MBOA Magazine n°3 oct/nov/déc 2010
MBOA Magazine n°3 oct/nov/déc 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de oct/nov/déc 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,5 Mo

  • Dans ce numéro : Zeynab, l'amazone de la musique urbaine béninoise !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CULTURE. LIVRE Lauren Ekue est diplômée en sociologie de l’université Paris 8 et de l’Institut International de Communication de Paris. Ce bout de femme d’origine togolaise vit, écrit, réfléchit et mûrit en région parisienne. Elle a travaillé dans les services Presse d’importantes marques de luxe, dans des magazines de mode et des sociétés de productions audiovisuelles parisiennes. Tout au long de son chemin, elle fait de belles et étonnantes rencontres qui l’ont construit. Automne 2008, sa route croise furtivement celle du politicien Charles B. Rangel qui a lutté pour l’abolition de l’apartheid et qui soutient le candidat Obama. Elle nous livre ses impressions et nous parle de ses 2 romans : « Carnet spunk » et « Icône urbaine ». 10 MBOA Magazine Lauren EKUE La plume made in TOGO
Comment êtes-vous arrivée à l’écriture ? Je suis arrivée à l’écriture par la lecture. J’adore lire. Je suis avant tout une lectrice. J’ai commencé seule à l’âge de 4 ans. A partir de ce moment, mon école maternelle m’offrait régulièrement des livres. Puis, au collège et durant le reste de ma scolarité, mes professeurs lisaient mes rédactions à toute la classe ou photocopiaient mes devoirs en guise de corrigés. J’ai orienté mes études, mes passions vers l’écriture. De quoi parlez-vous dans votre premier essai romancé « Carnet spunk » ? Le titre fait référence au Spunk de Zora Neale Hurston. Elle est en quelque sorte la mère des femmes écrivains afro-américains. C’est une pionnière, une womanist avant l’heure. Elle était une importante figure de la glorieuse période de l’Harlem Renaissance. Puis en 2010, j’ai assisté à la victoire de Barack Obama. Mon livre Carnet Spunk aborde le point de vue d’une femme noire, d’une africaine et d’une française à la fois. Ma joie et le spectacle d’une nouvelle renaissance en plein Harlem. J’aborde aussi en filigrane le thème des cheveux chez la femme noire. Je m’intéresse à la beauté, donc en voyant la dignité et la force de Michelle Obama, j’ai brodé un récit sur cette problématique. Votre dernier livre « Icône urbaine » vient de paraître. Comment s’est passée cette aventure ? Icône Urbaine est mon premier roman paru en 2005 aux Editions Anibwé. Je remercie mon éditeur Kassi Assémian pour son soutien. Nous avons été surpris par l’accueil chaleureux du public. Ce livre a été commenté dans des universités étrangères et dans diverses publications, de nombreuses personnes sont venues m’encourager. Ce fut une chouette aventure. C’est agréable d’apporter du plaisir aux gens. Quels thèmes abordez-vous dans vos écrits ? Je fais une place de choix à la femme noire dans la société française. Je suis admirative du travail qui a déjà été accompli par mes pairs. J’aborde l’angle de mon point de vue. Je suis née en France de parents togolais. J’aborde les questionnements de ma génération. L’immigration est donc un thème récurrent, tout comme la vie dans l’espace urbain. L’amour, les relations hommes/femmes viennent également enrichir mon univers. Comment vous vient l’inspiration ? De la vie, de mes observations, de mes passions, de mes coups de gueules ! CULTURE. LIVRE En tant qu’écrivain, écrire pour vous est-il une sorte d’émancipation ou un engagement social ? J’ai étudié la sociologie, j’ai donc acquis une certaine conscience sociale. Derrière le vernis girly hype de mes écrits, je tente toujours d’apporter des réflexions plus denses. J’utilise mes notions de sociologie, je suis très influencée par l’Ecole de Chicago. Au début, l’écriture n’était pas liée à une certaine émancipation mais effectivement, cette démarche permet de s’affranchir complètement. Pourquoi avez-vous besoin d’écrire ? J’écris pour témoigner. C’est dommage de limiter l’histoire des gosses nés en France de parents immigrés à la délinquance et autres faits divers. Les ouvrages qui surfent sur cette vague ne permettent pas l’identification de cette population. La banlieue, les enfants de parents nés sur un autre sol ne sont pas tous des dangers potentiels pour la République. Il y a des stéréotypes qui faut dézinguer ! Beaucoup de ces gens ont du mérite et affrontent la vie avec dignité. L’écriture est un bon exutoire. Comme beaucoup de créatifs, je suis nerveuse, sensible et émotive. L’écriture requiert du calme et de la concentration, ce qui me convient. Le goût du défi personnel n’est sûrement pas étranger à ma démarche. Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA-BESLAND MBOA Magazine 11



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