Maze n°9 juin 2012
Maze n°9 juin 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de juin 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 64

  • Taille du fichier PDF : 6,4 Mo

  • Dans ce numéro : interview François and the Atlas Mountains.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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MUSIQUE - ITW Je ne sais pas. Je suis quelqu’un de plutôt réservée au quotidien. En même temps, mon quotidien c’est un peu devenu la musique. Je ne supporte pas les injustices. Je ne supporte pas qu’on parle mal à quelqu’un juste parce qu’il a moins de pouvoir ou d’argent qu’un autre. Je supporte pas qu’on me traite comme une merde juste parce que je suis une femme, ou juste parce que j’ai pas une tune. Au final, ouais il y a pas mal de choses qui m'insupportent. J’aimerai pouvoir dire faites l’amour, pas la guerre, mais j’ai l’impression de rencontrer la guerre à chaque coin de rue. J’essaie de mettre tous ces sentiments d’injustice, de rage, de tristesse dans mes chansons plutôt que dans des pétages de plombau quotidien. Tes textes dénoncent souvent crûment les choses, ce qui te donne un petit air de Saez ou Noir Désir. Est-ce que des artistes comme eux t’inspirent ? suite à ça, il m’a proposé une deuxième chanson qui s’appelle Scalpel, qu’on joue en live et qu’on mettra dans l’album, j’espère. Il y aurait aussi une collaboration avec Oli de Sat pour les arrangements d’un futur album. Peux-tu nous confirmer l’information ? Ah non désolée, il n’est pas du tout question de ça ! On t’a dit faire « du rock de fille avec des couilles ». A ODyL : L'OVERDOSE MUSICALE À NE PAS CRAINDRE La comparaison me fait plaisir car effectivement, ce sont des artistes que j’aime et que j’admire. Je suis parfois violente dans mes textes parce que la vie est violente. J’ai voulu mourir 100 fois, à la place j’ai fait 100 chansons. Mais du coup, c’est vrai que mes chansons sentent souvent ça : de l’amertume, de la mélancolie, de la haine, de la rage, du désespoir. J’essaie d’y mettre pourtant à chaque fois une petite dose d’espoir parce qu’après tout, je suis toujours en vie. J’ai entendu parler de plusieurs collaborations, comment les rencontres se sont-elles passées ? Avec Thomas Boulard (Lukendlr) il n’y a pas eu de rencontre au préalable. On m’a proposé des maquettes d’une chanson à lui qui m’a plu. Mon interprétation lui a plu aussi, du coup on a mis la chanson sur le EP : Le Temps. Ensuite, on s’est rencontrés, et l’heure actuelle c’est un compliment quand on voit les critiques faites au rock français féminin non ? Oui, pour moi c’est un compliment en tout cas. Je me suis aussi toujours un peu définie comme ça. J’estime qu’on peut être une fille et avoir autre chose à dire que juste des je t’aime avec des papillons, des histoires de mecs, de rivières, de vêtements, de folk qui pour ma part, me fait juste chier. J’ai su admirer des "nanas qui en ont", que ce soit une Courtney Love, Maze 12 N°9—Juin 2012 ODyL
une Catherine Ringer, une Virginie Despentes, une Shirley Manson. Bref, j’aime les filles qui ouvrent leurs gueules. Celles qui font de la zic, mais les autres aussi qui ne se définissent pas comme "la femme de", "la fille de" ou "la sœur de", mais comme quelqu’un qui construit, qui réfléchit et qui leade. Depuis plusieurs mois tu assures les premières parties (Ycare, Zaz, Fatal Picards,…) et tu t’es classée sur les premières marches du top iTunes dès la sortie de ton EP. Comment vis-tu ce succès montant ? Succès ? Je n’appelle pas ça comme ça pour l’instant. Si on voit ma gueule en couverture de magazines, que je fais tous les Zéniths complets, et que je vis de ma musique, j’appellerais