Magazine Observatoire de Paris n°8 sep/oct/nov 2007
Magazine Observatoire de Paris n°8 sep/oct/nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de sep/oct/nov 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : célébrations nationales... Jules Janssen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 8 - 9  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
8 9
VUE D’ARTISTE de l’astéroïde double Antiope./Artist’s rendering of the binary asteroid Antiope. P.Descamps, IMCCE - Observatoire de Paris Contacts : Pascal DESCAMPS Astronome adjoint IMCCE + 33 (0)1 40 51 22 68 pascal.descamps@obspm.fr Jérôme BERTHIER Ingénieur de recherche CNRS IMCCE + 33 (0)1 40 51 22 60 ou 61 jerome.berthier@obspm.fr LA ROTATION DU COUPLE, suivie avec l’optique adaptative du VLT./The pair’s rotation, observed with the VLT’s adaptive optics. ESO IMAGE OBTENUE EN MAI 2005 au Keck Telescope d’Hawaii./May 2005 image from the Keck telescope in Hawaii. IMCCE - Observatoire de Paris 8 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°8/SEPTEMBRE 2007 IMCCE/RECHERCHE L’ASTÉROÏDE DOUBLE ANTIOPE SE DÉVOILE THE DOUBLE ASTEROID ANTIOPE REVEALED Les astronomes de l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Éphémérides - IMCCE se sont alliés aux amateurs afin d’obtenir le portrait le plus détaillé de l’astéroïde double Antiope. Astronomers at the Institute for Celestial Mechanics and Computation of Ephemerides (IMCCE) joined some amateur colleagues to obtain a detailed picture of the binary asteroid Antiope. Ce sont deux objets de forme arrondie et légèrement aplatie de 86 kilomètres de diamètre… Ils se tournent autour et se font face comme s’ils se tenaient, solidement, par les mains en dansant un éternel pas de deux : voilà à quoi ressemble l’astéroïde double 90 Antiope, selon les dernières données acquises lors d’une campagne internationale qui s’est étalée sur trois ans de 2003 à 2005 1. Sept chercheurs de l’IMCCE y ont participé et ont organisé l’effort concerté. Les résultats de leurs travaux d’analyse et d’interprétation ont permis de déterminer avec précision l’orbite des composantes ainsi que leurs contours et leurs tailles. La collaboration inclut un collègue français basé à l’université de Berkeley, Californie. Il s’est attaché à observer le couple à l’aide de l’un des télescopes de 8 mètres du Very Large Telescope, au Chili, et du Keck de 10 mètres, à Hawaii. Puis les astronomes amateurs, dont six de l’observatoire des Makes sur l’île de la Réunion, dans l’océan Indien, ont à leur tour pu joindre leurs efforts et apporter leur soutien actif. Il s’est alors agi de suivre et d’enregistrer avec des instruments de taille réduite les sauts de luminosité liés aux phénomènes d’occultations et d’éclipses mutuelles survenus pendant six mois, de mai à novembre 2005. D’autres passionnés venus de Californie, du Brésil et de Pologne ont, eux, choisi de se poster en Amérique ou en Afrique du Sud. Agrégats de débris Antiope est le 90 e astéroïde découvert au sein du système solaire. Il a été repéré dès 1866 par Robert Luther de Düsseldorf, en Allemagne, et son nom s’inspire de celui d’un personnage féminin de la mythologie grecque. Il évolue parmi des millions d’autres corps dans la ceinture qui s’étend entre Mars et Jupiter. En 2000, de premières études conduites au Keck Telescope ont révélé sa structure binaire. Les conclusions des travaux récents sont parues en avril 2007 dans la revue Icarus 2. Au bilan : une quantité d’informations nouvelles à propos du petit astre. Antiope se compose de deux parties bien séparées par 171 kilomètres. Elles gravitent l’une autour de l’autre en 16,5 heures. On en déduit qu’il possède une densité supérieure de 25% seulement à celle de l’eau liquide. Sa texture fragile, légère et « lâche » correspondrait à un assemblage poreux de fragments de roches et de glace. Cet agrégat ou « tas » de débris se résume à 30% de vide. Mais qu’en est-il de l’origine de l’aspect brisé en morceaux égaux ? Là, Pascal Descamps a son idée : « Antiope serait issu d’un corps parent unique. Celui-ci aurait subi une collision non destructrice qui l’aurait mis en rotation accélérée. Du coup, les forces centrifuges ont pu le déformer, puis l’allonger, jusqu’à la rupture en deux corps identiques et équilibrés ». L’étude de systèmes doubles tels qu’Antiope, le premier du genre découvert, a encore beaucoup à nous apprendre sur leur structure. De plus, elle devrait renseigner sur l’environnement dans lequel ils baignaient au moment de leur création : l’actuel synchronisme des deux corps laisse en effet penser que leur formation remonte aux premiers temps du système solaire. À la fin de l’année, Antiope gratifiera les astronomes, une dernière fois avant très longtemps, de nouvelles éclipses mutuelles. En attendant, (617) Patroclus, un astéroïde double synchrone de la famille des Troyens donne déjà à observer de tels phénomènes 3. They are two round and slightly oblate objects with a diameter of 86 kilometres, twirling and facing one another as if with linked hands while they dance a perpetual pas de deux. Such is the latest picture of the binary asteroid 90 Antiope, based on the data resulting from a three-year international effort, from 2003 to 2005 1, and in which seven researchers from IMCCE took part. Through their analysis and interpretation of the data, they accurately determined the orbit, contour, and size of each component of the double system. A French colleague of theirs at the University of Berkley, in California, also participated in the study. He observed the twin objects using one of the 8-metre telescopes of the Very Large Telescope in Chile, and the 10-metre Keck in Hawaii. A number of amateur astronomers, six of them at Les Makes Observatory in La Réunion, in the Indian Ocean, also pitched in. From May to November 2005, they observed and recorded with small instruments the drop in brightness due to the mutual occultation and eclipses of the pair. Yet other volunteers from California, Brazil and Poland helped with observations from South America and South Africa. Rubble piles Antiope is the 90 th asteroid so far discovered in the solar system. It was first spotted in 1866 by Robert Luther, from Düsseldorf, Germany, and namedafter a female character in Greek mythology. It is one of the millions of objects in the main asteroid belt between Mars and Jupiter. In 2000, observations using the Keck telescope revealed its binary structure. The most recent results were published in April 2007 in Icarus 2. They provide a wealth of new information about this fascinating object. Antiope consists of two separate components 171 kilometres apart and orbiting around their centre of massin 16.5 days. Their estimated total massis 828,000 billion tons, and so its density exceeds that of liquid water by only 25 per cent. The binary system would be a sort of rubble pile, a porous aggregate of rock and glass fragments and about 30 per cent of empty space. But how could its two separate pieces have been created ? According to Pascal Descamps « Antiope would have originated from a single parent body following a collision that caused it to spin faster and faster. Centrifugal forces would then have stretched it until it broke apart into two identical pieces that remained in equilibrium ». The study of double systems such as Antiope, the first of its kind to be discovered, will help us understand their structure. In addition, it should be possible to obtain precious information on the environment in which they were born ; the present synchronism of the two objects suggests that they were formedin the early years of the solar system. At the end of the year, astronomers will be able to observe, for the last time in a long while, other mutual eclipses of the pair. In the meantime, (617) Patroclus, a synchronous double asteroid of the trojan family already exhibits such phenomena 3. (1) Voir l’animation sur/To watch the animation : http://www.berkeley.edu/news/media/releases/2007/03/29_antiope.shtml (2) Descamps, P., Marchis, F., Michalowski, T., Vachier, F., Colas, F., Berthier, J., Assafin, M.., Dunckel, P.B., Polinska, M., Pych, W., Hestroffer, D., Miller, K., Vieira- Martins, R., Birlan, M., Teng-Chuen-Yu, J.-P., Peyrot, A., Payet, B., Dorseuil, J., Léonie, Y., and T. Dijoux, 2007a. « Figure of the double asteroid 90 Antiope from AO and lightcurves observations », Icarus, n o 187,pp. 482-499. (3) Voir/See : http://www.imcce.fr/page.php ? nav=fr/observateur/campagnes_obs/patroclus/
RECHERCHE/LESIA MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°8/SEPTEMBRE 2007 – 9 4,6 MILLIARDS D’ANNÉES... ET DES POUSSIÈRES ! A 4.6-BILLION OLD COSMIC BELT La ceinture de Kuiper est une concentration de corps glacés, située au-delà de l’orbite de Neptune. L’étude physico-chimique de ces objets menée par une équipe du Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique - LESIA va permettre de fournir des indices précieux sur la composition de la nébuleuse primitive et sur les processus qui y ont prévalu au tout début de l’histoire du système solaire. The Kuiper belt is a concentration of frozen objects located beyond the orbit of Neptune. The study of their physical and chemical properties, carried out by a team from the Laboratory for Space Studies and Astrophysics Instrumentation (LESIA), will provide precious clues regarding the composition of the primeval nebula and the processes that took place at the dawn of our solar system. Les objets Trans-Neptuniens (OTNs) qui forment la ceinture de Kuiper sont les derniers restes fossiles de la formation du système solaire. Ce sont des petits corps glacés situés audelà de l’orbite de Neptune, à plus de 40 unités astronomiques (UA) 1. Alors qu’ils ont été découverts il y a seulement quelques années, en 1992, leur étude est d’un grand intérêt pour l’origine des comètes, l’histoire de notre système solaire et la formation des systèmes planétaires