Magazine Observatoire de Paris n°8 sep/oct/nov 2007
Magazine Observatoire de Paris n°8 sep/oct/nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de sep/oct/nov 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : célébrations nationales... Jules Janssen.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Pascal Blondé et Patrick Rocher, Observatoire de Paris Contact : Thérèse ENCRENAZ Vice-Présidente du Conseil scientifique de l’Observatoire de Paris Directeur de recherche CNRS LESIA therese.encrenaz@obspm.fr LES SCIENTIFIQUES DE L’OBSERVATOIRE sont aussi des artistes. Pour illustrer musicalement la cérémonie, Roland Barillet (SYRTE) au piano et Jacques Féjoz (IMCCE) au hautbois interprètent les Romances de Schumann. P.B. et P.R., Observatoire de Paris 6 – MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°8/SEPTEMBRE 2007 DOCTEUR HONORIS CAUSA : DAVANTAGE QU’UN TITRE HONORIFIQUE DOCTOR HONORIS CAUSA : MORE THAN AN HONORARY DISTINCTION En remettant, en avril dernier, des diplômes de docteur Honoris Causa à deux éminents scientifiques étrangers, l’Observatoire de Paris n’a pas seulement accompli un acte protocolaire. Il a souligné l’importance des liens internationaux sans lesquels la recherche ne serait rien. Et, par-dessus tout, il a remercié des « amis » pour leur collaboration fidèle. The awarding of Doctor Honoris Causa degrees to two distinguished foreign scientists last April by the Observatoire de Paris was not just a formality. It underlined the importance of international connections without which there would be no fruitful research. And, above all, it was a way to say thanks to two « friends » for their faithful cooperation. C’est en 2004 que l’Observatoire de Paris a renoué avec la tradition en remettant le titre de docteur Honoris Causa. Il profitait en cela de son statut de « Grand établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel » qui lui donne le droit de délivrer de tels diplômes d’honneur, tout comme les universités. Le récipiendaire en était le Néerlandais Adriaan Blaauw, père fondateur d’une école très active à l’Observatoire dont l’objet d’étude est la structure et la dynamique galactique. Le rythme est maintenant décidé : un diplôme de docteur Honoris Causa sera remis par l’établissement à deux chercheurs étrangers tous les deux ans. Les scientifiques en question, des spécialistes éminents dans leur domaine, auront intensément collaboré avec l’Observatoire au cours de leur carrière. Les deux derniers récipiendaires correspondent à cette règle. Sylvio Ferraz-Mello a souvent travaillé avec l’Observatoire de Paris, il y a même effectué un stage pendant cinq ans au début de sa carrière, et son attachement est si fort que la France « est devenue l’un de [ses] deux pays, avec le Brésil », dont il est originaire. Quant à l’Américain Tobias Owen, il est à l’origine de la création du pôle planétologie à l’Observatoire. Ni plus ni moins. « Personne ici ne travaillait sur ce sujet en 1969,se souvient Daniel Gautier, du LESIA. Toby nous a accueillis aux États-Unis et nous a appris le métier. » C’est donc tout naturellement que, sous les hautes et majestueuses voûtes de la salle Cassini, les diplômes de docteur Honoris Causa ont été remis aux deux grands scientifiques le 26 avril dernier. La « cérémonie de prestige », comme l’a qualifiée Claude Zeippen, viceprésident de l’Observatoire, fut l’occasion de remercier les deux chercheurs pour leur action et de faire leur éloge avant de leur remettre solennellement leur diplôme. Cela avec toute la pompe d’usage - six musiciens ont interprété des œuvres de musique classique - mais aussi avec la « chaleur humaine » qui s’imposait et à laquelle tenait particulièrement Daniel Egret, président de l’Observatoire. « Ces remises de titres de docteur Honoris Causa sont l’occasion de rendre hommage à d’éminents scientifiques qui ont participé aux travaux de l’Observatoire et de mettre en lumière des collaborations privilégiées avec certains pays », résume Thérèse Encrenaz, vice-présidente du Conseil scientifique, l’instance qui a la charge de proposer des noms de candidats au Conseil d’administration de l’Observatoire. Elles permettent également de souligner, voire de renforcer, la dimension internationale de la recherche à l’Observatoire tant il est vrai que, comme l’explique Thérèse Encrenaz, « aujourd’hui plus que jamais, il n’y a pas de recherche possible sans coopération entre pays ». ÉVÉNEMENT In April 2004, the Observatoire de Paris revived the tradition of awarding the Doctor Honoris Causa degree. Its status of « recognized public institution of a scientific, cultural and professional nature » grants it the right to award such honorary degrees, just as universities do. The recipient was the Dutch astronomer Adriaan Blaauw, the founding father of a very active school on galaxy structure and dynamics at the Observatoire. Our institution then decided to award a Doctor Honoris Causa degree to two foreign researchers every two years. These will be distinguished specialists in their field who had actively collaborated with the Observatoire during their career. The last two recipients fit this description perfectly. Sylvio Ferraz- Mello has often worked with the Observatoire de Paris, where he spent five years at the beginning of his career. His attachment to our country is so strong that France « has become one of [his] two countries of origin, together with Brazil », from his native country. As for the American astronomer Tobias Owen, he is behind the creation of the planetology center at the Observatoire—no more and no less. « No one here worked in that field back in 1969, recalls Daniel Gautier from LESIA. We learned it all from Toby in the United States. » The two celebrated scientists received their honorary degrees on 26 April under the majestic dome of Cassini Hall. The « prestigious ceremony », in the words of Claude Zeippen, vice-president of the Observatoire, was an opportunity to thank the two researchers for their actions and to praise their accomplishments before presenting their diplomas. The solemnity of the moment was underscored by the classical pieces played by six musicians, but a touch of human warmth was present from the ceremony, as wished by Daniel Egret, president of the Observatoire. « These Doctor Honoris Causa awards are an opportunity to pay tribute to eminent scientists who participated in the work of the Observatoire, and also to underline the special collaborative links that exist with certain countries », says Thérèse Encrenaz, vice-president of the Scientific Council, the body in charge of proposing candidates to the Observatoire’s Board of Governors. These ceremonies also serve to emphasize and strengthen the international dimension of research at the Observatoire, since, as Thérèse Encrenaz puts it, « today more than ever, without cooperation between countries no research would be possible. » P.B. et P.R., Observatoire de Paris
ÉVÉNEMENT MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°8/SEPTEMBRE 2007 – 7 L’EXCELLENCE RÉCOMPENSÉE EXCELLENCE REWARDED Les deux récipiendaires du titre de docteur Honoris Causa sont des personnalités éminentes de l’astronomie mondiale. L’un a participé à toutes les grandes missions planétaires de ces trente dernières années. L’autre a marqué la mécanique céleste de son empreinte. Et tous deux continuent de voir loin. The recipients of the Doctor Honoris Causa degree are both distinguished personalities in the field of astronomy. One of them participated in every major planetary mission of the past three decades. The other left his mark on celestial mechanics. And both of them still have further goals. Tobias Owen et Sylvio Ferraz-Mello sont, l’un comme l’autre, âgés de 71 ans. L’âge de recevoir des honneurs quand, comme eux, on a marqué la science de son époque. L’âge, également, de se lancer dans de nouveaux projets. Car ce ne sont pas les années qui pourront émousser leur désir d’entreprendre. Tobias Owen 1, par exemple, esprit plein « d’ingéniosité, de lucidité et de curiosité », comme le décrit son ami Daniel Gautier (du LESIA), a toujours été animé par beaucoup d’énergie. La liste des missions spatiales auxquelles ce planétologue américain a participé est impressionnante. Il faut citer Viking, Voyager, Galileo, Mars 96, Nozomi, Deep Space 1 et récemment Contour. Il a même collaboré aux missions Apollo 15 et 16 en 1969. Bref, dès qu’une mission à destination des corps de notre système solaire se dessine, il y a de fortes chances pour que Tobias Owen, « Toby » pour ses collègues, soit de la partie. Parmi ses « triomphes », il faut compter la découverte des anneaux de Jupiter, celle de l’eau lourde sur Mars ou l’importance du deutérium et d’autres isotopes dans la formation du système solaire. Et ce n’est pas fini. Tobias Owen veut rééditer la mission Cassini-Huygens dont il est l’un des « pères » avec Daniel Gautier. Une « grosse » sonde irait se placer en orbite autour de Saturne libérant plusieurs atterrisseurs sur ses lunes, ainsi qu’un dirigeable pour explorer la surface de Titan. Et comme Tobias Owen voit décidément très loin, le départ de cette mission n’est pas prévu… avant 2025. Sylvio Ferraz-Mello est également « un puits de science », comme le