Maze n°16 février 2013
Maze n°16 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : où en sommes-nous avec la Liberté ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
mettant en scène les ancêtres du Kux Kux Klan, rappelant quelques peu les Monty Python, est une vraie réussite, j'en ai encore les côtes douloureuses. Et la musique. La musique. La musique. Un puits hétéroclite passant du Rick Ross à du James Brown, faisant un petit détour par Ennio Morricone, sans oublier la large part des compositions originales. Malheureusement placées sans surprise, avec une précision horlogesque, une organisation (c) Droits Reservés La deuxième lourde déception se situe dans un final explosif (pas nécessairement dans le bon sens du terme) où Tarantino détruit consciencieusement tout ce qu'il a construit précédemment, brutalement, comme si, après avoir érigé un gâteau immaculé de sucre glace et patiemment zébré d'ornements pâtissiers, il explosait son dessert sur le sol et sautait à pieds joints dessus au moment venu de le servir aux spectateurs. Je reste figée sur ma faim par ce qu'il me semble être un choix artistique et scénaristique teinté d'une certaine absurdité enfantine. En conclusion, Django Unchained (nominé dans 5 catégories aux Oscars) est un très bon petit film, drôle, honnête, insolent, un véritable plaisir, empreint d'une forte personnalité, et à la patte reconnaissable d'un réalisateur unique en son genre, et ainsi je vais contre les haters du oh combien mainstream Quentin Tarantino. Non, ce n'est pas son meilleur film, oui il est facile par certains d'aspects et il semblerait que notre cher Quentin se repose par moments un petit peu trop sur ses lauriers, MAIS il serait complètement malhonnête de nier toute l'innovation, sa volonté palpable d'aller à contre-courant et sa terrible et heureuse ambition toujours présente. C'est une explosion pour les sens, la combinaison du plaisir et de la qualité. Le burger d'un grand restaurant. Dois-je vous rappeler que le Cinéma est le seul art populaire The D is Silent : Django Unchained un petit peu décevante. Leonardo Di Caprio, auprès de qui les critiques se sont littéralement encensés, lui décernant d'avance l'Oscar du Meilleur Acteur après lequel il court en vain depuis des années, est la vraie déception de Django. S'appuyant ses acquis, Léo nous livre un jeu fade, à peine à sa mesure, relevé par deux petites crises de colère naïvement servies au spectateur. qui a réussi ? Tarantino est dénudé de prétention, à l'inverse de nombre de réalisateurs à l'ego surdimensionné, ne citons personne, à mille lieux de tout contact avec le spectateur, cherchant principalement à défendre leur reconnaissance en tant qu'artiste plein de profondeur. Tarantino défend les minorités, il est profondément féministe et tolérant, et brise les règles. Tarantino est l'enfant perdu puis acclamé, du Septième Art. Et vous auriez tord de vous priver. Marion Poncel Maze 30 Janvier 2013
(c) Droits Reservés Lincoln, le nouveau chef d’oeuvre de Spielberg Grandiose. Tel est le biopic de Steven Spielberg. Telle est la performance de Daniel Day Lewis. Le grand favori de la prochaine cérémonie des Oscars mérite bien ce statut tant ce film est un chef d’œuvre. Le réalisateur américain signe avec son vingt-septième film un véritable cours d’histoire américaine. En effet, le scénario explore les quelques mois qui ont précédé le vote pour le treizième amendement abolissant l’esclavage aux Etats-Unis. L’intelligence du scénario est de se fonder sur la bataille législative pour, à partir de là, faire comprendre au spectateur qui était Lincoln. Ce qui se révèle très intéressant alors c’est le côté intimiste du film. On est au cœur de la Maison Blanche, au cœur des relations entre Lincoln et sa famille, et au cœur de Lincoln lui-même. Pendant près de deux heures trente on apprend à connaître ce président qui se révèle être incroyablement intelligent, instruit, fin politicien et fidèle à ses valeurs. Mais on apprend aussi à connaître ce président rongé par la mort de son fils, habité par le désespoir mais qui n’abandonne pas pour autant la tâche qui l’incombe. C’est alors à un cours de droit constitutionnel que l’on a à faire. On comprend comment la Chambre en est venue à adopter le célèbre amendement. Les scènes de débats législatifs sont d’ailleurs très réussies, elles illustrent bien la bataille pour l’égalité qui a fait rage. On ne peut cependant pas nier que le film a quelques longueurs. Si le scénario, inspiré d’un ouvrage de référence sur Lincoln, est lui-même très réussit et avec de très bons dialogues, il demeure certaines scènes qui n’apportent pas grand-chose au film. Pour autant, on ne peut pas dire que le film soit long ou ennuyeux ce qui, pour un film de deux heures trente, est une performance en soit. Venons-en au réalisateur. Spielberg nous a habitué à de grands films, à de grandes fresques historiques, parfois spectaculaires, toujours réussies. Mais Lincoln n’est pas un film spectaculaire. C’est une fresque sobre, marquée par l’Histoire, probablement inscrite dans celle-ci. On est loin de la photographie de La Liste de Schindler, où le noir et blanc était un choix judicieux, ou de celle du Soldat Ryan où la première demi-heure fait véritablement vivre l’enfer du débarquement allié. Non, dans Lincoln la photographie n’a rien d’exceptionnelle mais elle reste néanmoins réussie et remarquable. Reste alors les acteurs. La performance de Daniel Day Lewis est tout simplement incroyable. L’acteur est magistral. On a l’impression d’être devant le Président américain. Il n’a négligé aucun aspect du Président, de la voix à la démarche, tout y passe et tout fait revivre la grande figure du XIXe siècle. L’acteur est véritablement habité par le personnage, totalement effacé derrière son rôle, il crève totalement l’écran. Sa célèbre technique de ne pas quitter son rôle tout le temps du tournage, même lorsqu’il ne tourne pas, porte ses fruits et il nous livre une prestation tout à fait sublime. La performance de Tommy Lee Jones n’est pas pour autant effacée par celle de Day Lewis. Au contraire, il livre lui aussi une très belle interprétation. Sally Field, qui interprète l’épouse du Président, ne démérite pas non plus. Vous l’aurez compris, ce film est une véritable réussite. Un véritable chef d’œuvre. A voir ! Philippe Husson Maze 31 Janvier 2013



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :