Maze n°16 février 2013
Maze n°16 février 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de février 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : où en sommes-nous avec la Liberté ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Fin de partie pour Lance Armstrong Elle a recueilli les confidences et les états d'âme de nombreuses personnalités américaines : Oprah Winfrey a donc été jeudi 17 et vendredi 18 janvier l'interlocutrice privilégiée d'un des plus grands sportifs de l'histoire, Lance Armstrong, septuple vainqueur du Tour de France cycliste. Accusé depuis maintenant près de deux ans d'avoir utilisé des produits dopants lors de ses sept victoires sur la Grande Boucle, le Texan qui avait toujours nié en bloc ces accusations, a fini par avouer face à la plus célèbre des présentatrices télé. (c) Droits Reservés La fin du mythe A-t-il pris de l'EPO ? Oui. A-t-il eu recours à des transfusions sanguines ? Oui. A-t-il pris de la testostérone ? Oui. Voilà en substance ce qu'Armstrong nous a révélé, dans cet exercice de communication parfaitement réglé. Le visage fermé, l'air presque penaud, c'est un champion déchu tout à fait différent du compétiteur que nous connaissions qui est apparu à l'écran. Sans son habituelle arrogance et sans aucune assurance, Lance Armstrong a donc égrené un à un tous les délits qu'il a commis durant ses années de coureur cycliste professionnel. "A l'époque on ne pouvait pas gagner sans se doper" a dit Armstrong dans sa tentative brouillonne de justification. Après les aveux sur les faits, Armstrong a parlé de sa vie, cette vie "trop parfaite", cette histoire "trop belle" pour être vraie : rescapé d'un cancer, sept victoires sur le Tour, un mariage qui se passe bien, des enfants dont il est fier. Tout cela n'était pourtant qu'un mensonge, a-t-il dit à Oprah Winfrey. La reconquête Nous l'avons dit l'exercice de communication était bien rôdé. D'habitude placide, Armstrong a semblé montrer de l'émotion, au bord des larmes même, au moment d'évoquer son fils, qui lui a demandé si ce qu'on disait sur son papa était vrai. Oui mon garçon, tout cela était vrai. Ton père a triché : l'agence américaine antidopage (USADA) l'a dit, une grande partie du monde cycliste avait des doutes depuis longtemps, et maintenant ton père l'a reconnu luimême. Armstrong n'est donc rien de plus, mais il n'est rien de moins non plus qu'un tricheur. Un des nombreux tricheurs que le cyclisme professionnel a connu, connaît encore et continuera à connaître. Il a déshonoré son sport, ses collaborateurs, sa famille et aussi sa fondation, Livestrong, engagée depuis longtemps en faveur de la lutte contre le cancer, dont il a dû quitter la présidence au moment des accusations de l'USADA. Aujourd'hui, l'Américain dit vouloir se concentrer sur la reconquête de son public, de ceux qu'il a trahis. Armstrong le paradoxal Seulement, Armstrong voudrait nous faire croire qu'il s'est dopé, qu'il a menti, et que c'est donc son seul crime d'avoir menti. Eh bien non monsieur le champion, pardon de vous le dire, mais non seulement vous avez menti, mais vous avez triché. Simplement triché. Ce qui veut tout de même dire qu'aucune de ses victoires ne s'est jouée à la loyale. Alors on va dire "oui mais tout le monde était dopé ! ". Ce n'est pas une raison. A ce moment là, il vaut mieux attraper tous les tricheurs, plutôt que de continuer à cautionner les mensonges d'un voleur de victoires. A cause de lui, sept lignes au palmarès resteront vierges. De plus, cet homme Maze 12 Janvier 2013
(c) Droits Reservés à l'apparence gentille qu'il avait lors de son interview contraste fortement avec l'attitude qu'on l'accuse d'avoir eu avec ses anciens coéquipiers. Les témoignages sont unanimes, Armstrong a intimidé ses coéquipiers pour les obliger à se doper, et ainsi lui donner les moyens de gagner. Suivre le programme du docteur Ferrari, telle était la ligne à adopter pour garder sa place dans l'équipe. Et encore après, il aurait dit à son ancien coéquipier Tyler Hamilton (confondu pour dopage lui aussi, il avait gagné une étape de montagne en solitaire avec une clavicule cassée) au moment de son audition devant le tribunal du sport : "Je vais faire de ta vie un p***** d'enfer sur Terre." pour éviter qu'il n'en dise trop. Les vrais problèmes dans cette histoire sont multiples. D'abord, Armstrong n'a rien dévoilé de son système de dopage à grande échelle : les fournisseurs de produits, les médecins etc... Ensuite, il n'a pas dit un mot sur la fédération internationale de cyclisme, l'UCI, soupçonnée par beaucoup de l'avoir couvert pendant des années. Enfin, cette mascarade télévisuelle visant à réhabiliter un tricheur est tout sauf le bon exemple pour notre génération et celles qui suivent, à l'heure où s'ouvre en plus le procès de l'affaire Puerto et du fameux docteur Fuentes, un des plus gros scandales du dopage en masse. Oprah Winfrey n'a peut être pas fait le meilleur choix en offrant une telle tribune à ce champion déchu et abandonné de tous, qui cherche aujourd'hui un hypothétique pardon de la part de ceux qu'il a trahis. Kevin Dufrêche Maze 13 Janvier 2013



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