ça comme ça ! Pour l’instant, je suis juste contente de tout ce qui se passe, car effectivement, c’est positif. ODyL semble plaire aux gens, aux médias, etc, et de plus en plus. Mais il ne faut pas rêver, je travaille arrache pied, je me bat tout le temps. Il y a des déceptions, des coups durs, des galères, et la pression tous les jours. Je dois lutter contre, me battre pour me motiver, motiver les gens autour de moi, harceler mais pas trop, exister, croire en moi quand plus personne n’y croit, croire en moi même quand je ne m’aime pas. Je ne vis pas de la musique et j'espère avoir suffisamment fait mes preuves pour pouvoir faire un album. Mais la réalité, c'est que je ne sais même pas si je pourrai en faire un. Quand tu fais ce métier, on te dit de ne dire que des choses positives, parce que t'es là pour "vendre du rêve". Moi je "donne de la réalité". Bien sûr, j'ai eu une dose de chance pour être là où je suis. Je suis plus que hyper contente de pouvoir faire des concerts, de jouer devant du monde, de pouvoir vivre tout ce que je vis. Ça, c'est la partie "rêve". Mais derrière, c'est du boulot. Beaucoup, beaucoup de boulot, de stress, de coups durs. On passe son temps à se casser la gueule et à se relever. Je ne vais pas faire ma pleureuse. J'ai été vendeuse de culottes pendant 8 ans, et je préfère mon quotidien aujourd'hui à celui que j'avais à l'époque. Pourtant, j'ai aucune certitude de ne pas retourner en vendre demain. Je ne vis pas de ma musique et je suis loin du succès, mais je continuerai à me battre pour faire des concerts, car n'importe qui qui me voit sur scène sait que c'est là où j'habite. On a pu entendre quelques reprises de ta part, et notamment Je n’embrasse pas d’Indochine et Il y a, que tu revendiques bien comme étant du Roussel et non un titre de Vanessa Paradis. Comment expliques-tu ces choix plus pop ? J'écoute autant de rock, que de pop, que de chanson française. Je suis hyper fan de Renaud, Noir Désir, Bashung et Louise Attaque. J'aime les mots avant tout. En live je reprend un bout de Rape Me (Nirvanandlr) aussi… Pour nos lecteurs, peux-tu revenir sur ce que tu as vu, lu ou ce que tu écoutes en ce moment ? En ce moment j'écoute Blankass, Deportivo, Saez, Lyse, Fun, Gossip, Garbage, Katy Perry… J'ai vu deux fois et beaucoup aimé Polisse, ai pleuré en regardant deux films italiens : Ce que je veux de plus et Encore un baiser… J'ai aussi vu il n'y a pas longtemps Le premier jour du reste de ta vie, que j'aime beaucoup. J'ai lu King Kong Theory de Virginie Despentes, et relu Mordre au travers. Je suis fan des livres d’Olivier Adam, et je relis régulièrement Le mythe de Sisyphe de Camus, Sartre et La machine infernale de Cocteau. D'ailleurs, j'ai vu le très beau musée Cocteau à Menton. Il parait que l'expo Tim Burton est magnifique à Paname, alors, allons y. Sinon j'ai vu la mer, et c'est à la fois le plus beau film, le plus beau tableau et la plus belle musique qui soit. Vous l’aurez compris, ODyl est une artiste qui en a dans le ventre et n’est pas prête à s’arrêter en si bon chemin. Elle nous le prouve d’ailleurs en se produisant régulièrement sur scène. Scène qui lui permet de se faire connaitre du plus grand nombre. Vous pourrez la retrouver pour une session live gratuite le 11 Juillet aux Francofolies de La Rochelle où elle a été sélectionnée pour jouer. En attendant un album, qui on espère verra le jour, vous pourrez découvrir de nouveaux titres par le biais de ses concerts. Une chose est sûre, c'est qu'elle n'a pas peur d'en "foutre partout" avec ce premier EP qui annonce déjà les couleurs de son caractère. ELISE VERGER Maze 13 N°9—Juin 2012



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