extrasolaires. Avec l’amélioration des instruments d’observation, la ceinture de Kuiper nous livre peu à peu des renseignements sur les quelques mille objets recensés aujourd’hui qui la constituent. L’étude de ces objets forme une nouvelle branche de la planétologie, actuellement en plein essor. LA PLANÈTE NAINE PLUTON, le deuxième plus gros objet connu de la ceinture de Kuiper. Sur cette photo avec ses satellites./The dwarf planet Pluto, the second largest known object in the Kuiper belt, is shown here together with its moons. NASA/ESA/STScI À petits corps, grandes informations Les observations spectroscopiques indispensables pour ces études sont toutefois très complexes en raison de la très faible luminosité de ces objets et nécessite l’utilisation des télescopes les plus puissants. D’où l’intérêt du programme mené par l’équipe du LESIA, spécialiste de l’étude des petits corps : cinq cent cinquante heures d’observation dédiées fournies par le VLT - Very Large Telescope de l’ESO 2. L’objectif est de détecter et de mesurer tous les composés existant à leur surface avec une exactitude sans précédent. Le programme se concentre sur cinquante objets choisis parmi différents groupes dynamiques et privilégie la spectroscopie de haute qualité.Trois télescopes sont utilisés en parallèle pour faire des observations dans le visible et l’infrarouge proche. Les premières données sont prometteuses, ces études ont en particulier révélé une grande variété de compositions de surface. Certains objets sont recouverts de méthane ou d’hydrocarbures légers, d’autres de glace d’eau. The Trans-Neptunian objects (TNOs) makingup the Kuiper belt are the last fossil remnants of the formation of the solar system. These are small frozen objects located beyond the orbit of Neptune, more than 40 astronomical units (AU) 1 away. They were only discovered in 1992, and their study may help understand the origin of comets, the history of our solar system, and the formation of extrasolar planetary systems. Thanks to the improvement in observation instruments, the Kuiper belt is gradually revealing the secrets of its some thousand objects discovered to date.Their study constitutes a new and booming branch of planetology. Small objects, plenty of information The spectroscopic observations required to performthose studies are extremely complex due to the weak luminosity of the objects and necessitate the use of the most powerful telescopes. That explains the interest in the program carried out by a LESIA’s team specialized in the study of small objects : five hundred and fifty hours of dedicated observations with ESO’s 2 Very Large Telescope. Their goal is to identify and measure all surface compounds with unparalleled accuracy.The program focuses on fifty objects selected among various dynamic groups and favours high quality spectroscopy. Three telescopes are used to carry out simultaneous observations in the visible and infrared spectra. The first results are promising, having revealed a great variety of surface compositions. Certain objects are covered in methane or light hydrocarbons, others in water ice. (1) 1 UA : environ 150 millions de kilomètres (distance Terre-Soleil)./about 150 million kilometres (distance between the Earth and the Sun). (2) ESO : observatoire européen austral./European Southern Observatory. LES ÉTUDES MENÉES PAR L’ÉQUIPE « PETITS CORPS » DU LESIA sont très diverses et complémentaires. Elles visent à caractériser la densité et l’extension radiale de la ceinture de Kuiper, son évolution dynamique et collisionnelle, la composition de ses objets, l’évolution de leur surface et à mettre en évidence les relations entre ces objets et d’autres populations voisines comme les comètes et les astéroïdes. Ces informations permettront aussi d’enrichir notre compréhension de la formation du système solaire externe. THE STUDIES CARRIED OUT BY LESIA’S « SMALL OBJECTS » TEAM are varied and complementary. They seek to characterize the density and radial extent of the Kuiper belt, its dynamic and collisional evolution, the composition of its objects and the evolution of their surface, and to discover how those objects are related to other nearby populations, such as comets and asteroids. That information will help increase our understanding of the outer solar system’s formation. LA CEINTURE DE KUIPER. Vue d’artiste./The Kuiper Belt. Artist’s rendition. NASA UNE PARTIE DE L’ÉQUIPE DU LESIA qui travaille sur les objets de Kuiper./A part of the LESIA team working on Kuiper belt objects. G. Servajean, Observatoire de Paris Contact : Antonella BARUCCI Astronome LESIA +33 (0)1 45 07 77 75 antonella.barucci@obspm.fr DIMENSIONS ESTIMÉES de certains des plus grands objets de Kuiper connus à aujourd’hui en comparaison avec la Terre./Estimated size of some of the largest Kuiper belt objects known to date compared with that of the Earth. NASA/ESA/A. Feild, STScI



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :