Maze n°45 novembre 2015
Maze n°45 novembre 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°45 de novembre 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20 Mo

  • Dans ce numéro : autopsie du cinéma français.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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74 Maze Novembre 2015 Littérature Fitz O’Brien le Poe celtique Sur l’étagère des auteurs méconnus se dresse la tranche d’un livre jauni interrogeant l’oeil du passant avec son titre intriguant  : Qu’était-ce ?. Recueil de nouvelles de l’irlandais Fitz James O’Brien, il conte des histoires fantasmagoriques aussi terrifiantes qu’envoûtantes, histoires qui ont donné le surnom mérité du Poe celtique à son auteur. Qui était Fitz James O’Brien ? Né en 1828 à Cork, O’Brien fit des études de journalisme à Dublin avant d’oeuvrer à Londres, puis entreprit de créer son propre magazine littéraire à 21 ans, nommé The Parlour Magazine of the Literature of All Nations, après avoir perçu un héritage familial conséquent. Hélas, l’affaire périclite assez rapidement et Fitz se retrouve sans le sou. C’est à ce moment-ci qu’il décide de quitter l’Irlande pour s’expatrier à New-York, l’un des principaux centres névralgiques littéraires d’alors. Commence dans ce nouveau monde une vie de bohème favorisée par sa rencontre avec le journaliste et éditeur Henri Clapp, surnommé The King of Bohemian dont il devient l’un des favoris. De fait, Fitz fréquente et s’épanouit dans les milieux jugés révolutionnaires comme le Charles Pfaff’s beer cellar, traduisez en français « la cave à bière de Charles Pfaff », qui était connue pour être le berceau des bohémiens du village de Greenwich. Fitz y fera toutes sortes de rencontres, allant de celles littéraires à celles scientifiques -le nom de l’endroit Pfaff étant lui-même un clin d’oeil à un célèbre mathématicien de l’époque- ce qui ne manquera pas d’influer sur les textes qu’il publie pendant neuf ans dans le magazine culturel, littéraire et politique nommé le Harper’s new monthly magazine. Ses contributions à ce papier sont de l’ordre de 31 nouvelles et de 32 poèmes. A noter qu’en parallèle, O’Brien écrit de même régulièrement pour de nombreux papiers, publiés ou non, dont l’Atlantic Monthly ou bien le Saturday Press dirigé par son ami Clappet se voulant être une réponse au Monthly magazine. Un auteur fortement engagé Tout à cette frénésie littéraire, Fitz le bagarreur -il est en effet dit de lui qu’il n’hésitait pas à en venir aux poings lors des débats de lettres mouvementésse sentit tellement impliqué dans la vie de cette Amérique en plein bouleversement, qu’il décida de s’engager dans la guerre de Sécession dès que le soulèvement civil intervint en 1861. Souhaitant être envoyé au front, il se retrouve néanmoins à un poste de recruteur et tout en accomplissant avec distinction son devoir, il profite de cette place relativement sûre pour écrire des vers patriotiques, ce qui lui vaudra d’être récompensé pour sa bravoure en 1862. Ironie du sort, c’est lors d’un déplacement vers un champ de bataille qu’il se fait tirer dessus par un soldat confédéré quelques jours après sa distinction. Fait étrange, cette blessure avait été prédite par O’Brien lui-même comme en témoigne l’une des lettres d’Albert R. Waud, l’un de ses compagnons d’armes, à William Winter, le biographe non-officiel du cercle Claff, relatant ce que lui aurait confié une nuit le Poe Celtique  : « One night I rode with him to the camp [...], where the evening passed pleasantly [...]. Some one sang the song, from ‘Don Caesar de Bazan,’then ‘Let me like a soldier die.’Next morning he (O’Brien) started, to join the General (Lander) at Harper’s Ferry. As we rode he kept repeating the words of the song ; said he appreciated it the more, as he had a presentiment
Littérature « Trop peu traduites en français, les productions d’O’Brien gardent encore bien des secrets pour qui les ressort de l’ombre, mais ces pièces valent la peine de s’y attarder » that he should be shot, before long. He would not be rallied out of it, but remarked that he was content ; and, when we parted, said good-bye, as cheerfully as need be. » 1. La prédiction accomplie, cette blessure non mortelle l’emportera néanmoins du fait des mauvais soins prodigués entrainant l’apparition du tétanos et conduisant O’Brien à une agonie d’environ deux mois. En ce sens, sa carrière littéraire fut relativement courte puisqu’il disparut à 34 ans sans avoir réellement publié de recueil de nouvelles ou bien de théâtre, genre auquel il s’est essayé avec succès avec des pièces telle que A Gentleman from Ireland et Sisters (1854). Le recueil Qu’était-ce ? Qu’était-ce ? est un recueil posthume de sept nouvelles choisies d’Obrien, paru en France en 1984 aux éditions du Terrain Vague. Présentes en grande partie dans les colonnes de journaux, ces histoires traitent de faits étranges, quasiment surnaturels, que les héros tentent d’appréhender en usant de prime abord de leur raison avant de se rendre à l’évidence ; des mondes plus ou moins sensibles croisent leur simple réalité, rendant à cette dernière une profondeur insoupçonnée qu’ils se proposent conjointement d’explorer. C’est donc par la porte d’une maison hantée que commence l’incursion du lecteur dans ces univers, avec la nouvelle éponyme Qu’était-ce ?. La chasse aux fantômes espérée par les nouveaux occupants attirés par la renommée du lieu, laisse tout d’abord pantois, nul événement notable ne se produisant mais c’est ici que réside l’un des traits particuliers d’O’Brien, à savoir que sa plume installe progressivement la présence de l’autre, de ce qui n’est pas encore connu et ne le sera somme toute, jamais vraiment. Ce fantôme, cet invisible évoqué avant même de paraître, ne se fait sensible que par le sens du toucher. Invisible donc mais pas impalpable. C’est ce qui amène le narrateur, un locataire, à lutter une nuit entière avec ce drôle d’être et l’ayant immobilisé, à émettre l’idée de faire un moulage de ce corps étrange, froid et transparent. Ici réside déjà le caractère novateur d’O’Brien puisque jamais un être invisible n’avait encore pris place en littérature ; de même, le surnaturel n’avait pas encore été traité sous le jour d’expériences scientifiques. Ce caractère érudit se retrouve dans une seconde nouvelle, La Lentille de diamant, 2 mettant en scène les recherches d’un étudiant passionné par les mondes microscopiques et finissant par se perdre en l’un d’eux après avoir ciselé une lentille de microscope parfaite, toute en diamant 3 qui lui permet de pénétrer les molécules mêmes d’une goutte d’eau où réside un monde idéal abritant la plus belle femme que l’étudiant ait jamais vu. Mais hélas, la mort sanctionne toujours les objets de désir et d’intérêt des héros, à l’image de cette femme éphémère nommée Animula qui succombe au fur et à mesure que la goutte s’évapore sur la plaquette d’observation, ou bien cet être invisible, ligoté et soumis à l’étude qui finit par mourir de faim. Ne restent vivants que les héros, généralement narrateurs des intrigues, après 75



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