MAHG n°2019-01 mar à jun
MAHG n°2019-01 mar à jun
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2019-01 de mar à jun

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Musées d'art et d'histoire de Genève

  • Format : (240 x 320) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 5 Mo

  • Dans ce numéro : César et le Rhône.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 RETROU- VAILLES Dérobée en 2002, une tabatière à musique d’une grande valeur historique vient d’être restituée à la Ville de Genève. Offerte en 1815 au colonel louis de sonnenberg, gardien de genève, une tabatière à musique réintègre les collections publiques genevoises après quinze ans d’errance. Objet emblématique indissociable à l’histoire de la ville, elle revient aujourd’hui dans sa cité d’origine grâce à l’enquête menée par la Brigade des cambriolages de la police judiciaire genevoise. si la précieuse boîte laisse à nouveau échapper ses mélodies patriotiques, elle restera muette au sujet de ses tribulations. la dédicace gravée sur son couvercle, « Vous l’avez préservée », exprime l’hommage des dames de la Bourgeoisie de genève qui ont offert cette tabatière au colonel fédéral commandant la place de genève louis de sonnenberg (1782-1850), lequel préserva la cité menacée par l’arrivée des troupes de napoléon à son retour de l’Île d’elbe, en 1815. l’objet précieux a été réalisé par les meilleurs artisans de la Fabrique  : remond lamy, Mercier & cie, orfèvres, associés aux émailleurs Jean louis richter et aimé Julien Troll. Un souvenir intime la superbe scène peinte en émail illustre la cité, dominée par la silhouette de la cathédrale, le lac à ses pieds, ainsi que le Mont Blanc, soulignant la ligne du salève et du Môle. deux cavaliers observent cette vue paisible ; on peut imaginer le colonel de sonneberg et son chef d’état-major, auguste Bontems, veillant sur le territoire qui leur est confié. Outre le luxe de ses décors, la boîte en or est une merveille de technique  : elle abrite un mécanisme à musique jouant deux airs traditionnels  : Le Ranz des Vaches et Enfants de Tell soyez les bienvenus, chant patriotique créé en l’honneur de l’arrivée des troupes confédérées à genève en juin 1814. demeurée dans la famille de son destinataire, à lucerne, la tabatière avait été acquise en 1979 pour le Musée de l’horlogerie et de l’émaillerie, alors situé route de Malagnou, à genève. cette œuvre précieuse autant que symbolique y avait été dérobée en novembre 2002. deux pièces parmi les cent-septantequatre disparues depuis ont refait surface  : une superbe montre chinoise signée Bovet du début XIX e siècle (signalée en 2004) et une boîte de montre en cristal de roche du XvII e siècle (saisie en 2009). la tabatière à musique de sonnenberg est la troisième et la plus importante du lot, et elle pourrait ouvrir la voie à d’autres réapparitions. Estelle Fallet, conservatrice en chef des collections d’Horlogerie, émaillerie, bijouterie et miniatures Tabatière dite « de sonnenberg » [monogramme » l de s »] , genève, vers 1815. Or gravé et guilloché, émail champlevé et peint, mécanisme à musique à lames vibrantes, attribué à Piguet, composé de 63 lames en blocs de 3, basses à droite, et un volant à 6 pales. Poinçon de l’orfèvre J.-c. rémond & cie sur la batte ; émaux peints signés « richter et Troll », pour Jean louis richter et aimé Julien Troll.
NUMISMA- TIQUE Gilles Perret est nommé conservateur responsable des collections de monnaies et médailles. gilles Perret s’est spécialisé dans le domaine de la numismatique dès ses études en archéologie classique et provinciale romaine à l’université de lausanne, en créant une base de données pour la collection de monnaies du Musée d’Yverdon-les- Bains. après un passage aux éditions delachaux et niestlé (neuchâtel-Paris) et à l’Inventaire des trouvailles monétaires suisses (ITMs), il devient conservateur au Musée d’art et d’histoire de neuchâtel (Mahn) en 1999. gilles Perret intègre aujourd’hui les rangs du Mah au sein du cabinet de numismatique. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours professionnel ? avec les années, j’ai acquis trois spécificités  : le goût pour la vulgarisation scientifique, qui me vient de mon travail dans l’édition où j’avais le rôle d’intermédiaire au service de l’auteur et du lecteur ; la connaissance des différents procédés techniques acquise auprès des maîtres graveurs de l’école d’art, des éditeurs et des fabricants de médailles à neuchâtel ; et la maîtrise des techniques d’inventaire. Pourquoi Genève après Neuchâtel ? c’est un retour aux sources. en tant que spécialiste des provinces romaines, je me réjouis de renouer avec les archéologues autour de matériel issu de fouilles récentes et des pièces vraiment belles et prestigieuses comme les décadrachmes de syracuse. venir dans une grande maison où sont rassemblées autant de connaissances sur tant de domaines différents est vraiment enthousiasmant ! le chantier des collections qui doit s’achever en 2024 est un autre atout. cet inventaire complet est indispensable pour exploiter et enrichir au mieux le fonds. savoir qu’un département (Inventaire et documentation scientifique) se consacre à ce travail à plein temps me permettra de tenir pleinement mon rôle de conservateur. Quelle est la particularité de la collection du MAH ? son ampleur et ses pièces de prestige. Je n’en connais que des parties bien spécifiques, à la faveur de précédentes recherches, et je me réjouis donc de la découvrir dans son ensemble. les publications récentes n’ont pu montrer que des sujets bien précis ; il reste des pans entiers à exploiter. s’y confronter et en révéler des pièces méconnues est une vraie chance. dès l’instant où la continuité de la politique d’inventaire, d’acquisition et d’exposition est assurée, une collection bénéficie toujours de voir se succéder des conservateurs de profils différents. Comment peut-elle être enrichie ? Même si le Mah a une collection encyclopédique, il est important d’en développer les points forts. Pour la médaille, ce sont les XvIIIe, XIX e et le début du XX e siècle. Il y a des fonds comme ceux de georges hantz ou de l’atelier des Bovy que l’on peut certainement enrichir avec des donations genevoises. à mes débuts, je voyais le collectionneur comme celui qui encourageait les fouilles clandestines et provoquait la destruction des contextes essentiels à la compréhension d’un objet. et puis j’ai appris à connaître ce monde, où il existe de très bons collectionneurs qui font un vrai travail de sauvegarde. ces passionnés permettent aux institutions de s’enrichir d’objets rassemblés tout au long d’une vie et pour lesquels ils sont souvent des puits de connaissance. Propos recueillis par Maureen Marozeau, chargée de communication 13



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