Maze n°19 mai/jun 2013
Maze n°19 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°19 de mai/jun 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 94

  • Taille du fichier PDF : 30,2 Mo

  • Dans ce numéro : ce qu'on vous a caché sur le Bac...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LE CLASH MUSIQUE INDOCHINE - COLLEGE BOY Le harcèlement scolaire, c'est pas bientôt fini ? Bien qu'on en parle souvent, mais malheureusement pas assez, le harcèlement scolaire reste un sujet tabou et fait toujours l'actu. En France, on recense (d'après le site du ministère de l’Éducation Nationale) 10 à 15% des jeunes se sentant victimes de ces violences. Quelqu'un de différent (que ce soit par son physique, sa personnalité, son orientation sexuelle...) se faisant insulter, frapper, humilier par ses camarades, d'où le harcèlement scolaire, peut conduire à d'énormes conséquences : dépression, troubles psychologiques, crises d'angoisse voire même suicide pour certains cas... Caché chez les jeunes victimes et leur entourage (peur d'en parler à des personnes de confiance, de ne pas être pris au sérieux), le harcèlement scolaire a fait l'objet de tristes faits-divers ces derniers mois dans l'Hexagone : suicide d'un enfant qui était roux suite aux moqueries de ses camarades, mort d'un lycéen après avoir subi un coup de couteau par son voisin de classe... Autant dire que ce problème, désormais présent dans la majorité des écoles avec des incidents de plus en plus fréquents, doit être réglé rapidement. Suite aux mauvais chiffres (13,6 graves incidents pour 1000 élèves recensés dans les lycées généraux et technologiques, 15 incidents dans les collèges et les lycées professionnels, selon le Système d'Information et de Vigilance sur la Sécurité scolaire (SIVIS)), le ministre de l’Éducation Nationale, Vincent Peillon, a mis en place l’automne dernier une délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre ces violences. Mais peut-être faudrait-t-il s'inspirer de nos voisins les finlandais ou encore les allemands (moyens de prévention touchant les enfants durant plusieurs années), afin de réduire ce problème ? Droits Réservés En tout cas, le problème de la violence scolaire est évoqué depuis un petit moment dans le domaine artistique. Notamment par la sortie récente du dernier clip d'Indochine, College Boy, créé par le réalisateur québécois Xavier Dolan (Les Amours Imaginaires, Laurence Anyways...). L'intrigue : un ado homosexuel solitaire qui se fait insulter et frapper par ses camarades, jusqu'à se faire crucifier et être tué à coups de revolver. Le tout sous les regards des profs et des élèves, tous les yeux bandés, et même pour certains de ses camarades, à filmer la scène de la crucifixion avec leurs portables. Et à peine le clip sorti qu'il fait déjà polémique. Le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) envisage une interdiction de ce clip aux moins de 16 ans, voire même aux moins de 18 ans, à cause de ces images (à l'heure où nous bouclons ce numéro, nous ne savons toujours pas la décision finale). Cependant, ce clip n'est pas plus choquant que ce qu'on peut voir actuellement à la télé, notamment les clips incitant à l'homophobie, à la violence ou encore la "télé-poubelle" par exemple. Droits Réservés Très peu d'artistes ou de groupes en France (on peut citer aussi le groupe de rap Stupeflip et leur chanson Le Spleen Des Petits, sortie en 2011, parlant de la violence scolaire en maternelle et primaire) parlent de cet inquiétant phénomène, que ce soit par la musique ou les clips. Bien que College Boy (la chanson) parle de différence et de tolérance (notamment l'homosexualité, qui sera rejointe par la violence scolaire dans le clip), deux thèmes chers à Indochine, ces deux œuvres peuvent inciter à sortir les victimes du silence et à en parler sans tabou. Et peut-être qui sait, à inciter le gouvernement à installer des mesures plus importantes que celles prises actuellement... - Marion Poncel Maze 36 Mai-Juin 2013
