Maze n°14 décembre 2012
Maze n°14 décembre 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de décembre 2012

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Association Inspira-Maze

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 6,8 Mo

  • Dans ce numéro : retour sur 2012.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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sa frontière. Ici, il y avait des Espagnols armés prêts à arrêter tous ceux qui essaieraient de passer en Espagne. Le Dr Mendes dit aux réfugiés rassemblés sur une grande place à Hendaye : « Ne posez pas de questions, Suivez-moi. » Après avoir laissé aux réfugiés le temps de se préparer pour suivre sa voiture, le Dr Mendes se mit en route. - Où est-ce qu’il nous emmène ? – demanda ma mère - Je ne sais pas ; je n’en ai pas la moindre idée. Mais je suis sûr qu’il va nous faire passer en Espagne. C’est un homme capable de réussir tout ce qu’il entreprend, répondit mon père. Nous avons roulé longtemps. Je ne sais pas exactement combien de temps. Très vite, nous nous sommes retrouvés en Espagne. Que s’était-il passé ? C’était un vrai miracle. Le Dr Mendes avait encore réussi : il s'était dit que, peut-être, les ordres du gouvernement espagnol n’avaient pas été transmis à tous les points de la frontière, et c’est exactement ce qui s’était passé. Le docteur était en tête. Il présenta aux gardes les papiers qui l'accréditaient, et expliqua qu’il avait autorisé tous les réfugiés à se rendre au Portugal et que, par conséquent, il fallait les laisser passer librement. Deux jours plus tard, nous sommes arrivés à Elvas, au Portugal. Il était tard dans la soirée quand, après avoir présenté nos passeports à la frontière, nous sommes entrés dans la ville d’Elvas. Tout nous semblait si étrange. Après la terreur, nous étions maintenant en présence de gens indolents et insouciants. Il y avait des couples qui marchaient paisiblement dans les rues, des hommes plantés aux coins des rues en train de causer, d’autres qui jouaient de la guitare en chantant quelque mélodie portugaise aux sons mélancoliques. Toutes les lumières étaient allumées dans les rues et personne ne s’inquiétait de rien. L’air était tiède. Nous avons passé la nuit à Elvas, et le lendemain matin nous avons repris notre route vers Lisbonne. Notre peur et notre angoisse commençaient à perdre leur intensité. J’ai pu pleurer enfin, de ces larmes qui coulent sans qu’on puisse les retenir. Mon grand-père est mort en arrivant. "Je suis heureux de voir mes enfants sauvés" a-t-il dit juste avant de s'endormir dans la voiture. Nous avons été pris en charge par la communauté juive de Lisbonne. Je veux remercier le médecin Augusto d'Esaguy, Moses Benbassat Amzalak, Elias Baruel et Santób Sequerra qui nous ont hébergés et nourris. Mes cousins sont partis pour l’Angleterre rejoindre la résistance. Ma tante pleure chaque jour. Moi, je prends soin de Dr Mendes ou le journal de Geller — Partie 4 ma sœur qui a perdu son rire et ne parle plus. Ma mère ne dit rien non plus, et mon père et mon oncle cherchent des petits boulots au jour le jour. Et puis, mon père a pris la décision de continuer le voyage jusqu’aux États-Unis. Heureusement, nous avons un peu d’argent. Nous partirons sans mon oncle et ma tante qui veulent rester sur le même continent que leurs enfants. La famille est éclatée, je ne sais pas si nous nous reverrons un jour. Adieu, vieille Europe. En toi j’ai trouvé le bien et le mal. En toi j’ai trouvé le bonheur et la détresse. Je ne te pardonnerai jamais le mal que tu as fait. Je ne reviendrai pas, aussi longtemps que je vivrai. Je te salue, Amérique ! 12 avril 1941 New-York. Je suis dans la chambre que je partage avec ma sœur. Le voyage en bateau a duré 3 semaines. Nous sommes arrivés un petit matin, fatigués mais heureux de fouler cette terre de libertés. Nous nous sommes rendus à la première synagogue qu’on nous a indiqué et le Rabbin nous a hébergé plusieurs mois. Mon père a trouvé une place de tailleur, et aujourd’hui nous avons un minuscule appartement dans le quartier juif. Je prends des cours pour apprendre la langue et tout doucement la vie s’écoule. Je suis comme KO. J’ai l’impression de me réveiller d’un long cauchemar et même éveillé, tout ce qui m’entoure est étranger. Mon père désire que je reprenne mes études, il doit sans doute avoir raison. Ma sœur est de nouveau scolarisée et je peux l'entendre rire à nouveau. Heureusement, car mes parents sont tristes. Il faut avancer, car plus rien, jamais, ne sera comme avant. Oublier est la seule solution. Nous avons eu de la chance, nous sommes toujours vivants. D’autres réfugiés racontent des histoires effroyables. "Nous avons eu de la chance", je m’accroche à cette phrase comme à une bouée. 