MBOA Magazine n°2 jui/aoû/sep 2010
MBOA Magazine n°2 jui/aoû/sep 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jui/aoû/sep 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : MBOA TV

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : Mariam Diop, la nomade-attitude.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CULTURE. LIVRE Votre premier roman s’intitule « Chemins de terre », de quoi s’agit-il dans ce livre ? « Chemins de terre » est un roman poétique qui relate la découverte d’un village en Kabylie où ont vécu les parents d’une jeune fille de onze 14 MBOA Magazine Nora CHAOUCHE Née le 29 mai 1970 à Belfort, Nora CHAOUCHE a passé toute son enfance dans une cité ouvrière. Actuellement, professeur de Lettres et d’Histoire en Lycée Professionnel dans l’Académie de Versailles, elle a publié deux romans aux éditions Henry : « Chemins de terre » 2007 et « Collier d’entre rives » 2009 (Sélection du Prix Littéraire Lions Club Régional 2010). ans, Zohra qui est née et a grandi en France. Elle y rencontre ses aïeux mais aussi des traditions, des règles qui régissent la société où l’homme domine.
Votre deuxième roman « Colliers d’autres rives » vient de paraître, pouvez-vous nous en dire plus ? « Collier d’entre rives » qui est paru en octobre 2009 est un roman où l’histoire se déroule dans l’Algérie des années 90, lors de la période noire. Lila est une jeune fille qui se retrouve séquestrée en Kabylie par ses parents parce qu’en France elle côtoyait un jeune homme français. Elle réussit à se rendre à l’ambassade de France. En arrière plan, sont relatés des crimes liés aux conflits ethniques mais aussi à la guerre d’indépendance. C’est l’aventure d’une écriture entre deux langues : ma langue maternelle (le kabyle) et le français. En écrivant dans la langue française, des rythmes, des sonorités et des images intrinsèques au kabyle sont mobilisés. Le désir de retrouver cette langue perdue dans mon enfance est ce qui alimente mon écriture. La condition de la femme est un thème qui revient fréquemment dans vos écrits, parce que vous êtes une femme, vous aimez parler des femmes ? Les humiliations et les violences faites aux femmes sont des sujets qui effectivement reviennent dans mes récits. Nous vivons dans une époque où malheureusement nous sommes témoins de ces violences. Le combat pour l’égalité hommes et femmes est le combat de tous. Dénoncer les violences en tentant de montrer leurs mécanismes de manière sensible fait certainement prendre conscience des douleurs... En tant que femme, le métier d’écrivain est-il quelque chose de difficile ? Ecrire pour moi n’est pas un métier mais un acte de vie. Je ne pense pas que les difficultés que je peux avoir en écrivant soient liées au fait d’être une femme. Certainement parce que toutes les personnes que j’ai rencontrées qui sont liées à la création respectent mon travail et m’encouragent à aller plus loin... CULTURE. LIVRE Comment êtes-vous arrivée dans l’écriture ? Je suis arrivée à l’écriture grâce à deux personnes : Christine Eschenbrenner, enseignante de Lettres et Histoire au Lycée Nadia et Fernand Léger à Argenteuil qui a toujours écouté avec beaucoup d’attention les histoires que je lui racontais et qui m’a présenté Gérard Noiret, poète qui animait à l’époque, un atelier d’écriture-théâtre dans sa classe. Après plusieurs discussions au sujet de la condition des femmes il m’a incité à écrire. Avant ces rencontres je n’osais même pas imaginer écrire. Je pensais qu’écrire n’était pas fait pour une fille d’ouvrier et en plus « issue de l’immigration ». L’écriture est un cri de révolte contre les injustices ou une échappatoire ? L’écriture m’engage dans l’instant mais aussi à voir en face mon histoire qui me pousse à la révolte. Elle me fait évidemment sortir de la réalité. Je suis toujours étonnée par le potentiel d’imagination qu’elle nous amène à explorer. Vous êtes professeur de lettres. Comment conciliez-vous votre vie professionnelle avec votre amour pour les mots ? Mon métier d’enseignante me permet de partager mon amour des mots en faisant découvrir pour beaucoup de jeunes le plaisir de la lecture mais aussi en les faisant écrire avec leurs mots. Pourquoi écrivez-vous ? pour compenser un manque ou pour une justice sociale ? J’écris pour le juste c’est certain puisque nous héritons des fruits de nombreux combats pour la liberté, nous devons continuer pour l’avenir. « L’humain est encore loin d’être fait ». Mais j’écris aussi parce qu’il y a un désir profond de retrouver mon langage qui est celui d’une double langue. J’espère un jour écrire un long poème ou une épopée pour dire mon cri qui me relie à la vie. Votre roman ‘’Collier d’entre rives » vient d’être sélectionné par un prix Littéraire. Comment recevez-vous cela ? Que ce roman soit finaliste pour un prix montre que des lecteurs s’intéressent à mon écriture et à mes sujets. C’est encourageant pour la suite de mon travail... Je prépare actuellement un troisième roman que je pense finir pour la fin de cette année. Propos recueillis par Aïssatou DIAMANKA-BESLAND MBOA Magazine 15



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