Maze n°19 mai/jun 2013
Maze n°19 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mai/jun 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 94

  • Taille du fichier PDF : 30,2 Mo

  • Dans ce numéro : ce qu'on vous a caché sur le Bac...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CINÉMA ART Keith Haring : une rÉflexion sur le monde On connait tous le nom de Keith Haring. Malgré tout, beaucoup se méprennent. Ce n'est pas seulement le créateur de petits bonhommes et de chiens colorés, que l'on voit régulièrement décorer stylos, tee-shirts et autres accessoires. C'est bien plus que cela ! Le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris (MAMVP), allié avec le CENTQUATRE, propose du 19 avril au 18 août la plus grande rétrospective jamais consacrée à cet incontournable artiste de la culture pop. En plus de 250 œuvres, les deux musées, complémentaires, retracent l'engagement politique de l'artiste. The Political Line nous fait ouvrir les yeux, et (re)découvrir la vie trépidante de Haring, trop courte (1958-1990), mais pourtant très riche ! Toiles immenses, bâches, statuts, rames de métro ou son Pop Shop, c'est un foisonnement de supports que nous présentent ces deux expositions. Le CENTQUATRE ne couvre que de très grandes œuvres, comme les Dix commandements, panneaux de sept mètres de haut, criant de vérité dans leur réinterprétation. Cette œuvre a été réalisée en trois jours au CAPC de Bordeaux, en 1985, relevant ainsi d'une performance incroyable, étant donné le travail titanesque réalisé. Pourtant, ce n'est qu'une mise en bouche ! Il existe des objets encore plus impressionnants, parfois choquants, toujours étonnants, colorés ou bichromes, mais surtout engagés. LE CENTQUATRE est frustrant, tant on veut en savoir plus. Le MAMVP permet d'assouvir cet appétit intellectuel qui a été grandement ouvert. La visite commence par ses premières œuvres, où ses figures récurrentes prennent forme. C'est comme cela que l'on découvre ce que chacune symbolise, ce que chacune défend. Car effectivement, Haring avait un code que l'on découvre au fil de la visite. Peu à peu, on comprend mieux le personnage. Keith Haring est homosexuel, atteint du Sida, et concerné par la politique, mais c'est surtout sa grande sensibilité aux horreurs quotidiennes qui nous touche. Il dénonce sans concessions des régimes liberticides et inégalitaires comme l'apartheid en Afrique du Sud. Sa vie a aussi été animée par une lutte sans relâche contre le crack, les rapports sexuels non protégés, le racisme ou les horreurs de la guerre. La consommation et les médias de masse en prennent aussi pour leur grade, avec Andy Mouse, figure hybride d'Andy Warhol et de Mickey Mouse plutôt inquiétante. C'est le capitalisme qu'il attaque dans sa lucidité : bien qu'il soit son ami, Andy Warhol est présenté comme un homme d'affaire. L'hégémonie des Etats-Unis et de leur monnaie, le dollar, réalisée sur le dos des autres, le répugne, comme en témoigne de grands aplats de peinture. Il y aussi la religion, considérée comme restrictive pour l'individu, car le contrôlant. Il vise spécifiquement extrémistes religieux et fondamentalistes, et considère que : "Les gens qui font le plus de mal sont ceux qui prétendent connaître les réponses", tout ceci dans le respect de la foi individuelle. Serpents ou croix étouffantes (qui s'immiscent dans les corps, voire dans les cerveaux) sont souvent présents. Si l'on doit résumer, Keith Haring a une vision apocalyptique de la société. La fin du monde est d'ailleurs un thème omniprésent, la mort est toujours là, c'est une fatalité, elle est inévitable. Après des heures passées à observer, à disséquer le travail du street artiste, c'est une certaine violence, une vision sanguinaire et pessimiste du monde que l'on peut retenir. Assoiffés de liberté totale et d'égalité, allez-y, vous découvrirez un homme qui a donné corps et âme pour des causes auxquelles il croyait. La protestation passait, passe et passera toujours par l'art. Tel est le message de Keith Haring, personnage torturé. - Louison Larbodie Maze 88 Mai-Juin 2013
CINÉMA ART Le trouble de civilisation à l'avènement de la Photographie Pablo Picasso qui s'était intéressé au portrait par une approche réaliste aussi bien que cubiste, c'est-à-dire travaillant la représentation de la face humaine du réalisme à l'abstraction, rapporte dans ses Écrits un questionnement qui concerne toute l'histoire du portrait : « Faut-il peindre ce qu'il y a sur un visage, dans un visage ou derrière un visage ? ». En nous rapportant à cette question comme le point de départ de la réflexion, il semble important alors de distinguer le réalisme de l'idéalisme. Pour utiliser d'autres formes du langage plus signifiantes, on peut se référer à Charles Baudelaire qui, dans son texte Salon de 1846 (au chapitre IX « Du Portrait »), explique qu'il existe deux manières de comprendre le portrait : l'histoire et le roman. La première est de rendre « fidèlement les contours et le modelé du modèle » tandis que la seconde est « de faire du portrait un tableau, un poème avec ses accessoires, plein d'espace et de rêveries ». Il semble évident que le portrait (et son histoire) se sectionne en deux approches que sont, d'après ce qui vient d'être dit, l'identité (le réalisme) et l'intimité (l'idéalisme). Louis XIV couronné par la victoire devant Namur - Pierre Mignard - 1692 Au XIXe siècle, le romantisme amène à la réconciliation de ces deux extrêmes. Cette réconciliation introduit un trouble de civilisation qui, amplifié par le bouleversement de l'invention de la photographie, va totalement changer les modes de représentations jusqu'à faire dominer l'idéalisme, ou plutôt, faire surgir l'idéalisme du réalisme, l'intimité de l'identité, le sublime du grotesque. C'est là tout l'enjeu du romantisme, de faire concilier la double nature de l'homme qu'est sa nature matérielle, le corps, et sa nature idéale, l'âme. Mais au-delà de cette réconciliation, le romantisme Réalisme et Idéalisme mis en œuvre dans le portrait ou Quand l'intimité surpasse l'identité. (et tout le genre du portrait dès lors) trouve son accomplissement dans la subjectivation, dans l'intimité. Non dans une intimité personnelle, dans le plus profond d'un être, mais dans l'intimité qui nous conduit à l'autre, car « on ne promeut de plus intérieur à soi qu'en s'ouvrant à l'extérieur de l'autre » (De l'intime, Francois Jullien). Le réalisme n'exclut pas une part d'idéalisation, mais elle consiste seulement dans le choix d'une seule attitude caractéristique. Le portrait du roi, comme celui de Louis XIV en vêtements de sacre peint par Hyacinthe Rigaud en 1701, c'est l'illusion de l'idéalisme. Là où nous tendons, c'est le portrait où l'intimité d'une personne surgit, mais aussi un portrait qui soit le rappel vers cette intimité. C'est ainsi qu'on peut concevoir toute l'entreprise du portrait, dans une ligne du temps qui s'étend du Moyen-âge à nos jours, comme d'un mouvement qui va du réalisme à l'idéalisme, de l'identité jusqu'à l'intimité. Portrait de Jean de Julienne - Jean-Antoine Watteau - 1715-20 Après le retour de ce genre oublié par les représentations des donateurs ou des personnalités religieuses (saints, papes), à la cours de France, le roi décide de prouver sa puissance et celle de sa famille par le portrait comme outil de propagande. Cette décision vient de l'insuffisance de sa repré- Maze 89 Mai-Juin 2013



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