Magazine Observatoire de Paris n°6 déc 06/jan-fév 2007
Magazine Observatoire de Paris n°6 déc 06/jan-fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de déc 06/jan-fév 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : 2007, année polaire internationale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CONCORDIA se situe au faîte d'une éminence à 3 200 m d'altitude baptisée DômeC. Située dans l'intérieur des terres, elle évite ainsi une exposition aux vents catabatiques qui créent de la turbulence dans l'atmosphère. Pour s'y rendre, il faut au choix passer par la base française de Dumont d'Urville ou celle, italienne, de Terra Nova Bay. Toutes deux se trouvent à plus de 1000 km de Concordia. CONCORDIA is located on one of the high points (known as Dome C) of the Antarctic plateau. Its inland location protects the station from the katabatic winds that produce atmospheric turbulence. It may be reached going througheither the French Dumont d’Urville Station or the Italian Terra Nova Bay Station, both of which are more than 1,000 km from Concordia. Jean-Paul Humblot, Institut polaire français Paul Émile Victor - IPEV Contact : Vincent COUDÉ DU FORESTO Astronome LESIA + 33 (0)1 45 07 79 61 vincent.foresto@obspm.fr La base franco-italienne CONCORDIA au DômeC. The CONCORDIA French-Italian Station at DomeC. Yves Frenot, IPEV Installé en 2000, le programme CONCORDIASTRO destiné à étudier la qualité du ciel a révélé que la couverture nuageuse n’empêche l’observation que 10% du temps en hiver. Started in 2000, the CONCORDIASTRO program for the study of the quality of the sky revealed that the cloud cover only prevents observations 10 percent of the time in winter. Yves Frenot, IPEV ANTARCTIQUE, TERRE D'AVENIR POUR L'ASTRONOMIE ANTARCTICA : LAND OF THE FUTURE FOR ASTRONOMY L’Année polaire internationale (2007-2008) sera l’occasion de donner un coup de fouet à la science en Arctique et en Antarctique. Et, pour l’astronomie, de démontrer qu’elle a toute sa place sur ces terres hostiles. The International Polar Year (2007-2008) will be the opportunity to give science in Antarctica and the Arctic a boost. And for astronomy to prove that it has its place in those inhospitable lands. Le 1 er mars 2007 débutera la quatrième Année polaire internationale (API). Grâce à cet événement, coordonné par le Conseil international pour les sciences - ICSU 1 et par l’Organisation météorologique mondiale - OMM, des dizaines de pays se fixent pour objectif d’explorer de nouvelles frontières scientifiques aux deux pôles. En tout, ce ne sont pas moins de 209 projets labellisés "API" qui vont être lancés. L’API sera l’occasion de mener des expéditions dans le sillage de celles de Paul-Emile Victor, par exemple une traversée de l’Antarctique à laquelle sont associés six pays, dont la France ; de mettre sur pied de nouveaux moyens d’accès, notamment un brise-glace sud-coréen ; d’effectuer des recherches dans les domaines du climat ou de l’ethnologie… ; sans oublier d’importants programmes concernant l’astronomie. Car l’Antarctique constitue une terre d’avenir pour cette discipline. Du moins, certains sites de cette zone. La base Concordia, par exemple. Administrée par les Français et les Italiens conjointement, elle est probablement le meilleur site d’observation du monde dans les domaines du visible et de l’infrarouge. Le ciel y est d’une pureté incomparable, supérieure à celle du Chili. « Comme elle se situe à 3 200 mètres d’altitude, au faîte du DômeC, Concordia n’est pas soumise aux vents catabatiques que l’on rencontre sur les autres bases scientifiques en Antarctique : l’atmosphère n’y est donc pas aussi turbulente », explique Vincent Coudé du Foresto, astronome à l'Observatoire de Paris. De fait, plusieurs pays ont compris le potentiel de l’Antarctique en matière d’astronomie. Les États-Unis qui, sur la base Amundsen-Scott, développent SPST 2, un projet de télescope de dix mètres observant dans le submillimétrique. Ou les Chinois qui envisagent d’implanter une base scientifique au Dôme A, à 4 200 mètres d’altitude. Mais la France n’est pas en reste. Avec l’Italie, elle souhaite profiter de l’excellence du site de Concordia pour y développer des programmes astronomiques. Le