Maze n°15 janvier 2013
Maze n°15 janvier 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de janvier 2013

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 13,6 Mo

  • Dans ce numéro : rencontre avec Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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La chasse aux sorcières Aujourd’hui, nous allons aborder un sujet qui ne ressort qu’en des temps troublés, des temps sombres et incertains, des temps où malheureusement des catastrophes se produisent et où l’on cherche des coupables comme dans tout acte répugnant perpétré par l’être humain. Comme vous le voyez, l’article Jeux Vidéo de 2013 ne parlera pas tout à fait de jeux vidéo, mais de la véritable chasse aux sorcières engagée depuis ses débuts pour accuser un comportement qu’aucun ne peut comprendre. Alors demandons-nous si au siècle prochain il ne sera pas difficile de s’avouer amateur de jeux vidéo comme véritable gamer tout-terrain sans craindre les rejets du monde extérieur envers un monde encore trop inconnu pour les non-initiés. Fin Novembre dernier, rappelez-vous cet article de la journaliste Claire Gallois de Le Point dans lequel elle fait l’apologie des méchants gamers tout vilains qui passent leur (c) Droits réservés temps à jouer à des jeux violents en invoquant des noms comme Anders Breivik, responsable d’un attentat et d’une tuerie en Norvège perpétrés sur des jeunes d’un parti politique différent du sien. En plus de se sentir un peu insultés, rappelons que Mr Breivik prônait dans son « Manifeste 2083 » qui est, n’ayons pas peur du poids des mots, un véritable « Mein Kampf » des temps modernes, l'ultranationalisme, l'islamophobie, l’antiféminisme et le nationalisme blanc entre autres parmi toutes les joyeusetés que ce manifeste contient. Breivik avait déclaré à la presse s’être préparé mentalement pendant une année entière sur des jeux comme Call Of Duty et World Of Warcraft, respectivement l’un des jeux de simulation de tir haute définition les plus appréciés du public et un jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs à l’ambiance médiéval-fantastique tiré de la série Warcraft. Maintenant, essayons un peu de comprendre ce que les médias ont tenté de faire avaler aux masses crédules en quête de réponses même farfelues : Anders Breivik était un homme déclaré schizophrène par les médecins, qui avait des crises de délires où il s’imaginait guidé par une organisation Templière afin d’être le nouveau dirigeant de la Norvège. Totalement conscient de ses actes, il place une bombe, fabriquée artisanalement à partir d’engrais chimiques qu’il détenait grâce à la possession de sa ferme bio, qui dévaste le centre d’Oslo puis, vêtu comme un agent des forces de l’ordre, il débarque sur une île où avait lieu un rassemblement politique de jeunes sympathisants sociaux-démocrates et tire à l’arme automatique sur ces jeunes, faisant au total plus de 77 victimes confirmées. Jusque-là, tout a l’air normal, les gens ne comprennent pas comment un schizophrène ultra-conservateur, raciste et xénophobe a pu commettre de tels actes de barbarie. Dingue non ? Et puis vient la grande déclaration de cet homme qui dit jouer à des jeux vidéo, ça y est ! Ne cherchons pas plus loin, nous avons trouvé les coupables, des monuments de violence ont forcément dû tourner la tête de ce pauvre homme jusqu’à le rendre complètement dingue, c’est sûrement toute cette barbarie dans les jeux qui a dû le pousser à faire ça… On évoque aussi le cas de ce garçon de 16 ans qui tue sa famille en Corse. Les rapports des « experts » à la cour mentionnent que, je cite : "Les jeux vidéo habituent à l'excès. Ils font croire que la Maze 36 Janvier 2013
mort est une solution et qu'on peut recommencer indéfiniment puisqu'on a plusieurs vies. On a beau colorer le sang en vert, il y a une répétition de la destruction délibérée qui maintient le joueur dans une fascination parfois sans borne." Ce rapport fait suite à la déclaration de l’adolescent qui nous raconte qu’il avait entendu une voix et n’avait pas pu y résister. Les enquêteurs ont très certainement dû retrouver des jeux vidéo chez lui, mais une question demeure toutefois dans mon esprit : dans la société actuelle régie par la télévision et la suprématie évidente du vidéo-ludique, que peut bien avoir envie de faire un ado de 16 ans ? Toujours dans son même article, Claire Gallois dénonce l’exemple des membres des forums du célèbre site JeuxVidéo.com, adeptes