Magma n°17 déc 12/jan-fév 2013
Magma n°17 déc 12/jan-fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de déc 12/jan-fév 2013

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : SunMédia EURL

  • Format : (210 x 230) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 6,5 Mo

  • Dans ce numéro : Birdy Nam Nam.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER Réalisé par Marius Riviere Guerre des sexes C’EST (PRESQUE) FINI ! Sexualité, drague, choix des études ou vie courante, différences de traitement et inégalités entre filles et garçons, les sujets d’indignation ne manquent pas... - 16 -
Cet été, Sofie Peeters, une jeune belge en a choqué plus d’un avec son film de fin d’études : « Femme de la rue ». L’étudiante se filme en caméra cachée dans les rues de Bruxelles où elle se fait copieusement insultée par des hommes qui l’abordent. En quelques heures, la toile s’enflamme, le hashtag #HarcèlementDeRue reste plusieurs jours en tête des sujets débattus sur Twitter. Les réactions de femmes solidaires de la jeune étudiante fusent et nombre de responsables politiques s’indignent. Le harcèlement de rue reflète une certaine dégradation des rapports hommes femmes. « Les femmes se sont toujours fait aborder dans la rue mais aujourd’hui, on a l’impression que c’est beaucoup plus débridé. Il n’y a plus le côté séduction », témoigne Manon, 18 ans, étudiante en journalisme avant d’ajouter : « J’ai l’impression qu’avant, c’était fait avec un peu plus de délicatesse. » Les témoignages abondent dans ce sens. Johanna, 20 ans, étudiante psycho-motricienne avance une explication : « Je pense que cela est dû à certains médias qui représentent la femme comme une chose ! ». Pour d’autres, ces techniques de drague de (très) mauvais goût sont le reflet d’un machisme ambiant et de préjugés bien ancrés dans nos moeurs. « Bon nombre de mecs pensent toujours que les femmes doivent faire le ménage. [...] Certains ne sont pas au courant que les femmes n’ont pas les mêmes salaires à poste égal. » se lamente Sarah, étudiante en communication. Malgré les sites de drague ouvertement pro-filles comme adopteunmec.com, sortir avec plusieurs mecs à intervalle régulier reste toujours un peu mal vu. Les inégalités ne sont toutefois pas à sens unique. « On a très souvent des entrées gratuites en boites voire de l’alcool gratuit ! Donc perso je ne vais pas m’en plaindre mais bon c’est vrai que c’est un peu inégalitaire », avoue Maïlis, 20 ans, étudiante en Gestion des Entreprises et des Administrations (GEA). Etudes : l’égalité... surtout au début Dans le choix des études, ces stéréotypes persistent fortement. Ainsi, pas plus tard qu’au mois d’octobre, Médiapart révélait une note interne de l’ENA faisant état d’une discrimination envers les filles lors de l’entretien. Présentes à hauteur de 43% après les épreuves d’admissibilité, leur proportion chute à 34,5% après le grand oral, première échéance à visage découvert... Selon l’INSEE, plus de la moitié des femmes actives en France se concentre sur six domaines d’études spécifiques (en particulier dans les services) sur la trentaine existant. Social, santé, éducation, lettres ou sciences humaines sont autant de domaines pris d’assaut par les étudiantes. Le domaine scientifique reste encore très masculin même si les étudiantes sont majoritaires en médecine. Pour Zalpha Challita, doctorante au laboratoire d’Astrophysique de Marseille (LAM), l’explication est simple : « Je pense que les filles se dirigent « Tu viens chez moi prendre un café ? Ou à l’hôtel ? On passe au lit, direct... » pour beaucoup vers des carrières scientifiques mais qu’elles arrêtent très tôt ! ». Pour elle, l’important est de sensibiliser le plus tôt possible les étudiantes. C’est ce qu’elle fait dans les lycées. « Mes chefs sont des hommes et ils m’encouragent dans mes interventions car ils constatent très bien que le nombre de femmes qui postulent aux concours ou aux postes est très faible et qu’il faut booster les filles à poursuivre leur carrière. » Ce type d’initiative est encore marginale, ce qui ne favorise pas l’émergence des femmes dans des domaines dits « masculins ». Les femmes ne sont pas les seules à subir cette situation inégalitaire. Comment un mec peut-il choisir un métier tel que esthéticien ou styliste sans subir des railleries ? Le métier de sage-femme est un exemple particulièrement flagrant. Sur les presque 24 000 sages-femmes du pays, seul 2% sont des « sages-hommes », soit 480 en tout... « Certaines patientes vivent mal le fait d’être « accueilli » par un homme à la maternité, pour de multiples raisons (ethniques, religieuses, personnelles...). Cela arrive assez fréquemment », explique l’un de ces étudiants avant d’ajouter « En trois ans passés à l’école, j’ai dû me faire à cette idée une bonne trentaine de fois. » La féminisation de certains domaines tels que les sciences ou l’ingénierie est en progrès, l’inverse n’est pas vrai, les hommes percent difficilement dans les filières dites « féminines ». Un témoignage sur le site Vie de Meuf (un site créé par l’association Osez le féminisme qui reprend le concept de VDM mais pour les meufs) expose avec humour cette situation : « Je suis étudiante en soins infirmiers et nous sommes 160 filles pour 30 garçons. En plus de cette différence de nombre, les profs disent toujours « quand vous serez infirmière ». Oui quand les garçons seront diplômés ils vont changer de sexe c’est évident... Les stéréotypes ont la vie dure. » - 17 -



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