Maze n°7 avril 2012
Maze n°7 avril 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de avril 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 8,7 Mo

  • Dans ce numéro : interview exclusive Lussi in the Sky.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 20 - 21  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
20 21
CINÉMA - CRITIQUE HUNGER GAMES : UN FILM A LA HAUTEUR DES LIVRES ? L’adaptation au cinéma d’un best-seller est toujours un pari risqué, mais pourtant un passage obligé pour un succès comme Hunger Games. En le voyant, les lecteurs pourront ressentir une pointe de déception, tandis que ceux qui ont seulement attendu avec l’énorme buzz médiatique ce film le trouveront à la hauteur de leurs attentes. Rappelons-le rapidement, Hunger Games c’est l’histoire dystopique d’un futur où 12 Districts sont sous l’autorité du Capitole, qui chaque année organise une sorte de jeux télévisés. Dans ces jeux, les tributs, un garçon et une fille de chaque District, sont tirés au sort le jour de la Moisson. Ils doivent s’affronter à mort dans une arène, jusqu’à ce qu’il n’y ait qu’un seul gagnant. Lors de la 74ème édition, c’est Katniss qui se porta volontaire comme tribut à la place de sa sœur pour le District 12. Le premier bon point est une adaptation quasi exacte du déroulement du livre et des principaux retournements, notamment dans l’arène, on peut donc facilement suivre l’histoire. Cela est favorisé par un plutôt bon casting pour des personnages secondaires, comme Haymitch, Cinna, Effie, Flickerman, ou encore certains tribus commeRue, la Renarde, et les excellents Carrières (tribus entrainés pour les Hunger Games) au sommet de leur arrogance. Les personnages principaux, cependant, comme Katniss et Peeta, manquent sérieusement de complexité et de profondeur. Les décors, en particulier ceux du District 12 et du Capitole, correspondent bien à ceux que le livre nous laissait imaginer. La musique par contre peut laisser perplexe, car en effet à des moments où l’émotion devrait être à son comble il y a… un blanc, ou une musique trop peu expressive, qui ne nous fait pas accrocher à la scène, car elle en est dédramatisée (par exemple lors de la Moisson). Mais a contrario, elle peut être très forte sur des scènes de démonstration de force Maze 20 N°7 — Avril 2012
(justement), comme lors de la parade des tribus. En vue de tous ces points positifs, il y a quand même du négatif, notamment dans l’arène, où on n’y est pas. Entre les scènes dédramatisées, un rythme plutôt étrange ainsi qu’une forte difficulté à comprendre les pensées deKatniss, on devient un spectateur passif comme si tous ces Hunger Games étaient normaux… Et c’est bien là le problème, car il y a quand même quelque chose qui dérange dans cette adaptation, surtout pour les lecteurs des livres. En effet, elle passe à côté de toute la dimension dérangeante de ces Hunger Games, on entre au contraire dans le jeu comme si on était un habitant du Capitole… Et tout est fait pour qu’on le reste ! Car en plus de cela, même avant d’avoir vu le film, nos propres médias nous ont matraqués de Capitol Couture, vernis à ongles Hunger Games à l’effigie d’Effie, de « Sponsor a tribute «, etc… Par là, nous ne pouvons pas comprendre les soulèvements, la rébellion du District 11 aperçue rapidement, et tout le mal être et la complexité que l’on peut ressentir en lisant les livres. Seule la vidéo de propagande diffusée lors de la Moisson rappelle que Panem (le Capitole et les Districts) est une dictature totalitaire embrigadée par le Capitole grâce à une forte propagande des médias, et notamment de la télévision. Mais là aussi, comme pour les jeux, elle peut être mal interprétée par les spectateurs, qui peuvent comprendre que le Capitole est très bien, et que les Districts méritent de payer leur passé par les Hunger Games. S’ajoute à cela la romance entre Katniss et Peetaqui est trop poussée (ou plutôt bien moins approfondie), où l’on ne comprend presque que la surface des « amants maudits du District 12 ». En effet tout nous pousse à croire en cet amour entre eux, et seuls quelques éléments nous montrent qu’ils jouent la comédie. Et c’est là que l’on tombe dans du gnangnan, dans des comparaisons peu flatteuses avec Twilight, mais aussi dans un thème qui plait beaucoup au grand public, l’amour, mais de l’amour de trop. Du coup, on peut se demander comment la seconde adaptation sera introduite, car, sans avoir lu les livres, on se demandera « Mais d’où vient la rébellion ? Mais pourquoi Katniss n’est-elle plus avec Peeta ? » Cela peut porter à confusion rapidement si les enjeux ne sont pas remis au centre… En attendant, aux amateurs des livres (qui sans doute l’ont déjà vu), je le conseille en prenant garde toutefois à ne pas voir une aussi grande complexité en images. Mais les autres, courrez-y, et prévoyez un détour chez votre libraire à la sortie pour bien mieux apprécier et comprendre Hunger Games ! LAURIE Maze 21 N°7 — Avril 2012



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :