Maze n°9 juin 2012
Maze n°9 juin 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview François and the Atlas Mountains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 36 - 37  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
36 37
CINÉMA détonnant, même s'il parait parfois un peu lourd. Autant Burton continue d’exceller dans le côté sombre des cœurs touchant toujours un lien entre l’amour et la mort, autant il maîtrise parfaitement le coté plus humoristique, moderne et « festif ». L’histoire, elle, est adaptée d’une série des années 60-70. Tim Burton se l'approprie très bien, la rendant captivante du début à la fin. Je ne vous en dit pas plus que le synopsis précédent, ce serait gâcher la surprise ! Burton a confié la musique à son collaborateur de longue date Danny Elfman. Elle a un impact de taille passant par la présence de parapluies, on y retrouve toutes les marques de fabrique de Burton qui ne se perd pas. Pour finir, le seul hic que l'on peut reprocher à ce film est la présence d'un loup-garou. Même si elle est justifié dans l'ancienne série Dark Shadows, elle est dans ce film aussi surprenante que superflue et nous fait malheureusement penser à ces grosses productions hollywoodiennes à la mode. On peut aussi trouver qu'il manque "le petit truc en plus à la Burton" rendant ce film moins mémorable que ses précédents. Mais à l'exception du superbe Charlie et la Chocolaterie, c'est peut être dû au fait que Dark Shadows est une adaptation comme l'était Alice aux DARK SHADOWS, UN BURTON INNOVANT sur le contraste entre les scènes les plus sombres et celles plus déjantées, certains morceaux étant appuyés sur le mystère avec un coté dramatique et d'autres sur la légèreté musicale des années 70. Des titres d'Alice Cooper, cité plus haut, se font également entendre, donnant une touche rock'n'roll. Pour ce qui est de l'ambiance générale de Dark Shadows, nous pouvons quasiment faire une chasse au trésor des références que le réalisateur se fait à lui même, à son univers. Du manoir isolé en haut d'une colline aux citrouilles d'octobre dans le jardin en Pays des Merveilles, moins de libertés peuvent être prises... Peut être ai-je un avis trop élogieux quant à ce film, mais je vous conseille fortement d'aller le voir, vous ne serez surement pas déçu ! Et pour les parisiens qui souhaiteraient continuer à plonger dans l'univers de Tim Burton, l'exposition sur toute son œuvre a encore lieu jusqu'au 5 août à la Cinémathèque ! LAURIE MONTAGNER Maze 36 N°9—Juin 2012 Warner Bros.
LETTRE D'AMOUR À MARTIN SCORSESE Cher Monsieur Martin Marcantonio Luciano Scorcese, je vous aime. N’y allons pas par quatre chemins, ni par six, ni même par douze, surtout que tous les chemins mènent à Rome, et cette citation vous convient aussi bien que votre barbe dans vos jeunes années. En effet, né de parents siciliens le 17 novembre 1942, vous avez vécu toute votre jeunesse au sein de Little Italy, à New-York. Tiraillé entre deux cultures et deux pays, le souci de l’identité deviendra récurrent dans vos films, comme dans Les Infiltrés (2006) récompensé à trois reprises, Meilleur Scénario Adapté, Meilleur Réalisateur et Meilleur Film. Le synopsis est le suivant : Billy Costigan (Léonardo DiCaprio), immigré irlandais, endosse le rôle de taupe au sein d'un gang pour le compte de la police tandis que parallèlement, Colin Sullivan (Matt Damon), américain "natif", infiltre la police pour le compte du même gang. Nous retrouvons très régulièrement cet affrontement entre les apparences et la réalité ainsi que cette discrimination et cette xénophobie. Peut-être pouvons-nous y deviner une expérience personnelle ? Enfant fragile, bridé dans vos activités de petit garçon par un asthme fortement prononcé, votre maman, très protectrice à l’image que l’on se fait de la mama italienne, vous amenait au cinéma pour vous distraire. C’est ainsi, plus ou moins contraint, que démarrera votre histoire avec le cinéma. Ce qui m’accroche le plus chez vous, c’est peut-être cette passion pour la passion. Très jeune, animé par la foi, vous avez voulu devenir prêtre. Cependant, et fort heureusement, pour le 7 ème art et pour moi, fidèle admiratrice et amoureuse de vos travaux, votre jeunesse (14 ans) et votre caractère de forte tête vous feront exclure du sein de l’église. Mais vous resterez un homme spirituel en vous dirigeant vers la méditation transcendantale une poignée d’années plus tard,ce qui vous amènera à mener des actions en faveur de la cause pour le Tibet. Peu après cette exclusion du domaine de Dieu, vous vous dirigerez alors vers l’Université de New- York où vous avez étudié, puis enseigné. Puis l’appel de la réalisation prit le dessus. Après quelques essais derrière la caméra, premier choc. Main Street (1999). L'histoire se déroule dans des rues que vous connaissez bien, celles de Little Italy, lui donnant sur écran une valeur plus authentique, arpentées par deux personnages hauts en couleur, dont Johnny Boy, interprété par un jeune Robert De Niro, commençant à peine à se faire connaitre. Ce film porte déjà la signature reconnaissable d'un Scorsese. Il est ahurissant. Ce qui m'y a plus marqué, ce sont ces scènes de la vie quotidienne, ces regards, ces choses qui échappent aux yeux de l'homme pressé, qui sont filmés avec une superbe qui donne à la misère une séduction étrange, presque dérangeante. Vous ne faites pas qu’aimer la passion. Vous êtes la passion. Votre culture cinématographique est immense, profonde, écrasante. Vous connaissez tout. Vous avez tout vu. Robert de Niro disait à propos de vous : « Marty mange, boit et dors avec les films. J’ai même entendu qu’il faisait l’amour aux films. ». Vous voulez rendre hommage au cinéma et à ses piliers oubliés, comme nous avons pu récemment le constater avec le merveilleux Hugo Cabret (2011), malheureusement peu apprécié par le grand public. Vous avez réalisé des documentaires Un voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain, Mon voyage en Italie... Vous avez fondé The Film Foundation afin de préserver les grandes œuvres jonchant l’histoire du cinéma. Vous tracez un profond sillon dans cet art, avec toujours cette envie furieuse de dépasser les limites, de s’inscrire. Maze 37 N°9—Juin 2012 D.R.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :