Maze n°8 mai 2012
Maze n°8 mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de mai 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 50

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : francoishommande.fr.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LITTÉRATUR RACINE ET SES TRAGÉDIES CLASSIQUES INCONTOURNABLES Après vous avoir fait (re)découvrir Corneille avec Le Cid, Shakespeare avec Roméo et Juliette et Sartre avec Les Mouches, Maze vous présente ce mois-ci un autre grand dramaturge. Nous avons "fêté" il y a deux semaines l'anniversaire de sa mort (il y a 313 ans déjà !), car il s'agit de Jean Racine. Qui n'a jamais entendu parler de cet auteur en cours de français ? Des extraits de ses œuvres sont souvent étudiés, et sa plus célèbre citation, "Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire", est un exemple d'assonance (répétition d'un même voyelle pour ceux qui n'écoutaient pas !) très utilisé. Cependant, son intérêt doit-il se limiter à un cours sur le classicisme au fond de votre classeur de français ? Bien sûr que non, c'est ce que je vais tenter de vous prouver dans cet article. Les pièces de Racine étaient souvent écrites pour Louis XIV ou des nobles de sa cour. Ainsi, lorsque l'on lit une de ses pièces, on s'imagine les représentations grandioses qui avaient lieu au siècle du Roi-Soleil, dans le jardin de Versailles peut-être. Amoureux de cette époque de magnificence, de Versailles et des intrigues à la cour de Louis XIV ? Les différentes pièces de Racine faisaient fureur à l'époque. Ceci marche aussi si vous êtes un admirateur de la Grèce et de la Rome antique, puisque la plupart des pièces sont des épisodes mythologiques (notamment les évènements autour de la guerre de Troie) ou de leur histoire, et que vous les trouverez sûrement plus accessibles que les pièces de l'époque. Vous ne vous intéressez pas à l'Histoire, quelle qu'elle soit ? Ne vous inquiétez pas, il y a une multitude d'autres raisons d'aimer Racine. Vous aimez les histoires sanglantes, vous aimez lire des bouquins où tout finit mal, où les personnages se suicident ou s’entre-tuent ? Vous êtes allergique aux happy end inévitables des livres actuels ? Racine est tout simplement fait pour vous. Quand vous ouvrez l'une de ses pièces, vous pouvez être persuadé qu'il y aura un quota assez important de mort, de sang et de larmes. Plus encore que dans d'autres pièces comme celles de Shakespeare et d'autres tragédien : Roméo et Juliette meurent, mais au moins la paix naît entre leurs deux familles. Vous connaissez beaucoup de pièces où, en l'espace de deux scènes, un personnage se jette dans la mer, un autre est avalé par un monstre marin, et un autre encore s'empoisonne sur scène ? Phèdre, la pièce la plus célèbre, vous offre ce spectacle oh combien réjouissant. Toujours pas convaincu ? Racine plaira aussi à tout poète dans l'âme, et même à toute personne ayant un minimum de sensibilité et d'esprit. Racine joue avec le lexique, avec les sonorités, avec le rythme, et a, sans exagérer, l'une des plus belles plumes du monde théâtral. Les pièces classiques ne fourmillent pas de décors et de rebondissements, mais accordent toute leur importance aux mots, à leur sens comme à leur sonorité. La première fois que vous ouvrirez du Racine, vous aurez du mal à suivre, vous serez gêné de toujours vous référer aux notes de bas de page. Mais petit à petit, tout vous semblera clair et accessible ; à ce moment là, vous pourrez apprécier la beauté des tirades raciniennes. Enfin, si vous êtes plutôt fleur bleue, lire du Racine sera un remède draconien à cet état d'esprit. Il vous suffira de lire quelques pièces, et d'étudier avec attention ce qu'il arrive aux différentes "fleurs bleues" de l'univers racinien : ce qu'Oreste traverse dans Andromaque, si le personnage de Phèdre se porte bien durant la pièce éponyme où elle est prise dans un amour impossible, et enfin ce que devient le couple Bajazet et Atalide dans Bajazet. Je pense maintenant avoir donné assez d'argument pour que vous soyez tous bien convaincus que lire du Racine est INDISPENSABLE dans votre vie. Et comme si cela ne suffisait pas, en temps de crise, Racine est l'un des meilleurs auteurs à lire : la plupart de ses pièces sont trouvables à moins de 5 €. (et dire qu'il faut payer 20 balles x4 pour qu'un vampire et sa copine vivent ensemble pour l'éternité...) Pour clore cet article, une sombre citation très évocatrice de l'univers tragique et sanglant de Mr Racine. Juste pour le plaisir. « C'est peu que de vouloir, sous un couteau mortel, me montrer votre cœur fumant sur un autel. » Jean Racine, Iphigénie LÉO
LITTÉRATURE LES AMOURS dYERVALIENNES Sylvie. Ombre insaisissable, image rêvée, chimère magnifique, voici de quoi se nourrit ce texte que son auteur, Gérard de Nerval, qualifiera comme étant "la meilleure de ses nouvelles". Retraçant l'histoire d'un amour platonique d'un jeune homme pour une actrice parisienne, elle met en exergue une véritable quête intérieure de la compréhension de l'amour éclairé par une plume romantique. La nouvelle s'ouvre par cette phrase "Je sortais d'un théâtre où tous les soirs je paraissais aux avant-scènes en grande tenue de soupirant". D'emblée le thème principal de la nouvelle qui fut publiée pour la première fois dans la revue des Deux Mondes en 1853 est palpable. Il s'agit de l'amour. Amour qui pour cet auteur romantique, fortement imprégné par les œuvres allemandes, notamment celles de Goethe, pour qui il traduisit Faust –pièce traitant de la vanité humaine et d'un amour platonique salué par un pacte avec le diable- ne peut être allié qu'à la perfection, voire à la divinisation de la figure féminine ici incarnée par cette actrice, Aurélie, seulement contemplée, et véhicule de la réflexion du jeune homme. Toute la puissance de la nouvelle réside alors dans l'évocation du passé, qui, au fil des lignes, s'entrelace étroitement au présent sous le jour de la demiconscience, soit du passage très mince entre le rêve et la réalité, état cher à Nerval. Ainsi la figure aérienne de l'actrice se superpose sur celle du premier véritable amour du narrateur, Adrienne. Rencontrée trois ans auparavant, lors d'une soirée champêtre au pied d'un château de son enfance, l'auteur transcrit cet état de trouble et de contemplation dans lequel l'a plongé la vue de la belle Adrienne aux boucles d'or, qui descendante d'une famille alliée aux anciens rois de France, avait été autorisée, pour une soirée seulement, à participer aux jeux des villageois. Le temps d'une ronde aura suffit à l'écrivain pour trouver là sa muse la plus prolixe, dont bien des années plus tard, il ne cessera de chercher des visages ressemblant plus ou moins au sien afin de les aimer, puisque la véritable Adrienne aura fait le choix de vivre pieusement et de s'engager dans les ordres. Le prénom Sylvie interpelle alors, pourquoi donc ce titre ? Le troisième chapitre -puisque la nouvelle s'articule autour de quatorze chapitres- intitulé "Résolution",/2mÀ/ ; _i apporte la clé du mystère. Puisque la trame de l'amour est ici reine, ce prénom appartient à une autre fille, qui avant la venue d'Adrienne, partageait l'affection du jeune homme. Décrite comme étant "la plus belle fille" de ce petit village bucolique nommé Loisy dans lequel prend place le souvenir, elle est en comparaison d'Adrienne "si pauvre" que le regard du jeune homme s'en détourne, ébloui par les splendeurs juvéniles de l'aristocrate. Cependant le remord le gagne et, ce garçon à demi somnolant, est soudain prit d'une irrésistible envie de revoir la belle villageoise, jadis dédaignée. Se levant précipitamment, et n'ayant aucune montre -le temps s'arrêtant de manière significative à cet instant de la nouvelle, qui d'entrée était placée sous le signe de la temporalité avec la référence aux Heures, soit les trois filles de Zeus représentant les saisons- le jeune homme se met donc en quête des terres Valoises de son enfance afin de retrouver les origines



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