programme Stella Antarctica 3 labellisé "API", mené et soutenu par des scientifiques français, entend promouvoir la réalisation d’un très grand observatoire international au DômeC. (1) ICSU : International Council for Science. Founded in 1931, ICSU is a non-governmental organization. (2) SPST : South Pole Submillimeter Telescope (3) Pour voir la liste des projets français retenus/The complete list of approved French projects can be found at : http://www.ifremer.fr/ifrtp/pages/API%202007-2008/proscientfr.html 6- MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°6/ÉVÉNEMENT The fourth International Polar Year (IPY) will begin on 1 st March 2007.Thanks to this event, coordinated by the International Council for Science (ICSU) 1 and the World Meteorological Organization (WMO), dozens of countries will explore new scientific frontiers in both poles. In all, 209 « IPY » projects will be launched. The IPY will provide the opportunity for carrying out expeditions in the wake of those led by Paul-Emile Victor, for example, a crossing of Antarctica in which six countries will participate, France among them ; establishing new means of access, in particular a South Korean ice-breaker ; carrying out research in fields ranging from climate to social anthropology, not to mention some important programs in astronomy. Antarctica is a land of the future for astronomy ; at least certain sites in that region, such as the Concordia Station. Jointly managed by the French and the Italians, it is probably the best observation site in the world for the visible and infrared domains. There, the sky is of unmatched purity, better than in Chile. « Since it is located at an altitude of 3,200 metres, at the summit of DomeC, Concordia is not subject to the katabatic winds that blow at the other scientific stations in Antarctica, and therefore the atmosphere at the site is not so turbulent », explains Vincent Coudé du Foresto, an astronomer at Observatoire de Paris. Several countries have understood Antarctica’s potential for astronomy. For example the United States which operate the 10-meter South Pole Submillimeter Telescope (SPST) at the Amundsen-Scott Station. Or the Chinese, who are poised to establish a scientific station at Dome A, at an altitude of 4,200 meters. But France is not to be outdone.Together with Italy, it plans to take advantage of the excellent conditions at Concordia to develop several astronomical programs. The Stella Antarctica program 3, labelled « IPY », run and supported by French scientists, seeks to develop a very large international observatory at DomeC. DEUX PROJETS DE L’OBSERVATOIRE DE PARIS EN ANTARCTIQUE L’Observatoire de Paris se propose de mettre sur pied deux programmes de recherche dans les prochaines années, avec ses partenaires. Aladdin est un interféromètre, d’un coût de 20 millions d’euros, composé de télescopes d’un mètre tournant en cercle sur des rails, destiné à démontrer la faisabilité d’une importante mission de l’Agence spatiale européenne, Darwin, prévue à l'horizon 2015 et destinée à recenser les planètes habitables autour des étoiles proches du Soleil et d'y chercher des signes d'activité végétale. Le second instrument, Siamois, étudiera les tremblements stellaires : il s’agit d’étudier les oscillations lumineuses des étoiles au moyen d’un interféromètre couplé à un spectromètre. D’un montant estimé à 800.000 euros, Siamois fait actuellement l’objet d’une étude de faisabilité. TWO PROJECTS OF THE OBSERVATOIRE DE PARIS IN ANTARCTICA The Observatoire de Paris intends to establish two research programs in the coming years, in partnership. Aladdin is a 20-million-euro interferometer, madeup of one-metre telescopes mounted on a rotating truss, and will prepare the Darwin mission of the European Space Agency, whose aim is to find earth-like habitable planets in the solar neighborhood, and to analyze their atmosphere in search for markers of biological activity. The second instrument, Siamois, will study stellar oscillations through the observation of vibrations of the light from the stars using an interferometer coupled with a spectrometer. With an estimated cost of 800,000 euros, Siamois is presently undergoing a feasibility study.
