Magma n°18 mar/avr/mai 2013
Magma n°18 mar/avr/mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de mar/avr/mai 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : SunMédia EURL

  • Format : (210 x 230) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 12,8 Mo

  • Dans ce numéro : dossier, consommons différent !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 14 - 15  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
14 15
SPORT Texte : Florian Kunckler Photos : Guillaume Chatain la tête dans les nuages !!! Il vole plus de 300 heures par an ! Guillaume est à peine humain. À force de côtoyer les nuages, il en oublierait presque sa condition de pédestre, soumis à la dure loi de la gravité. Amoureux de tout ce qui vole sans moteur. Guillaume n’a que ça en tête : « voler, voler, voler ! » Entretien avec un jeune homme qui a bien du mal à redescendre sur terre. - 14 -
Baromètre Magma > Le parapente ----------------------------------- Fun : ★★★★ D’aucuns diraient que c’est comme l’équitation ou la formule 1 : un sport que l’on pratique assis. Mais ne peut-on pas décoller de la Montagne Sainte-Victoire pour atterrir à Briançon? Ne peut-on pas grimper le Mont-Blanc et redescendre en volant? Ne peut-on pas dévaler une face montagneuse, survoler une barre rocheuse et finir par quelques virages dans la poudreuse ? ----------------------------------- Sex-appeal : ★★ Au delà de l’image du rider qui vit pour sa passion - un genre de Bohdi du film Point Break mais dans les airs, le bronzage, les cheveux blonds et les lunettes de soleil - reste l’essentiel : on a les pieds qui pendouillent dans le vide. Pas très esthétique non ? ----------------------------------- Confort : ★★★ C’est sûr, il y a le stress d’être suspendu dans les airs et de ne devoir sa survie qu’au bon fonctionnement d’un grand morceau de tissu. Mais le reste du temps, on reste assis dans une nacelle, les doigts de pied en éventail ? Y’a pire non ? ----------------------------------- Accessibilité : ★ Un investissement en temps, en formation et en argent exorbitant. Peu de spots officiels en France, des assurances spécifiques à contracter et puis du stop pour revenir à son point de départ. Non, le parapente n’est pas la pratique la plus accessible. Lot de consolation? En fréquentant les aires de décollage, on entre dans une grande famille. qui es-tu... Guillaume Chatain ? Nom Guillaume Chatain Surnom Guigui Âge 27 ans Taille / Poids 1m75 / 75 kg Team-Club Parateam club Disciplines Vol libre (parapente, deltaplane, speed-riding, snowkite, kitesurf...) Sponsors Sup’air, Flying-planet Présente nous le vol libre ? C’est tout ce qui touche au vol avec un PUL (comprendre planeur ultra-léger, ndlr), sans motorisation. Donc essentiellement le parapente et ses dérivés (le kitesurf – sur l’eau avec un surf -, le speed flying – dans la montagne avec des skis – et la rando montagne – on grimpe un sommet à pied et on redescend en volant- ndlr) ainsi que le deltaplane. C’est bien sûr cette première activité qui est la plus plébiscitée : on compte différentes pratiques dans le para, principalement le vol de distance et le freestyle. La première est une sorte de parcours longue distance à effectuer, alors que la seconde est une compétition d’acrobatie, autrement dit de figures à réaliser. Et toi, quelle est ta spécialité ? Je touche à tout ! J’ai gagné l’essentiel de mes titres lorsque j’étais compétiteur en freestyle (vice champion du monde par équipe en 2006, vainqueur du Red Bull Vertigo en 2005, ainsi que plusieurs podiums en coupe du monde, ndlr). Je me concentre aujourd’hui sur le vol de distance et j’alterne selon les conditions avec la rando montagne et le deltaplane. Mais c’est sûr que dès que j’ai un moment de libre, je n’ai qu’une idée en tête : voler, voler, voler! Tu vole parfois sur des distances de plus de 150 km? Comment est-ce possible ? On dépend énormément des conditions aérologiques durant notre vol. On se fixe des objectifs, mais le reste s’improvise en fonction des opportunités que l’environnement nous offre. Pour prolonger le vol (et ne pas faire que descendre, ndlr), on s’appuie sur des courants ascendants naturels pour gagner de l’altitude. Ce sont des bulles, voir même des colonnes d’air chaud, invisibles à l’œil nu, qui montent dans l’atmosphère. Ainsi, comme les oiseaux, on analyse en permanence la topographie, la végétation et la masse d’air à la recherche de tous les indices - 15 - permettant de trouver ces courants d’air chaud invisibles. Avec de très bonnes conditions, on peut espérer dépasser les 100 km de vol. En France, le record de distance est de 340 km, alors que le record du monde se place à plus de 500 km! A quoi ressemble ton quotidien ? Le travail et le para ! C’est une constante chez les adeptes de vol libre : c’est une pratique qui demande énormément d’investissement. En temps, en concentration, en argent. J’ai choisi de ne pas en faire mon métier alors que la plupart des parapentistes de mon entourage sont devenus moniteurs. Je suis cartographe de métier. Cela a ses bons et ses mauvais côtés : j’ai un savoir-faire supplémentaire, je ne fais pas que voler. Mais parfois lorsque les conditions sont là et que je suis enfermé au bureau, je pourrais me taper la tête contre les murs. Alors je n’exclus pas de devenir un jour moniteur... Il n’y a pas de professionnels, de sportifs de haut niveau qui vivent du parapente ? Non, c’est malheureusement extrêmement rare. Les parapentistes qui ne vivent que de leur pratique sont soit des moniteurs, soit des pilotes d’essais pour des équipementiers. Après il y a bien quelques fondus qui ne vivotent que de leurs contrats de sponsoring, mais il faut s’accrocher ! Il n’y a vraiment pas beaucoup de moyens dans le vol libre. Cela n’a rien à voir avec des domaines comme le freeski ou le surf par exemple. Comment expliques-tu cela ? Quoi qu’on en dise, le parapente est avant tout une discipline contemplative. L’essence de notre sport, ce n’est pas le freestyle, c’est de voler sur des distances, de composer avec les éléments pour se fabriquer la meilleure expérience de vol possible. Et puis de contempler. De voir notre monde sous un autre angle, nos montagnes, nos plages, nos villes d’en haut. Dit comme ça, ça peut faire rêver, mais il se trouve que l’idée n’est pas très « marketing ».



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :