MBOA Magazine n°3 oct/nov/déc 2010
MBOA Magazine n°3 oct/nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de oct/nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : Zeynab, l'amazone de la musique urbaine béninoise !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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En Couverture RENCONTRE AVEC Est-ce que vous pouvez vous décrire en quelques mots, même si c’est parfois assez difficile de parler de soi ? Mon nom à l’état civil est Zeynab ABIBOU Oloukemi. J’aime Dieu, la vie, la franchise, l’honnêteté, les bonnes senteurs et les plaisirs simples qui donnent tout leur sens à la vie. Je suis une jeune artiste chanteuse, musicienne et auteur compositeur originaire du Benin (pays ouest africain). J’ai deux albums à mon actif à ce jour. Le 1er est sorti en 2002 et est intitulé « INTORI ». Le 2ème, en 2004 intitulé « D’UN ENDROIT A UN AUTRE », avec 14 titres chacun. Je suis lauréate du trophée KORA de la meilleure artiste féminin d’Afrique de l’Ouest en 2005, et Ambassadeur national d’Unicef depuis 2007. Votre prénom signifie en arabe « Bel arbre du désert à fleurs parfumées ». C’est tout vous ? Sans fausse modestie, et non ; c’est tout moi !... (rires) Avez-vous été soutenue dès votre jeune âge par vos parents quand vous leur avez annoncé que la musique était votre passion ? Je n’ai jamais eu le courage ou le cran de l’annoncer à mes parents puisque la priorité pour moi à cet âge, c’était l’école. Mes parents ont quand même fini par comprendre mon engouement pour ce métier grâce à la facilité que j’avais à m’immerger dans le domaine artistique. Ils m’ont laissé faire en marquant un intérêt pour mes études. Quel a été le rôle de votre père dans tout cela ? C’est lui qui, sans le savoir, a été « le » facteur déclencheur de ma passion pour la musique. Mon père est un mélomane invétéré qui ne pouvait vivre ou passer ses journées sans elle... Il m’a éduqué en bon père, au respect de soi, de l’autre et des valeurs. Lorsque mes frères et sœurs et moi jouions parfois les récalcitrants, Il nous « chicotait », sans exagération bien sûr. Mais il reste une précieuse base de mon éducation. 22 MBOA Magazine Zeynab Parlez-nous de quelques-unes de vos chansons comme « Wakeup », très engagée, qui est actuellement diffusée sur MBOA TV et « l’Enfant », qui est plus généreuse et soucieuse du devenir sans doute de votre propre enfant, puisque vous êtes mère. Les textes de mes chansons ont, je l’espère, un rôle de conscientisation et de sensibilisation sur des sujets sociaux importants qui handicapent nos vies sur terre. Certaines chansons de mes précédents albums parlent entre autres du mariage forcé comme « je m’enfuirai », de la maltraitance des enfants. D’autres parlent de valeurs dans nos sociétés comme « Syelewayo ». Pour ce qui est de « Enfant », ce n’est particulièrement pas de mon enfant qu’il s’agit. Je voulais attirer l’attention de tout un chacun sur la protection et le droit des enfants où qu’ils soient. « Wakeup », qui est l’un des titres en prélude au prochain album, a effectivement un texte un peu plus « trash » dans son style... différent de mes habitudes, pour faire état d’un ras-le-bol sur un sujet précis : l’aigreur et la calomnie, triste effet de mode dans nos sociétés quand quelqu’un tente de prendre de la hauteur. Sur l’album à venir, mes chansons seront davantage sensibilisatrices et plus engagées pour
pointer du doigt les multiples tares sociales auxquelles nous sommes malheureusement confrontés. Je chanterai pour l’amour également, histoire de rappeler le vrai sens de la vie. Vous êtes née et avez grandi à Abidjan en Côte d’Ivoire, puis retour au Bénin, votre pays d’origine pour y être bercée dans votre village de Sakété au rythme de Bolodjo. Racontez-nous cela. Ca été l’une des formidables découvertes de ma culture, et depuis, je ne m’en passe plus. J’ai pris connaissance de l’existence de plusieurs rythmes traditionnels de chez moi dont le Bolodjo, et de leurs richesses, que lorsque je suis retournée dans mon pays d’origine, le Bénin, après n’avoir connu que la Cote d’Ivoire comme terre natale et d’adoption. Imaginez le choc culturel ! Ca n’a pas été facile pour moi au début, mais j’ai su en faire au fil des années une vraie identité grâce a ma famille, et en particulier à ma grand-mère ; elle-même à l’époque, grande chanteuse de musique traditionnelle du Bolodjo à Sakété, mon village. Elle m’a enseigné les règles de base. Quelle est l’influence de ce rythme de Bolodjo sur le R’n’B que vous faites ? D’abord, le R’n’B est un genre musical de ma génération car c’est un style urbain et bons nombres de béninoises et béninois de ma génération sont citadins. Avec la télévision et internet, ils ne connaissent et n’affectionnent que les genres musicaux venus d’ailleurs. Mon mélange avec le « Bolodjo » me permet tout simplement de dire qu’il y a du bon dans nos cultures et nous nous devons de le valoriser. Quelle est la place de la musique au Bénin en général et dans les médias béninois en particulier ? La musique béninoise fait la fierté de sa population malgré quelques difficultés de règlementation et d’organisation de secteur. Il y a de vrais talents qui font de belles choses, mais qui ne sont pas assez soutenus comme cela se devrait par les autorités compétentes, sans doute faute de moyens et de manque de volonté. Il y a un manque accru de producteurs au Bénin, de promoteurs de spectacle, de salles de spectacles et de matériel de sonorisation adéquat pour des concerts, qui y sont d’ailleurs assez rares. Quant aux medias, ils essaient avec leurs moyens de nous accompagner à tous les niveaux pour créer RENCONTRE AVEC une proximité avec le public. C’est grâce à eux que notre visibilité nationale et internationale est assurée. Par ailleurs, je doute fort que la musique ait la place qu’elle mérite dans mon pays. Qu’est ce que vous pensez qu’une chaîne musicale comme MBOA TV peut apporter à la jeunesse béninoise ? MBOA TV peut justement apporter à la jeunesse béninoise et de toute l’Afrique une meilleure visibilité des artistes et la valorisation de leur image. MBOA TV nous fait découvrir ce que d’autres artistes africains font dans leur pays. De ce fait, nous ne nous sentons plus isolés. Vous êtes ambassadrice de l’UNICEF, en quoi ça consiste ? Mon rôle d’ambassadrice de l’UNICEF consiste à mettre mon image à leur disposition pour défendre les droits des enfants. J’essaie à mon niveau, de participer à l’éveil des consciences via les campagnes de sensibilisation de l’Unicef. C’est une mission non rémunérée et strictement bénévole. On me l’a proposée et j’ai accepté. Est-ce en rapport avec votre dernier album intitulé « D’UN ENDROIT A UN AUTRE » » ? Non pas du tout. J’avais déjà réalisé et sorti mon 2ème album en 2004 avant ma nomination en tant qu’ambassadeur de l’UNICEF en 2007. Mon dévouement pour la cause des enfants ne date pas d’aujourd’hui, j’y ai toujours été très sensible. Quels sont vos projets immédiats ? L’objectif c’est mon troisième album et le lancement officiel de ma ligne de vêtements. Propos recueillis par Jean Roké PATOUDEM MBOA Magazine 23



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