TROIS QUESTIONS À... ÉRIC FOSSAT, Astrophysicien au Laboratoire universitaire d’astrophysique de Nice THREE QUESTIONS TO... ÉRIC FOSSAT, Astrophysicist at the Astrophysics Laboratory of the University of Nice Il est l’astronome qui a découvert le potentiel de l'Antarctique en matière d’astronomie. Il est également l’homme qui a fondé l’héliosismologie, c'est-à-dire l’étude des mouvements sismiques du Soleil. Bref, un nouveau pionnier de l’astronomie. He is the man who discovered Antarctica’s potential for astronomy and the founder of helioseismology the study of the interior of the Sun from observations of the vibrations of its surface. In short, he is one of the pioneers of modern astronomy. Comment avez-vous découvert l’intérêt que représente l'Antarctique pour l’astronomie ? Je me suis rendu trois fois sur la base américaine Amundsen-Scott, qui se trouve au pôle Sud géographique, en 1979, 1982 et 1984. C'est un site très intéressant pour ceux qui étudient le Soleil comme moi car, en été, on peut y travailler trois mois d'affilée, à un moment de l'année où le Soleil ne disparaît jamais du ciel. Or, justement, mes recherches nécessitaient de très longs temps de pose. Elles concernaient l'héliosismologie, une discipline naissante à l'époque, qui consiste à observer les oscillations de la surface du Soleil pour en déduire la structure interne. Mais même là-bas ces mois d'été n'empêchent pas que notre astre soit dissimulé la moitié du temps par des nuages… Alors pourquoi l’astronomie revient-elle en force sur la base de Concordia ? Parce que, depuis quelques années, la base franco-italienne Concordia est ouverte à la recherche durant l’hiver. Or, c’est un site absolument fabuleux à cette période de l’année. Installée en 2000, l’expérience Concordiastro destinée à étudier la qualité du ciel a révélé que la couverture nuageuse n’empêche l’observation que 10% du temps à cette saison, lorsque règne une nuit permanente propice aux observations longues. Site de tous les superlatifs, il offre aussi l’atmosphère la plus stable du monde, paramètre si important pour les grands télescopes modernes. L’atmosphère froide et sèche permettra notamment des études du ciel dans l’infrarouge qui étaient jusqu’ici réservées aux instruments spatiaux. Vous croyez donc au développement d’un observatoire de la classe du VLT à Concordia ? En 1999, quand Concordia a commencé à être construit, nous étions deux ou trois astronomes à pressentir son potentiel. Aujourd’hui, l’ensemble de la communauté est convaincu qu’on y fera de grandes choses. En 2008,A-STEP 1, un télescope de l’Observatoire de la Côte d'Azur et de l’Université de Nice, de 30 ou 40 cm, y sera installé pour étudier la sismologie des étoiles et rechercher des transits d’exoplanètes. La même année, les Italiens y établiront IRAIT 2, un télescope de 80 cm. Dans une vingtaine d’années, un grand observatoire international composé de plusieurs instruments spécialisés dans l’infrarouge y sera peut-être édifié. Nous militons dans ce sens en proposant le projet Keops, composé de 36 télescopes d’1,50 m à 2 m répartis sur un kilomètre carré. Bien sûr, le grand froid induit des difficultés techniques, mais nous avons 10 ou 15 ans devant nous pour les résoudre ! (1) A-STEP : Antarctica Search for Transiting Extrasolar Planets. Pour connaître l'ensemble des partenaires, voir le site/The complete list of partners can be found at : http://www.obs-nice.fr/guillot/ASTEP/team.html (2) IRAIT : International Robotic Antarctic Infrared Telescope. MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°6/ÉVÉNEMENT - 7 How did you discover the interest for astronomy that Antarctica represents ? I stayed three times at the American Amundsen-Scott South Pole Station, in 1979, 1982, and 1984. It is a very interesting place for those who, like myself, study the Sun, because in the summer one can work three consecutive months, at a period of the year when the Sun never disappears from the sky. That