Maze n°9 juin 2012
Maze n°9 juin 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview François and the Atlas Mountains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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COSMOPOLIS : MAIS OÙ VONT LES LIMOUSINES LA NUIT ? L'histoire, c'est celle d’Eric Packer, un jeune PDG milliardaire qui décide de traverser la ville à bord de sa limousine blanche, sorte de bunker, pour s'offrir une nouvelle coupe de cheveux. Seulement, ce jour-là est particulier : le président des Etats Unis est en ville et toute une partie de la ville est inaccessible, et il y a également un cortège funéraire d'une personnalité qui entrave la circulation. Sans compter les manifestations anticapitalistes qui sèment le chaos sur la ville. Bref ce voyage va devenir une véritable aventure, Eric Packer étant lui-même menacé d'être tué à tout moment. La majeure partie du film se déroule à l'intérieur de cette Limousine, dans laquelle on voit évoluer le personnage principal, entre dialogues philosophiques, spéculations, sexe et déchéance et toutes les questions qu'il se pose comme par exemple qu'est-ce que signifie une prostate asymétrique,... En effet nous assistons avec ce film à l'autodestruction d'Eric Packer : tout part du moment où il réalise qu'il a fait une erreur de spéculation, et que sa fortune est en train de s'écrouler. Alors peu à peu tout ce qui l'entoure va également se détruire : son mariage, ses convictions, il ne comprend même plus le sens de ce qu'il fait. Jusqu'à cette fin incroyable, où il est mis face à lui-même, dans un appartement délabré d'un ghetto, prêt à mourir. En adaptant le roman de don DeLillo avec dans la peau d'Eric Packer l'acteur Robert Pattinson, David Cronenberg s'est donné un vrai challenge. En effet pour la plupart du public Robert Pattinson a malheureusement une connotation "Twilight" et tout ce qui va avec, et dont il a du mal à se débarrasser. Cependant ce film montre de quoi est capable l'acteur, qui s'en tire plutôt bien. Eric Packer est alors une sorte d'holden Caulfield trash (mais où vont les limos la nuit ? peut faire penser aux interrogations du héros de l'attrape cœur : "où vont les canards de Central Park, quand le lac est gelé en hiver") Ce qui frappe le plus ce sont les discussions et l'évolution de celleci au fur et à mesure de la déchéance du personnage : au début nous avons affaire à un homme complètement égoïste, possédé par le désir que tout lui appartienne puis peu à peu il va se rendre compte que sa vie est vide et se pose des questions, réalisant qu'il est en train de perdre tout ce qu'il possède : sa femme, son argent, ce qu'il admirait, son bonheur... Cependant, ce film ne plaira pas à tout le monde : en effet le manque d'action peut en décevoir certains, en effet toute l'histoire tourne autour de ces nombreux dialogues et l'évolution interne du personnage, on reste assis dans la limousine la majeure partie du film. Mais la force des dialogues ainsi qu'une Bande Originale s'ajustant parfaitement à l'esprit du film fait qu'on ne s'ennuie pas, du moins si le manque d'action ne nous dérange pas dans un film. Ce film est donc à conseiller pour les amateurs de films dans l'esprit Sofia Coppola, plus basés sur les personnes et leurs sentiments que sur l'action. Cosmopolis, de David Cronenberg. d'après le roman de Don DeLillo. Avec Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mathieu Amalric, Sarah Gadon. JODIE BLIN Maze 20 N°9—Juin 2012 Stone Angels
PEUT ON VRAIMENT ADAPTER KEROUAC AU CINÉMA ? Sur la Route c'est l'histoire d'un écrivain, Sal Paradise, en manque d'inspiration faisant la rencontre du charismatique libertin Dean Moriarty et de sa jeune femme Marylou. Tout les trois ayant besoin d'autre chose, de nouveauté décident de commencer une nouvelle vie : la vie sur la route. On the Road de Jack Kerouac, roman phare de la beat generation a longtemps suscité l'envie chez les cinéastes, comme un challenge. Francis Ford Coppola en a longtemps eu les droits mais c'est le réalisateur brésilien Walter Salles qui osera l'aventure. Oui mais à la sortie ça donne quoi ? Eh bien malheureusement pas le road movie qui vous prends aux tripes et à l'incessant parfum de liberté auquel ont pouvait s'attendre. Mais en revanche un road movie dans lequel on a du mal a rentrer. 1er faux pas, les spectateurs ne participent pas au voyage. C'est en parti lié au fait que W. Salles ait décidé de faire des aller-retour. Le film débute sur un passage de Sal Paradise personnage principale déjà en voyage puis quelques minutes après revient a New York avant son départ. Erreur en faisant cela le réalisateur brésilien brise l'essence même du roman, la continuité. Quand Kerouac a écrit son livre il l'a écrit sur un seul rouleau, en trois semaines sans s'arrêter tel la route. On perd cette idée et c'est bien dommage. Puis plus le film avance, plus il tourne en longueur on en viendrait presque a s'ennuyer, principalement les adeptes de Kerouac ayant dans la tête les sensations, la liberté, le lyrisme, la vitalité, les rythmes de jazz qui émanent du roman. On retrouve une partie de ces qualités mais tournés de façon tellement formelle qu'elles n'ont plus la même force. L'adaptation de Salles a néanmoins deux atouts. Premièrement il a très bien représenté la relation de Sal Paradise et de Dean Moriarty, la profondeur de celle ci et son importance pour les deux personnages. L'un ne va pas sans l'autre, ils se séparent pour obligatoirement se retrouver. Walter Salles nous montre un sentiment presque amoureux et l'admiration que l'un à envers l'autre. Le deuxième atout n'est rien d'autre que le casting, les deux acteurs mettant en scène cette relation sont époustouflants et font ressortir tout les côtés de celle ci. Ce sont pour le spectateur comme des redécouvertes. En ce qui concerne Garrett Hedlund on s'en souvenait comme acteur principal dans la superproduction Disney Tron L'Héritage, très loin du rôle beaucoup plus intimiste de Dean Moriarty. Puis on y retrouve Kristen Stewart, tenant le rôle de Marylou, 16 ans, femme puis ex femme de Dean, libre et à la fois souffrante de l'inconstance de son mari. On l'avait vu dans Twilight, mais la ce n'est plus la même, elle s'impose, beaucoup plus mature. Sam Riley est lui moins connu du grand public, mais reste néanmoins un bonne surprise dans son interprétation de Sal Paradise (Kerouac lui même), écrivain en quête de nouveauté. Le reste du casting est tout aussi bon car l'on retrouve le talentueux Viggo Mortensen, mais aussi Tom Sturridge, vu récemment dans Good Morning England, brillant dans son interprétation du torturé Carlo Marx ; Kirsten Dunst est également de la part. Tout ce petit monde se retrouva pour monter les marches cannoises à l'occasion de la nomination de Sur la Route dans la compétition officielle. Mais ce film n'aura pas permis à Walter Salles d'accéder à la palme d'or cette année. Finalement Sur la Route ne devrait-il pas rester l'oeuvre de Jack Kerouac ? EMMA BOITTIAUX Maze 21 N°9—Juin 2012 Concorde Filmverleih GmbH



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