des jeux vidéos sinon que feraient-ils sur ce genre de site ? On nous colle à l’arrachée un exemple de commentaire trouvé sur le forum : « Il était plongé dans le noir dans une salle de bains ultrafroide. Il entend les 12 flics s'avancer..., il se lève en mode Fus Ro Dah, tire, met un high kick sur un bouclier. Il aurait pu tenter le 1080... » Affublé de la remarque : « Même les services secrets ignorent peutêtre ce langage codé. » Ici, on nous montre à quel point les joueurs sont des êtres mystérieux, solitaires qui parlent en langages codés entre eux et qu'EUX SEULS PEUVENT COMPRENDRE puisque nous nous définissons nous-mêmes comme une communauté indépendante avec des blagues contenant des références inhérentes à un monde que nous seuls pouvons comprendre. Imaginez-vous seulement un instant un boulanger dans une conférence sur la physique quantique dire à son voisin : « Je suis sûr qu’il parle avec une sorte de langage codé ! » Et plus simple encore, imaginez une poule qui aurait trouvé un couteau… L’article ne serait pas aussi controversé s’il ne contenait pas de magnifiques références aux diverses violations de la convention de Genève concernant la torture de prisonniers dans les jeux de guerre ou dans les MMORPG les plus connus comme World Of Warcraft où il faut même rapporter la tête de ses ennemis comme preuve de leur extermination. Maintenant, on va se remettre dans le contexte : imaginez-vous à l’époque du Moyen-Âge. Vous êtes chevalier, héros de votre état et votre Roi vous donne pour ordre de châtier le félon local à grands coups de glaive et pour preuve de son trépas, vous rapporterez sa main, sa tête, un pied ou deux mètres d’intestin, à vous de voir. A cette époque, il est normal de prouver la mort d’une personne afin d’être bien certain qu’elle ne portera plus jamais atteinte au commanditaire dudit massacre. Or à l’heure actuelle, pour prouver la mort de menaces potentielles, on les montre aux journaux télévisés.. Les méthodes changent mais la finalité reste la même. On rigole quand même doucement quand on nous dit que les jeux auxquels nous jouons ne respectent pas la convention de Genève. A ce moment-là, je ne sais pas combien de films et de livres ne la respectent pas non plus ; mais faute de culture pour tous les citer, on s’attaque à ce qui est le plus facilement condamnable. La seule chose qui ne choque ici c’est qu’à aucun moment on ne parlera de la réglementation PEGI (pour Pan European Game Information) créée en 2003 et dont la mission sacrée est de fournir des informations au consommateur sur le contenu qu’on peut trouver dans les jeux vidéo comme des allusions à la drogue, au sexe, à la violence ou à la discrimination. La réglementation PEGI comporte également un âge minimum à respecter pour l’accès à tel ou tel jeux. Qui doit être blâmé alors ? Le revendeur qui ne prend pas le temps de vérifier l’âge du joueur pour l’accès au média ou le parent qui achète le jeu sans prendre le temps d’en analyser le contenu ? On en voit tous les jours des mineurs qui achètent de l’alcool dans les grandes surfaces où dès que les caissières voient un peu de poils au menton se disent qu’il doit être majeur. Doit-on alors se sentir moralement responsable ? f mine 139112131 Du coup, j’ai pris un bloc-notes et un stylo pour aller recueillir les avis de la populace sur la façon dont elle perçoit les jeux-vidéo. La question était très simple : « Pensez-vous que les jeux-vidéo peuvent pousser à tuer quelqu’un ? » SebastienC. 35 ans et père de 2 enfants avoue que même s’il joue à des jeux comme God Of War ou Dante’s Inferno, il ne lui viendrait jamais à l’idée de tuer sa famille. MoniqueL. 54 ans me dit que ses enfants ont grandi avec les jeux et qu’après avoir fait des études, ils ont maintenant une bonne situation mais sans jamais avoir tué quelqu’un. Karim H. 19 ans quant à lui estime que si les médias n’en faisaient pas toute une histoire, les gens ne penseraient pas que les jeux sont dangereux. Par la suite, j’ai décidé de cibler les parents en leur demandant s’ils faisaient attention aux normes PEGI quand ils achètent des jeux pour leurs enfants. Voici les réponses recueillies : Jacques F. 42 ans pense qu’il est obligatoire de vérifier si quelque chose dans les jeux serait susceptible de choquer ses enfants ; il avoue par la suite se fier d’abord à la jaquette du jeu, me désignant pour l’exemple, le jeu Zom- Maze 37 Janvier 2013



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