MBOA Magazine n°2 jui/aoû/sep 2010
MBOA Magazine n°2 jui/aoû/sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jui/aoû/sep 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : Mariam Diop, la nomade-attitude.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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MODES & TENDANCES De Yaoundé à Paris, il a suffit d’un pas pour qu’Imane AYISSI puisse choisir son chemin dans la mode. Mannequin de profession, il a travaillé avec les plus grands stylistes avant d’imposer ses propres créations qui portent son nom. Il combine l’élégance, le chic et le choc dans une allure qui transforme les femmes en déesses d’une aristocratie innée. Il aime séduire et convaincre par sa main d’or. Il aime aussi le glamour-fashion et tout ce qui rend la beauté à la femme. C’est tout ce qu’il nous dévoile dans cette interview vérité avec MBOA MAGAZINE. Comment êtes-vous arrivé dans le métier de styliste ? Dès l’enfance, je me suis intéressé aux vêtementx, à l’allure et l’élégance. Quand j’ai commencé à faire de la danse dans la compagnie familiale et au ballet national, j’ai parallèlement travaillé pour « Blaz design » à Yaoundé, chez qui j’ai créé mes premiers vêtements, organisés des défilés...etc. Quand je suis arrivé en France, j’ai travaillé comme mannequin de podium mais aussi de cabine, ce qui m’a permis de rentrer dans les maisons de couture et de luxe. J’ai ainsi pu voir le fonctionnement de ces grandes maisons, comment les collections étaient construites, le confort dans un vêtement, mais aussi, ‘importance de la communication et du marketing. Tout ceci a remplacé l’école de mode que je n’ai pas faite. Ensuite j’ai lancé mes propres collections sur-mesure, je dois avouer que ce fut très difficile au début. Comment est née la marque IMANE AYISSI ? Quand j’ai commencé à faire des collections en 1993 (première présentation d’une collection à Paris), j’ai naturellement donné mon nom à cette collection et c’est devenu une marque, comme une signature des vêtements que je crée, même si aujourd’hui bien sûr les collections se font en collaboration et en équipe. Pensez-vous que les stylistes africains ont leurs mots à dire dans cette mondialisation des cultures à travers leurs créations ? Bien sûr, c’est à la fois une ouverture, parce 24 MBOA Magazine Imane AYISSI qu’aujourd’hui les cultures et les différentes esthétiques circulent dans le monde et sont accueillies par des gens de cultures différentes, c’est en même temps une difficulté parce qu’il faut comprendre comment fonctionne le système mondialisé de la mode : les fashion weeks, la communication, les réseaux de distribution, le marketing de la mode et les codes contemporains de mode qui deviennent les mêmes partout : les tendances, l’évolution des silhouettes, l’utilisation des couleurs...etc. Et là les stylistes africains ont encore beaucoup à apprendre, alors qu’en même temps, les créateurs du monde entier ne se gênent pas pour s’inspirer de la culture africaine (et ils ont raison). Pour illustrer les possibilités qu’ont aujourd’hui les créateurs africains, je citerai l’opération à laquelle je viens de participer à Berlin. Après un défilé qui montrait une sélection des meilleurs stylistes africains, les Galeries Lafayette ont consacré un espace très contemporain, moderne dans lequel, les créations africaines étaient mises en valeurs, et on se rendait compte que ces dernières avaient toute leur place au milieu des marques occidentales. Je crois que cette opération a été bien accueillie, mais c’est parce qu’il y avait eu une sélection auparavant faite par l’ex-top model Anna Getaneh qui dirige le label African Mosaïc de créations adaptées au marché européen. J’ai aussi collaboré avec la Redoute et Swarowski, ce qui montre qu’un créateur africain a sa place dans la mode internationale. Stéphane de Bourgies
Est-il difficile de vivre de ses créations en tant styliste africain vivant en France ? C’est difficile de vivre de ses créations en tant que styliste tout court en France aujourd’hui. A Paris il y a une forte culture de la mode, toutes les maisons de luxe sont présentes et très puissantes et elles ne laissent pas beaucoup de place aux créateurs indépendants ou émergents. En plus, il n’y a pas vraiment de structures pour aider les créateurs indépendants à Paris comme il y en a aujourd’hui à New York ou à Londres. Un créateur africain devrait bénéficier au départ de l’aide de son pays d’origine ou du continent, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres pays européens ou asiatiques. Mais ce n’est absolument pas le cas, la mode n’est pas prise au sérieux par la plupart des gouvernements africains, alors que c’est un secteur économique parmi les plus importants dans le monde et un moyen de faire rayonner culturellement son pays. Un créateur africain devrait aussi pouvoir bénéficier des achats en priorité de ses compatriotes, ce qui n’est malheureusement pas du tout le cas. La majorité des africains, quand ils ont les moyens préfèrent acheter les grandes marques de luxe occidentales, et quand ils n’ont pas les moyens, leurs mauvaises copies fabriquées en Asie. Ils le voient comme un signe de réussite personnelle et d’affirmation sociale, alors qu’en fait c’est vu comme du mauvais goût par les professionnels de la mode et les bourgeois européens le chic, le glamour ne s’affiche pas de manière voyante mais doit être quelque chose de subtil... Quelles sont vos prochaines collections et quel message souhaitez-vous passé aux générations futures qui sont intéressées par ce métier ? Je travaille en ce moment sur la prochaine collection été 2011, et sur divers projets qui correspondent à des demandes particulières. Ce que je dirai aux générations futures, c’est que la mode est un métier très noble qui ne doit pas être vue comme une manière de gagner facilement de l’argent et de vivre au milieu des paillettes. Le fonctionnement de la mode est aujourd’hui compliqué, et la beauté de la mode est que, c’est une vrai culture qui est directement reliée à tout ce qui se passe dans le monde (l’environnement, la culture, l’évolution des sociétés...). Les jeunes qui sont passionnés par la mode, doivent vraiment s’appliquer à travailler et à comprendre par ce que le futur risque d’être plus dur encore. Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA-BESLAND MODES & TENDANCES Collection Voodoo Mood Photo : R Sorrenti courtesy AltaRoma MBOA Magazine 25



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