15 décembre 1941 Existe-t’il un endroit en paix sur terre ? Les États-Unis sont entrés en guerre avec le Japon hier sous les ordres du Président Roosevelt, suite à l’attaque de PearlHarbor, le 7 décembre dernier. L’Allemagne et l’Italie ont déclaré la guerre aux États-Unis le 11 décembre. Mon père dit que c’est la fin pour Hitler et ses amis. On n'attaque pas une grande puissance sans en payer le prix. Je n’ai plus peur, c’est incroyable, j’ai même envie de m’engager. J’aurai bientôt 16 ans et j’aurai la possibilité de le faire. Je ne dis rien à mes parents mais… THIBAULT COMTE Maze 36 DÉCEMBRE 2012
eaux seins, belles fesses SYLVIE TALISSIG DANS LES pus siNuEux DES VIEILLES PITALES CA 2012 et la littérature C'est une année plutôt déconcertante pour la scène littéraire, entre romans dont on espère qu'ils seront des chefsd'œuvre mais qui déçoivent, et récits inattendus qui surprennent ! Voici une sélection de réussites et d'échecs relevée par Maze. Les réussites de l'année : On note premièrement le prix Nobel de Littérature attribué cette année au Chinois Mo Yan pour son oeuvre caractérisée par un "réalisme hallucinatoire", le hissant au ir rang d'héritier d'écrivains tels que Gabriel Garcia Marquez ou bien William Faulkner, maestros dans cet art. "Mo Yan" signifie "Ne pas dire", et son roman-fleuve (800 pages), Beaux Seins, belles fesses, aura prouvé que ce silencieux criait littéralement contre le régime communiste Chinois, soulevant nombre de critiques. Le prix littéraire français, Prix Apollinaire, a été remporté le 20 octobre dernier par la poétesse Valérie Rouzeau pour son recueil VROUZ, où elle propose des alexandrins à la versification extrêmement libre, sorte de laboratoire linguistique déjà si palpable dans le recueil Neige Rien. Le ton de la jeune femme, avec sa maturation, ne perd rien de sa justesse, et le nouveau langage qui émerge dans ce recueil semble être tout naturel sous sa plume. Une autre oeuvre poétique toute aussi admirable est celle d'Erri De Luca, auteur italien qui signe cette année son retour avec le recueil Aller simple et le roman Il dit. Pépite de la littérature moderne, son style, frôlant à toutes les lignes l'essence pure et simple des choses, est remarquable. Un autre-roman fleuve mérite d'être cité : le dernier roman de Sylvie Taussig, Dans les plis sinueux des vieilles capitales, qui, à la façon de Balzac, explore Paris et les relations humaines, qui consigne, dans pas moins de 1752 pages, "une comédie de moeurs à l'échelle d'une ville", et qui fait aussi figure de bonne surprise pour les éditions Galaade. Maniant les mots avec une fluidité et une géométrie minutieuses, cette chercheuse du CNRS fait référence à Baudelaire avec le titre de son roman qui n'est autre qu'un vers du poème "Les petites vieilles" ; ainsi l'élève salue le maître. Attendu comme le prochain chef-d'oeuvre de JK. Rowling, Une place à prendre, roman policier faisant s'affronter des personnages un poil caricaturaux dans un paisible petit village anglais, signe le retour de la romancière et démontre qu'une fois la magie envolée, l'auteure parvient à s'illustrer dans le genre grâce à sa plume acérée et légère. Bien loin de la saga Harry Potter, l'intrigue peut éventuellement paraître fade aux inconditionnels de la sorcellerie, car elle ne s'éloigne pas de la réalité, mais la prise de risque de l'écrivain ne peut qu'être saluée ! Au rayon fantasy : Le quatrième tome du cycle de l'Héritage, intitulé lui-même L'héritage, signe la fin des aventures bien connues d'Eragon. Culte pour les lecteurs de Fantasy, la fin ouverte de la saga du jeune écrivain Christopher Paolini laisse à penser qu'il pourrait y avoir un cinquième tome. Une chose semble certaine néanmoins, c'est qu'il n'y aura plus d'adaptations cinématographiques des romans, jugées trop onéreuses. Cela n'est heureusement pas le cas pour les adeptes de Bloodlines, série qui revient sur les écrans au moment des fêtes de fin d'année. Spin-off de Vampires Academy, on remarque une trame cependant moins riche en rebondissements, mais tout de même mémorable face au récit d'origine de Richelle Mead. La marge au premier plan... Bill ciegg 9C JOURS Le premier de roman de Bill Clegg, Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme, considéré comme une orgie suicidaire et relatant la rechute du narrateur dans l'alcoolisme et la drogue, laissait en haleine les lecteurs qui at- Maze 37 DÉCEMBRE 2012



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