Maze n°16 février 2013
Maze n°16 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : où en sommes-nous avec la Liberté ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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(c) Droits Reservés Maze 36 Janvier 2013
Daniel Day Lewis, acteur à part Il interprète Abraham Lincoln, le rôle-titre du nouveau film de Steven Spielberg. Il est déjà considéré comme le favori pour l’Oscar du Meilleur Acteur tant son interprétation à l’air d’être à l’image de l’étendue de son talent. Portrait d’un acteur souvent considéré comme le meilleur de sa génération. Daniel Day Lewis est né le 29 avril 1957 à Londres. Fils d’un poète célèbre de l’époque et d’une actrice, il grandit dans un univers artistique. Il connait une jeunesse mouvementée et ses parents l’enverront rapidement en pension. Day Lewis y comprend vite qu’il n’a que deux passions, auxquelles il se dévouera entièrement pendant toute sa vie : le métier d’acteur et le travail du bois. Il fera même une pause dans sa carrière au cinéma pendant cinq ans pour devenir ébéniste. Mais c’est en 1976 qu’il décide définitivement de se lancer dans le cinéma en découvrant Taxi Driver, de Martin Scorsese. C’est en effet la remarquable performance de Robert de Niro qui l’incite à devenir acteur. Après plusieurs représentations théâtrales, il fait en 1982 une apparition dans le biopic Gandhi qui valut un Oscar à Ben Kingsley. Mais c’est en 1986 que l’on commence à prendre conscience de l’étendue de son talent. Il interprète en effet deux rôles tout à fait opposés, celui d’un homosexuel d’un parti d’extrême droite dans My Beautiful Laundrette, de Stephen Frears et celui d’un jeune bourgeois dans Chambre avec vue. Et l’année suivante, il marque un peu plus les esprits par son interprétation d’un jeune médecin tchèque dont les relations sentimentales vont être bouleversées par le Printemps de Prague, dans l’adaptation de L’insoutenable légèreté de l’être. C’est dans ce film qu’il commence à réellement employer sa propre vision de « l’acteur studio ». En effet il apprend à parler tchèque, même si le film est tourné en anglais, afin de pouvoir mieux maîtriser l’accent. De même, il ne quitte pas son rôle pendant le tournage. C’est cette méthode qui fait sa singularité. Et c’est cette méthode qui lui vaut d’être considéré comme l’un, si ce n’est le, meilleur acteur de sa génération. En habitant ainsi ses personnages même en dehors du tournage, il arrive à les créer de toutes pièces, à les explorer totalement et à ne faire qu’un avec eux. Il emploie encore cette méthode pour My Left Foot en 1989. Pour ce film dans lequel il interprète un poète irlandais infirme, il passe toute la période du tournage en fauteuil roulant et se fait nourrir à la petite cuillère. Cela lui vaudra son premier Oscar. Il continue d’employer cette méthode pour Le dernier des Mohicans de Michael Mann. Ainsi, il s’isole dans la forêt, apprend à pêcher, à dépecer les poissons, à construire des canoës, à se battre à la manière de l’époque. De même pour Le Temps de l’innocence de Martin Scorsese, il portera des hauts de formes, des capes et utilisera une canne pour déambuler dans New-York, à la manière de l’aristocratie des années 1870. Pour jouer le Boucher dans Gangs of New- York de Scorsese toujours, il travaille dans une boucherie avant le tournage et passe son temps, entre les scènes, à couper de la viande et à aiguiser ses instruments de travail. En 2008, il remporte son second Oscar pour son interprétation magistrale dans There Will Be Blood. Et son interprétation de Lincoln, pour laquelle il se fit appeler « Monsieur le Président » durant le tournage, pourrait bien lui valoir sa troisième statuette. On dit de sa prestation qu’elle est magistrale, impressionnante, et on emploie toutes sortes d’autres qualificatifs qui paraissent parfois insuffisants pour décrire la justesse de celle-ci. Day Lewis a tout lu sur Lincoln afin de pouvoir l’interpréter de la meilleure manière possible. Il s’est imprégné de ses discours et a aussi déclaré s’être inspiré de Barack Obama, admirateur de Lincoln, dont l’usure du pouvoir après quatre années se constate physiquement, mais dont la maturité se constate dans les allocutions selon l’acteur. Si cette méthode porte ses fruits, elle nécessite beaucoup de temps de préparation avant le tournage, mais aussi beaucoup de temps pour sortir de son rôle après le tournage. C’est pour cela que Day Lewis sélectionne ses films et tourne très peu. Il a en effet tourné moins de vingt films depuis 1970. Il a dû refuser pour cela plusieurs grands rôles dans des films tels que Philadelphia ou La liste de Schindler par exemple. Sa méthode lui vaut aussi d’être considéré comme un schizophrène tant son investissement pour son rôle est total. Mais il est surtout considéré comme un acteur total, unique et impressionnant. On le décrit comme le meilleur acteur anglo-saxon car chacune de ses interprétations est un surprenant tour de force, qui ne s’avère jamais décevant. Il est un acteur exigeant envers lui-même, perfectionniste, capable de jouer tous les registres, aussi bien pour un film indépendant que pour une superproduction hollywoodienne. Et il est aussi un acteur capable de concilier la popularité auprès du public et le respect des critiques. Toute l’étendue de son talent se constate un peu plus à chaque nouveau rôle et il parvient toujours à étonner, surprendre et à susciter l’admiration des critiques comme celle du public. Enfin, il est aussi un modèle pour de nombreux acteurs, Ewan Mc Gregor a même avoué vouloir abandonner le cinéma se pensant beaucoup moins bon que lui. Si sa méthode fait de lui un acteur à part, unique dans le paysage cinématographique actuel, il considère lui qu’il n’est pas « assez bon comédien pour procéder différemment ». Elle a en tous cas fait de lui une référence pour de nombreux cinéphiles. Philippe Husson Maze 37 Janvier 2013



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