducatifs, inspire et attire l’attention de l’auditeur sur les besoins des enfants, de la famille et du monde spirituel. Par exemple, Musique dans mon cinquième album AMINA, mes « chansonshistoires » parlent d’une femme prête à abandonner le fardeau de sa vie et réclamer sa liberté (AMINA), des jeunes hommes qui puisent du courage en leur amour pour leur marabout Cheikh Ibra Fall pour faire le dangereux voyage vers l’Occident dans leur pirogues (SMALL BOATS), d’un homme atteint de malaria qui réalise qu’il n’a pas besoin des riches de l’Occident, seulement de ses médicaments pour qu’il puisse s’entretenir lui-même et sa famille (OK), de l’histoire incroyable que j’ai vécue en étant invitée par Youssou N’Dour pour danser le sabar pour lui à Dakar (JOY), ainsi que des chansons au sujet de dilemmes moraux, tomber amoureux, et se rappeler de profiter de la vie. Parlez-nous de vos prochaines actions et actualités artistiques ? J’ai été invitée à me produire à Dakar pendant le grand festival Anti-SIDA le 1er décembre prochain. En collaboration avec le manager Jules Kane (Daara J, Cheikh Lô, Orchestra Baobab) et mon agent français, Bolingo Arts, j’essaie de developer un excellent spectacle à Dakar pour pouvoir l’exporter en Europe avec les musiciens et danseurs avec lesquels j’ai travaillé là-bas. J’ai une collection toute fraîche de chansons enregistrées dans un style purementmbalax et de nombreuses idées de vidéos à concrétiser. Nous vivons une époque passionnante en ce qui concerne les vidéoclips sénégalais. Ils s’améliorent sans cesse ! Je rêve également de filmer les meilleurs danseurs de Dakar et de diffuser ce qu’ils peuvent faire sur YouTube. Étant donné que les vidéoclips sont édités plutôt en faveur des artistes, il est parfois difficile de se rendre compte à quel point les danseurs sont brillants. Il y a des clubs à Dakar où je pleure simplement en admirant leur talent. TELLEMENT DE TALENT !!! ! De plus, j’aimerais continuer à collaborer avec d’autres artistes sénégalais. J’ai adoré écrire pour Youssou, enregistrer des choeurs pour Zale Seck et le bassiste de jazz Cheikh Ndoye, enregistrer et écrire des duos avec Elage Mbaye, Djibril Ndiaye Rose et Badou Mandiang (Xalima), ainsi que de danser le sabar pour d’autres artistes dans leurs clips. Neexna ! (Très bien) Et bien sûr, je veux apprendre le wolof. Lorsque je pourrai le parler, je serai impossible ! (rire) Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA-BESLAND MBOA Magazine 9



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