décrit William Thuillot qui dirige l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides et a défendu sa candidature au titre de docteur Honoris Causa : « Il s’est attaqué à la plupart des problèmes les plus ardus en mécanique céleste et a obtenu des résultats marquants ». Le récipiendaire brésilien, souriant et modeste, est particulièrement connu pour avoir réussi à expliquer un mystère sur lequel de nombreux astronomes avaient buté avant lui : pourquoi trouvait-on si peu de corps dont la période orbitale atteignait la moitié de celle de Jupiter au sein de la ceinture d’astéroïdes ? « C’est une personnalité qui a joué un rôle capital dans la structuration de la mécanique céleste depuis 40 ans », souligne William Thuillot. De plus, Sylvio Ferraz- Mello a exercé des responsabilités internationales de premier plan, notamment auprès de l’Union astronomique internationale. Voici un an, un colloque qui lui était consacré a été organisé 2. Mais pas question pour lui de se reposer sur ses lauriers. Sylvio Ferraz-Mello continue de travailler d’arrache-pied. Lui qui dirige trois thèses souhaite encore « entamer des projets nouveaux avec [ses] collègues français… et voir leurs résultats » ! SYLVIO FERRAZ-MELLO P.B. et P.R., Observatoire de Paris Tobias Owen and Sylvio Ferraz-Mello are both 71 years old. It is at that age that honours are bestowed on those who, like them, have marked the science of their time, and also the age to embark in new projects, since time has not dampened their enthusiasm. Tobias Owen 1, a man full of « ingenuity, lucidity and curiosity », as his friend Daniel Gautier (from LESIA) describes him, has never been short of energy.This American planetologist participated in an impressive number of space missions:Viking,Voyager, Galileo, Mars 96, Nozomi, Deep Space 1 and, recently, Contour. He also collaborated in the Apollo 15 and 16 missions in 1969. In short, name a mission whose destination is some object in our solar system, and chances are Tobias Owen—Toby, for his colleagues— will be involved. Among his « successes », we find the discovery of Jupiter’s rings, heavy water on Mars and the importance of deuterium and other isotopes in the formation of the solar system. And that’s not all.Tobias Owen wants to repeat the Cassini-Huygens mission, of which he is one of the fathers together with Daniel Gautier. A « large » probe would be placed in orbit around Saturn and release several lander modules on its moons and a dirigible to explore Titan’s surface. And since Tobias Owen has a long-range vision, the launch of this mission is not expected until… 2025. Sylvio Ferraz-Mello is also a « well of science », according to William Thuillot, director of the Institute for Celestial Mechanics and Computation of Ephemerides (IMCCE), who proposed him as a candidate for the honorary degree. « He tackled many of the most difficult problems in celestial mechanics and obtained some outstanding results », says Thuillot. The Brazilian recipient, smiling and modest, is known in particular for his explanation of a mystery that had baffled many astronomers before him : why there were so few objects with orbital period half of that of Jupiter’s in the asteroid belt ? « He’s a personality who, for forty years, has played a crucial role in the structuring of celestial mechanics », adds William Thuillot. Moreover, Sylvio Ferraz-Mello assumedhigh-level international responsibilities, notably at the international Astronomical Union. Last year, there was a commemorative workshop for his 70 th anniversary 2. But he’s not the type to rest on his laurels. He is currently supervising three theses and still wishes « to begin new projects with [his] French colleagues and see the results » ! (1) Tobias Owen a reçu en avril 2007 conjointement avec Daniel Gautier le Grand Prix Marcel Dassault de l’Académie des sciences pour leur contribution à la mission Cassini- Huygens./In April 2007, Tobias Owen received, jointly with Daniel Gautier, the Grand Prix Marcel Dassault from the Academy of Sciences. (2) « Asteroids and resonances : open problems and perspectives », Colloque organisé pour commémorer le 70 e anniversaire du Pr Sylvio Ferraz-Mello, 25-28 septembre 2006, Meudon./Commemorative workshop for the 70th anniversary of Professor Sylvio Ferraz Mello, September 25-28, 2006, Meudon. TOBIAS OWEN P.B. et P.R., Observatoire de Paris Contacts : Daniel GAUTIER Directeur de recherche CNRS LESIA +33 0(1) 45 07 77 07 daniel.gautier@obspm.fr William THUILLOT Astronome IMCCE +33 0(1) 40 51 22 62 william.thuillot@obspm.fr



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