Maze n°16 février 2013
Maze n°16 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : où en sommes-nous avec la Liberté ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Où en est notre société avec la liberté ? 1111111111111 (c) Droits Reservés La liberté... concept qui s'offre à nos yeux chaque jour, dont le parfum depuis le début de l'humanité enivre et attire, rêve de tout homme qui a un jour connu la servitude, du travail, de la vie. Liberté chérie tu nous promets tant de choses, nous appelles à nous sacrifier pour toi. Nous promet ou nous promettait ? Que promet-elle désormais ? Dans une société construite en grande partie sur sa recherche, qu'est-elle devenue ? Nous est-elle favorable ? Cette idée découlant de notre désir d'émancipation n'est-elle pas devenue antinomique de sa réalité ? Ou est-elle toujours le but ultime des individus ? Notre société depuis les années 60 a entamé une révolution des mœurs, prônant la libération par rapport aux anciennes valeurs et nous promettant d’être bien moins soumis à l’avenir aux règles des parents. Gagné ! La nouvelle société a été neuve et belle, s’est émancipée, a autonomisé les jeunes, rendu la rencontre des sexes possible, etc... Oui, tout est devenu plus accessible, moins strict, les idées ont jailli, brassant des réflexions sur le monde, des projets politiques, autant de points qui se discutaient, qui apparaissaient au grand jour dans le mouvement qui venait de naître. Et aujourd’hui que reste-il de cette liberté si durement conquise ? Elle a rendu libre même ceux qui ne le voulaient pas, car oui, la liberté est quelque chose qu’il faut choisir pour qu’elle puisse avoir du sens, que celui qui décide d’être libre décide aussi de renoncer à autre chose. Notre société actuelle ne veut pas renoncer à ses privilèges, veut tout avoir, le beurre et l’argent du beurre, le sourire de la crémière pour finalement la critiquer. Pauvre société qui joue avec la liberté et qui agonise par elle. Cette société en tuant les règles issues de la religion en a instauré de nouvelles : voici venu le temps de l’image, de l’hyper consommation ! Manège infernal de la représentation et du voyeurisme. L’Occident a remplacé dieu par les stars, les livres par la télé, les sentiments par de l’esbroufe. Le monde est devenu un énorme système de production matérialiste et superficiel. Notre liberté n’a plus d’autre limite que celle de nos désirs, les renouvelant en permanence pour mieux les détruire, encore et encore. Cependant la liberté reste ce que notre société a de plus beau à offrir, un objectif qui cimente l’évolution du genre humain. D’elle, découle la prise de conscience de soi, de son indépendance et l’accès à la réussite. Mais le problème de notre époque c’est que la liberté n’est plus le combat pour le règne d’une certaine justice mais paraît être devenue la capacité d’accéder aux médias ou à l’exhibition de soi. Alors on provoque, on se donne en spectacle, là où la reconnaissance ultime est celle du star système. A ce jour, anecdotes croustillantes sur des chanteuses Maze 8 Janvier 2013
et même des politiques font la une, tous sont entrés dans l’arène de la presse et des tabloïds. Mais si la provocation est une des composantes de l’accès à la liberté, elle peut être également d’une pauvreté navrante Si le besoin de liberté a été une réalité, il se pourrait bien qu’il ne soit plus qu’une vaste supercherie visant à nous vendre quelque chose. Pauvre société dans laquelle les idéaux s’essoufflent pour donner de la puissance au commerce et aux apparences. Il n’y a plus de sens dans ce méli-mélo de contradictions et d’artifices, on aimerait que renaissent de grandes idées, des rêves, ou peut être juste un peu de place pour la beauté. Oui, cette société à force de vouloir une forme de liberté qui laisse derrière elle ce qu’elle a de plus beau ; » -Ileallila, r- _. n- - 1-'le ri'MA Mill'hir.. mt'M I,'%• ente.'•'Ire"... MIE&• 1=971.1 17ro"vr•r-.. 1=7../...jrZi -. " "'én.:•'_FF-.• - de:21111PIA Rhea'ffl.• Io„1 I% 1:,7. Ir..,,. - - 5.-1-e, Z6, arnffrr-'Miki Vigil » C.13 iii9h."•.1• Ur de. _i. -.• « MM lieje.. Fin- r'-'I t l'À-nem,. w..- - - Illnerpmi. -1.. -, 1% Mais sera-t-on un jour vraiment libre dans notre société ? Peut-on être libre tout court ? La liberté totale est sans doute une utopie, mais nécessaire à tout changement, et elle a toujours une part d’elle-même qui s’inscrit dans le réel. Alors société réveille toi ! Car c’est peut : la formation des idées, le développement de soi et sa capacité a être, va finir par s’asphyxier dans son propre opium, se désagréger dans la masse de la com’. Cette liberté a pris la forme d’un canapé où les révolutions se font désormais, sans un bruit, sans un élan d’action, devant le poste de télévision. La liberté de notre société c’est la liberté de ne plus penser, la liberté de ne plus agir. On impose aux gens des désirs, on les force à se dire que « oui...peut être, je veux une voiture, oui peut être, je veux la même chose que l’autre ». Mais qu’on se rassure, il y aura toujours des idées, toujours un livre traînant dans un coin, un peu de vrai, d’authenticité quelque part.'= (-:111. r - 4 être ça au fond, le vrai sel de la liberté : la force de la remise en cause. Symbole d’une société qui bouge et qui se transforme, pour le meilleur comme pour le pire. Camille Chardon Maze 9 Janvier 2013



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