Maze n°19 mai/jun 2013
Maze n°19 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mai/jun 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 94

  • Taille du fichier PDF : 30,2 Mo

  • Dans ce numéro : ce qu'on vous a caché sur le Bac...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 52 - 53  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
52 53
CINÉMA American Beauty : quand beauté se conjugue avec vanité Droits Réservés Il y a de ces films qui nous marquent pour longtemps et qui hantent nos mémoires car pour nous les spectateurs, ils sont un cri de vérité. American Beauty fait indéniablement partie de ces films. Sorti en 2000, le réalisateur Sam Mendes, doté d’une vision ultra lucide, traduit la catharsis d’une époque. Retour sur ce magnifique pamphlet contre le fameux "American way of life", qui révèle la face cachée du American dream. Tout commence et se termine dans l’une de ces banlieues résidentielles idéalisées où vivent des millions d’américains de la classe moyenne : les Burnham sont l’une d’entre elles. Sam Mendes nous dépeint tout d'abord le portrait de chaque personnage qui se fissure un peu plus au cours du film car les apparences peuvent être ô combien trompeuses ! Sous les pelouses parfaitement entretenues et les photos de familles impeccables, la structure familiale est souvent au bord de la rupture et les protagonistes cachent une certaine détresse existentielle. Lester, le mari et le père, est le personnage type du loser, il est totalement transparent aux yeux de sa femme qui d’ailleurs le méprise. En effet, Carolyn, l’épouse et la mère, est à la fois névrosée et hystérique. Carriériste et matérialiste, elle est en plein échec professionnel quand elle trompe son mari avec son concurrent dont elle admire frénétiquement la réussite : pour cause, Buddy Kane est l’antithèse de son mari. Lester est également une honte pour sa fille Jane car à chaque fois que cette dernière ramène une copine à la maison, il ne peut s’empêcher de paraître émoustillé comme un adolescent. Introvertie et gothique sur les bords, Jane est le stéréotype de l’adolescente mal dans sa peau. ses personnages. En effet, tous les personnages sont fascinants et attachants, même les personnages secondaires sont traités dans leurs paradoxes et leur complexité et surtout, chacun a un rôle déterminant au sein du scénario. Il y a l’amie de Jane, Angela, qui est une lycéenne aguicheuse qui se révèle en fait être vierge ; Lester tombera sous son charme. Un ancien militaire psychorigide qui a des tendances fasciste se révèle être un homosexuel refoulé ; c’est lui qui tuera Lester d’une balle dans le crâne une nuit de déluge, et son fils Ricky étrange et voyeur avec une caméra qui quitte rarement ses mains ; Ricky et Jane tomberont amoureux l’un de l’autre. Tous les personnages se révèlent être des allégories : ils représentent chacun un archétype de la société américaine. Droits Réservés De bout en bout, American Beauty est parsemé d’allégories et de symbolismes. La couleur est omniprésente dans le film, grâce aux roses que l'on retrouve partout, jusqu’à l’affiche. La rose est symbole de désir, de passion, de la fureur de vivre et donc de la jeunesse, de la vie. C’est pour cela L’un des génies d’American Beauty réside dans le traitement que Carolyn apparaît comme une femme castratrice dès le Maze 52 Mai-Juin 2013
départ : au début du film, elle coupe les roses de son jardin. En effet, c’est elle qui domine au sein de leur relation conjugale. Au contraire, lorsque Lester s’abandonne à ses fantasmes, il est toujours envahit par un déluge de pétales rouges. Le rouge et les roses sont toujours associés à Angela dans ses rêveries, elles sont l’objet de sa convoitise ultime. C’est pourquoi Angela sera l’élément déclencheur. Avec ses lèvres pulpeuses, elle minaude devant Lester, le père de son amie Jane qui n’était déjà pas insensible à son charme, et il en tombe éperdument amoureux. A partir de cet instant, Lester se réveille de son existence léthargique. Le père de famille invisible qu'il était veut être vu par Angela, il fait donc de la musculation pour entretenir son corps, démissionne de son travail en touchant une grosse indemnité et retrouve un travail dans un fast-food car il veut un travail « sans responsabilités ». A partir de cet instant, il s’émancipe pour redevenir un adolescent : il se met à fumer de l’herbe, à s’acheter une voiture de sport rouge flamboyante et à écouter les Pink Floyd au volant de celle-ci. Le personnage de Lester est d'autant plus transcendé par l’immense interprétation de Kevin Spacey. Droits Réservés Outre une critique grinçante de la société américaine, le titre American Beauty annonce aussi un éloge de la beauté absurde du monde. Une beauté palpable, vue et ressentie à travers Ricky, un jeune dealer étrange porté par un Wes Bentley terriblement charismatique et fascinant. Ricky est le personnage qui détient le monopole de la sensibilité, il incarne un romantique moderne, qui, déchu de tous, voit ce que les autres ne voient pas. Oscar Wilde a écrit : « la beauté est dans l’œil de celui qui regarde. » En extrayant de la beauté dans les détails de l’existence, les yeux de Ricky CINÉMA sont pourvus d’une incroyable acuité. Une acuité que l’on peut comparer à celle de la figure du cinéaste (surtout que Ricky n’est jamais sans sa caméra à la main), Sam Mendes a-t-il voulu se mettre en scène à travers le personnage de Ricky ? Si c’était le cas, cette tâche a été accomplie d’un coup de maître. La séquence du sac plastique qui s’envole et qui danse au vent est exceptionnelle, la caméra de Ricky/Mendes arrive à capter cette temporalité imperceptible où soudain la quintessence de la beauté se mêle à l’insoutenable légèreté de l’être : elle me paraît légitimement comme l’une des plus belles séquences du 7ème art. Et les mots que Ricky déclare sur ces images ne font que renforcer la magnificence de cette séquence : « Et parfois je me dis qu’il y a tant de beauté dans le monde que c'en est insoutenable. Et mon cœur est sur le point de s’abandonner. » D’une légèreté grave, American Beauty est une brillante tragédie comique sur la face cachée de la société américaine. Il y a pour Sam Mendes comme une certaine nécessité de traiter de nos vies vaines et de nos existences aveuglées par des priorités nourries de concepts vides, qui fournit une œuvre clef du 7e art. - Lisha Lecacheur Pu Maze 53 Mai-Juin 2013



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 1Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 2-3Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 4-5Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 6-7Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 8-9Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 10-11Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 12-13Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 14-15Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 16-17Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 18-19Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 20-21Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 22-23Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 24-25Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 26-27Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 28-29Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 30-31Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 32-33Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 34-35Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 36-37Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 38-39Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 40-41Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 42-43Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 44-45Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 46-47Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 48-49Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 50-51Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 52-53Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 54-55Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 56-57Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 58-59Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 60-61Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 62-63Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 64-65Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 66-67Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 68-69Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 70-71Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 72-73Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 74-75Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 76-77Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 78-79Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 80-81Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 82-83Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 84-85Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 86-87Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 88-89Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 90-91Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 92-93Maze numéro 19 mai/jun 2013 Page 94