LE CLASH MUSIQUE INDOCHINE - COLLEGE BOY Le clip College Boy d'Indochine, réalisé par le jeune réalisateur québécois Xavier Dolan a été mis en ligne il y a quelques jours. J'ai été tellement mortifiée suite à son visionnage, que je me suis donnée la tâche d'expliquer pourquoi, à mon sens, ce clip est un désastre à la subtilité proche du néant total. Se donnant le rôle de dénoncer, Xavier Dolan nous offre du grand n'importe quoi, une leçon de morale grossière et limpide. On part du principe que ce clip, par sa violence exagérée, va faire bouger les mentalités. D'une durée de 6 mn, en format 1:1, filmé avec un filtre noir et blanc, il nous installe au cœur d'une vieille école riche, de pierre et de casiers de bois, où les élèves portent l'uniforme et écrivent à la craie sur des tableaux d'ardoise ; univers qui n'est pas sans rappeler les écoliers de Doisneau. Le premier personnage identifié, rieur, est celui qui s'avérera être le leader et l'initiateur des brimades à l'encontre du second personnage. Le second personnage étant le héros mais également la victime, nous posant ainsi les bases d'une vision archaïquement manichéenne. Droits Réservés Le personnage central, dans un murmure, se fait jeter des boulettes de papier, puis un stylo, dans l'ignorance superbe du professeur. La musique démarre à 01:12, après la sonnerie. Commence alors une escalade, lourde et maladroite au possible, de dégradations sur l'enfant-victime et de représentations de sa solitude. On lui vole ses chaussures, on lui abîme son casier, ses parents rient dans l'insouciance la plus totale ; il rêve d'être ce beau sportif qui attise les foules et gagne le cœur des pom-pom girl (du bon stéréotype pur et dur), puis à mi-chemin de la vidéo, vers 3:20, les garçons qui le harcèlent passent aux choses sérieuses. Ils l'attrapent et le jettent du haut d'un escalier, commencent à le battre, à lui pisser dessus, le tout en contre plongée afin de tenter d'immerger le spectateur à la place du brimé. A côté, les élèves, les yeux bandés continuent de jouer, mine de rien, se chuchotant parfois à l'oreille, montrant que leur cécité n'est pas absolue, peut-être. Si ici le message est : "Quelle est la limite à la violence pour que vous fassiez enfin quelque chose ? ", la question que je pose est "Où est la finesse ? " Par la suite notre pauvre personnage, déjà bien abimé, se fait crucifier sous le regard bandé de ses camarades et professeurs, puis enrouler dans des guirlandes de lumières comme un sapin de Noël glauque. Cette volonté de faire du poétique est tellement marquée, qu'elle donne finalement quelque chose de fade, voir d'abject et méprisable. Si ces bandeaux sont là pour montrer que tout le monde est aveugle devant la violence, c'est d'une cruelle transparence. Et pourquoi ces références christiques ? Jésus meurt pour expier les péchés des êtres humains, nous tous, les fautifs. Dolan tenterait-il par là de nous faire la plus grande leçon de morale de notre existence entière ? Comme ce n'est pas suffisant pour Dolan, pendant que son héros se noie dans sa bave et son hémoglobine, il lui fait exploser le poitrail à l'arme à feu, puis taser par des flics sortis d'on ne sait où. Droits Réservés Beau tableau. L'obscénité est complète. Si l'on veut ici montrer la destruction psychologique d'un enfant harcelé en la représentant de manière physique, on fait, là encore, face à un gros manque de subtilité. La mise en scène est tellement importante qu'elle finit par rejeter la réalité présente et vécue qu'elle prétendait dénoncer au départ. Le réel se meurt. La violence exacerbée, pleine de symboles, d'allégories, de références, perd de vue son engagement premier. On mélange ici l'esthétisme et les choses qu'on doit à priori appréhender avec crainte et délicatesse sans quoi on passe rapidement pour un imposteur. Après un demi-sourire du tyran, le Mal rejoint l'école sans souffrir d'aucunes consé- Maze 37 Mai-Juin 2013



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