was precisely what I needed, for my research required very long exposure times. I was working in helioseismology, a new discipline at the time, which consists in observing the vibrations of the Sun’s surface in order to deduce its internal structure. But even over there, during those summer months, the Sun is still half of the time hidden behind the clouds… Then why is astronomy making such a strong comeback at the Concordia base ? Because for several years now the French-Italian Concordia Station is open for research during the winter. It is an absolutely fabulous place at that time of the year. Started in 2000, the Concordiastro program for the study of the quality of the sky showed that the cloud cover only prevents observations 10 percent of the time during this season, when the continuous night permits long observations. This superb site also offers the most stable atmosphere anywhere in the world, a very important parameter for the large telescopes now in use. In particular, the cold and dry atmosphere willallow the study of the sky in infrared, which until now was restricted to space instruments. Do you therefore believein the development of a VLT class observatory at Concordia ? In 1999, when the construction of Concordia began, we were only two or three astronomers to foresee its potential.Today, the entire astronomical community is convinced that we can achievegreat things over there. In 2008, A-STEP 1, a 30 or 40 cm telescope of the Côte d’Azur Observatory and the University of Nice will be installed there to study the seismology of stars and search for transits of exoplanets. That same year, the Italians will setup IRAIT 2, an 80 cm telescope. In twenty years or so, a large international observatory equipped with several instruments specially designed for infrared observations will perhaps be built there. We are working in that direction by proposing the Keops project : 36 telescopes of diameters between 1.5 and 2m, spread over one square kilometre. Of course, we are aware of the technical difficulties imposed by the extreme cold, but we have 10 or 15 years to overcome them ! ÉRIC FOSSAT expose l'intérêt de l'Antarctique pour l'astronomie à l'occasion d'Explor'espace 2005, à Cannes. ÉRIC FOSSAT explaining the interest Antarctica represents for astronomy at Explor’espace 2005, in Cannes. Pierre et Martine Saby Contact : Éric FOSSAT LUAN +33 (0)4 92 07 63 43 eric.fossat@unice.fr PROFIL Né en 1944, Éric Fossat est titulaire d’un doctorat es sciences obtenu à Nice en 1975. Intégré en 1967 au Laboratoire universitaire d’astrophysique de Nice, il a consacré l’essentiel de sa carrière à l’héliosismologie et à la constitution d'un réseau de télescopes autour de la Terre baptisé Iris permettant, lui aussi, d’observer le Soleil de façon continue. Responsable scientifique du programme Concordiastro visant à qualifier le site de Concordia pour l’astronomie, il est responsable du groupe "Astronomie au Dôme C" de l’INSU 3. Auteur de près de 200 publications, il a reçu en 1980 la médaille de bronze du CNRS et, en 2002, le Prix du rayonnement français de l'association Réalités et Relations Internationales. PROFILE Born in 1944, Éric Fossat received his PhD in Physics from the University of Nice in 1975. In 1967 he joined the Astrophysics Laboratory of the University of Nice and devoted most of his career to helioseismology and the deployment of a network of telescopes around the world known as Iris, which allows the observation of the Sun in a continuous fashion. He is principal investigator of the Concordiastro program and chairman of the INSU (3) group « Astronomy at Dome C ». The author of nearly 200 publications, in 1980 he received the CNRS Bronze Medal and in 2002 the Prix du rayonnement français from the Réalités et Relations Internationales Association. (3) INSU : Institut National des Sciences de l'Univers/National Institute of Universe Sciences



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