Maze n°17 mars 2013
Maze n°17 mars 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de mars 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 58

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'art graphique aujourd'hui.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LITTÉRATURE CINÉMA Dans le cochon, tout est bon ! Le scandale fait vendre, Marcela Iacub l'a bien compris. Stratagème douteux pour se faire une réputation dans le milieu du livre ou bien véritable inconscience ? Difficile à dire. Néanmoins la sortie de ce pavé fait polémique entre les anti-DSK, ses défenseurs et les autres, qui trouvent cela juste honteux. Droits Réservés Le scandale fait vendre, Marcela Iacub l'a bien compris. Stratagème douteux pour se faire une réputation dans le milieu du livre ou bien véritable inconscience ? Difficile à dire. Néanmoins la sortie de ce pavé fait polémique entre les anti-DSK, ses défenseurs et les autres, qui trouvent cela juste honteux. Se servir de la littérature pour salir un peu plus la réputation déjà entachée d'un homme, voilà la seule inspiration qui est venue agiter l'esprit de cette femme, juriste et chercheuse au CNRS. Girouette insaisissable, on se souvient de son livre intitulé Une Société de Violeurs qui traitait de la question du viol après la surmédiatisation de l'affaire DSK. Elle prônait alors une analyse froide de l'agression sexuelle et dénonçant la montée au créneau abusive des féministes, mais elle emprunte désormais le chemin inverse avec Belle et Bête, installant la tête de Dominique Strauss-Kahn sur le billot et maniant sa plume comme une hache. Sacrifice prémédité ou véritable inconstance ? Des mails troubles circulent sur le net, dont celui-ci, censé émaner de la juriste franco-argentine. "Après tant de mensonges et d'esclandres, je me sens obligée maintenant de te dire la vérité. [...] Je me suis laissé entraîner dans un projet te concernant auquel je n'aurais pas dû participer. Les gens avec lesquels j'ai travaillé m'ont un peu dégoûtée après coup parce qu'ils se sont servis de moi comme d'un instrument pour te nuire. Et ce n'est pas cela que je cherchais. Je te jure. Je ne voulais pas te nuire mais essayer de comprendre ce phénomène étrange que tu es. [...] Il m'a fallu te faire croire que j'étais éprise de toi, que j'étais folle de toi." Donnant à qui veut l'entendre des raisons elles-aussi obscures sur les motifs qui l'ont poussée à écrire ce livre, Marcela Iacub avance censément trois explications plausibles à son projet. La première est que DSK la fascinait autant qu'il la révulsait, à tel point qu'un irrépressible besoin de comprendre cet homme était né, doublé d'une tendance suicidaire -ce qui est sa seconde justification- censée avoir trouvé en ce "cochon" une arme de destruction massive pour qui l'étudierait. L'ultime raison peut laisser sourire. Marcela se compare tout simplement à une sainte (oui, oui) : " je suis une sainte (...) je voulais le sauver ". Peut-être que le chemin de la rédemption n'est pas le même pour tout le monde dans ce cas... « Je voulais créer une théorie de l’amour à partir de ma situation : une nonne qui tombe amoureuse d’un cochon. Une nonne qui se détourne de la grandeur de l’amour divin pour se vautrer dans les ordures. » C'est en vain que Strauss-Kahn aura tenté de faire interdire la publication de cet amas de racontars romancé à souhait, et présenté comme un "champ d'expérimentation littéraire"- comme le précise Marcela Iacub dans une interview : "Pour les scènes sexuelles, j'ai été obligée de faire appel au merveilleux". Basé sur le sexe, ce livre voit donc sa colonne vertébrale réduite en cendre, et l'on peut penser que la victime après coup est bel et bien cette fameuse Iacub, manipulée impunément par plus forte qu'elle. Paru sur les étals le 27 février, on ne peut que vous encourager à passer votre chemin et à acheter de VRAIS LIVRES, traitant de la VRAIE LITTÉRATURE. [Cet article n’engage que son auteure et non pas l’ensemble de la rédaction du magazine Maze, B.T. et Q.T. Rédacteurs en chef] - Marine Roux Maze 36 Mars 2013
NOUVELLE CINÉMA Des nouvelles de la parcelle-monde L'équipe était composée de Jean-Marc, philosophe reconnu mondialement, d'André, vieil astrophysicien de renom, de Sam, jeune informaticien de génie, que les tests de QI donnaient pour surdoué, et de Camille, artiste engagée de vingtneuf ans. Le Président de la République en personne les avait convoqués dans son bureau à l'Élysée pour les sommer de travailler ensemble. « Il faut que la France devienne une puissance dans le domaine de l'universologie. Il en va de la survie scientifique de la Nation. » Le Président, qui croyait à l'aboutissement du projet, leur avait donné des crédits illimités. Depuis que les Américains avaient été les premiers à fabriquer une parcelle-monde, et que les Chinois s'étaient lancés dans la course, il était devenu urgent que les forces françaises se penchent sérieusement sur l'universologie. À l'intérieur de la création, c'était le big bang : des étoiles se formaient et l'univers commençait à s'étirer, à se coaguler. Brillant Perkington se rendit compte qu'il pouvait, à partir de son ordinateur, interagir sur ce monde en bombardant de données sa création. Les jours suivants, il tenta d'ordonner les étoiles et les planètes : la première parcelle-monde était née ! La nouvelle fit vite grand bruit, et les équipes du monde entier cherchèrent à former à leur tour des parcelles-mondes. En moins de trois années, six univers avaient déjà été créés et des dizaines avaient été avortées. Brillant Perkington, la veille de Noël, annonça sur les chaînes universelles qu'il comptait maintenant œuvrer pour peupler son univers le plus abouti d'une humanité qu'il espérait éduquer. Son pari fou lui coûta la vie, il fut assassiné deux jours plus tard par un catholique fanatique qui refusait, comme son Église, que l'homme se mette à se prendre pour Dieu. Le souvenir de Brillant Perkington perdura, et le Président de la République nomma donc une équipe pour créer une nouvelle humanité dans un nouvel univers artificiel et l'éduquer. Rien qu'en consommation énergétique, le projet coûtait quinze milliard de nouveaux euros. Pour éviter tout débat stérile sur son coût, le projet fut tenu top secret. On chargea Jean-Marc de conceptualiser la pensée de cette nouvelle humanité. Avec des collègues philosophes, ils débattirent pendant des semaines sur l'utilité ou non de passer par la religion pour éduquer l'humanité, autour de tables rondes décentralisées sur tout le territoire français. André dût, avec Camille, créer le design de la terre qui allait accueillir l'humanité, que Sam modélisa. Il fallait que l'univers soit logique par rapport aux lois de la physique et de la biosphère, tout en ayant, selon les vœux du Président, « de la Droits Réservés gueule ». Le six février, on bombarda la parcelle-monde pour créer cette terre viable que l'on nomma pompeusement « Cette discipline était née, presque par hasard, quelques années plus tôt, lorsque Brillant Perkington, de l'université de aux autorités mécènes, bien que les membres de l'équipe Nouvelle-France » par pur patriotisme et pour faire plaisir Harvard, avait combiné dans le monde clôt de son laboratoire physique et informatique. Il avait eu l'ingénieuse idée l'appelèrent entre eux tout simplement « Terre ». de bombarder de données binaires des neutrons dans un Le seize février, après vérification de la qualité de l'eau et de accélérateur de particules. Il espérait pouvoir modeler une l'air rendu pur par les premières plantes, on y envoya des nouvelle matière en fonction de ce qu'il avait programmé animaux dessinés par Camille et numérisés par Sam. Voyant sur son ordinateur, supposant que les neutrons bombardés que tout avait l'air de marcher, on envoya Adam et Ève, qui prendraient la forme de ce qu'il cherchait, non sans de gigantesques coûts énergétiques. Alors qu'il cherchait à syn- cette terre artificielle. Les deux êtres semblaient se plaire sur ressemblaient bizarrement au Président et à son épouse, sur thétiser ainsi du pétrole, qui venait à manquer sur terre, leur caillou perdu dans leur univers. La France avait une longueur d'avance sur les autres pays du monde qui n'arrivait l'incroyable s'était produit : Brillant Perkington avait obtenu, dans une incroyable explosion de lumière qui avait manqué de le brûler vif par son intensité, une boule noire de la de leurs humains : on sabra le champagne. pas encore à assurer la qualité de l'air nécessaire à la survie taille d'un ballon de football. Sur l'écran de son ordinateur, un immense zoom sur sa création lui fit comprendre qu'il D'autres humains vinrent s'ajouter sur la planète. Ils furent venait de mettre au monde par hasard un univers en formation. Dans la boule noire zoomée des milliers de fois, les Ce fut là que les premiers ennuis commencèrent. L'un des en quelques jours cinquante hommes et femmes nomades. atomes se fissuraient, se cognaient les uns contre les autres. Maze 37 Mars 2013



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