Magazine Observatoire de Paris n°5 jun/jui/aoû 2006
Magazine Observatoire de Paris n°5 jun/jui/aoû 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jun/jui/aoû 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Corot à quatre mois du lancement.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SCHÉMA SHAPLEY Diagramme en cône (ascension droite) des galaxies observées dans la région du superamas de Shapley. Conical diagram (right ascension) of the galaxies observed in the Shapley supercluster region. GEPI - Observatoire de Paris Contact : Dominique PROUST Ingénieur CNRS GEPI +33 (0)1 45 07 74 11 dominique.proust@obspm.fr LE GRAND ATTRACTEUR (PARTIELLEMENT) IDENTIFIÉ THE GREAT ATTRACTOR (PARTIALLY) IDENTIFIED Notre galaxie est irrésistiblement attirée dans la direction de la constellation du Centaure. Quel est le "Grand Attracteur " responsable de ce phénomène ? Aujourd’hui, le département Galaxies, Étoiles, Physique et Instrumentation - GEPI apporte des éléments nouveaux. Our galaxy is being inexorably pulled in the direction of the constellation Centaurus. What is the « Great Attractor » causing this phenomenon ? The Galaxies, Stars, Physics and Instrumentation Laboratory (GEPI) of the Observatoire de Paris provides some new clues. Depuis l’origine, l’Univers est emporté dans un mouvement d’expansion général que l’on compare à celui d’un ballon de baudruche en train d’être gonflé. Ce qu’on ignore souvent, c’est que la trentaine de galaxies du Groupe Local, auquel appartient notre propre galaxie, la Voie Lactée, s’écartent de ce mouvement universel. Elles cinglent en effet vers la constellation du Centaure à la vitesse de 366 +/- 125 km/s. Par quel phénomène ? Une équipe internationale d’astronomes (chiliens, australiens, brésiliens et argentins), sous la responsabilité de Dominique Proust du GEPI à l'Observatoire de Paris et Hernan Quintana (Santiago du Chili), a cherché à le savoir 1. Superamas de galaxies Selon l’hypothèse la plus courante, un ou plusieurs superamas de galaxies pourraient exercer une attraction gravitationnelle suffisante pour expliquer cette déviation. L’équipe s’est tournée vers le superamas de Shapley découvert en 1930 par l’astronome américain Harlow Shapley. Et a ainsi mis en évidence la plus grande concentration de matière dans l’Univers proche, c’est-à-dire à moins de 500 millions d'années-lumière de nous. Pour évaluer cette masse, les chercheurs ont d’abord identifié les galaxies faisant partie de ce superamas à partir de plaques photographiques de l’ESO (Observatoire européen austral) qu’ils ont numérisées sur la "Mama" (Machine À Mesurer Automatique) de l’Observatoire de Paris. Puis ces galaxies ont été observées au moyen de télescopes situés au Chili (le Du Pont de 2,50 met le 3,60 m de l’ESO) et en Australie (l’UKST d’1,80 m). À partir de là, plusieurs méthodes d’estimation ont été mises en œuvre. L’une d’elles consistait à déterminer les vitesses de 8 632 galaxies et leur direction de déplacement grâce aux spectrographes dont les trois télescopes étaient munis. À partir de cette analyse dynamique du superamas, les chercheurs ont pu estimer la masse de l’ensemble. Au final, il apparaît que le superamas de Shapley possède une masse de l’ordre de 5 x 1016 (c’est-à-dire dix millions de milliards de fois) celle du Soleil. « C’est un chiffre impressionnant, constate Dominique Proust, mais il ne correspond qu’à la moitié de la masse supposée du Grand Attracteur ». Après cet important travail de défrichement, il reste donc à découvrir quels groupes de galaxies pourraient être à l’origine de l’autre moitié du phénomène… 12 - MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°5/ACTUALITÉ DES LABORATOIRES TÉLESCOPE DU PONT Le télescope Du Pont de 2,50 m situé à Las Campanas, au Chili, a réalisé une bonne part des observations. Il appartient à la Carnegie Institution of Washington. DU PONT TELESCOPE The 2.5-meter Du Pont telescope located at Las Campanas, Chile, was used for many of the observations. It belongs to the Carnegie Institution, in Washington. DR Since the beginning of time, the Universe has been undergoing an expansion that is often compared to that of a rubber balloon being inflated. A less-known fact is that the thirty or so galaxies makingup the Local Groupof which our galaxy, the Milky Way, is a member- -do not participate in this universal motion. They rather head towards the constellation Centaurus with a speed of 366 +/- 125 km/s. The explanation of this phenomenon is being sought by an international team of astronomers (from Chile, Australia, Brazil, and Argentina), led by Dominique Proust, from GEPI, and Hernan Quintana (Santiago, Chile) 1. Galaxy supercluster According to the most popular hypothesis, one or more galaxy superclusters could exert a gravitational pull strong enough to explain the deviation. The international team focused on the Shapley supercluster, discovered in 1930 by the American astronomer Harlow Shapley. This is the largest agglomeration of matter in the near Universe, that is, at a distance of less than 500 million light-years from the Earth. To estimate this mass, the researchers first identified the galaxies in the supercluster from photographs taken by the ESO (European Southern Observatory) which they digitalized using « Mama », an automatic measuring machine at the Observatoire de Paris.Those galaxies were then observed with telescopes in Chile (the 2.5-meter Du Pont and the ESO’s 3.6-meter) and Australia (the 1.8-meter UKST). They then applied several estimation methods to this information. One of these consisted in determining the speed and direction of motion of 8 632 galaxies using the spectrographs mounted on the telescopes. From this dynamical analysis of the supercluster, the researchers were able to estimate its total mass. In the end, it appears that the Shapley supercluster’s massis of the order of 5 x 1016 (i.e., ten million billion times) that of the Sun’s. « It is an impressive figure », admits Dominique Proust, « but it is only onehalf of the Great Attractor’s estimated mass ». After this significant groundwork, there remains to be found what galaxy groups might be the cause of the other half of the phenomenon. (1) A&A, vol. 447,pp. 133-144 (2006).
EN PLEINE FORME, VENUS EXPRESS OBSERVE IN GREAT SHAPE, VENUS EXPRESS BEGAN ITS OBSERVATIONS MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°5/ACTUALITÉ DES LABORATOIRES - 13 La sonde européenne Venus Express est maintenant à pied d’œuvre. À son bord, le spectroimageur VIRTIS, conçu en partie au Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique - LESIA, a déjà fourni des images spectaculaires. It’s all systems go for the European Venus Express probe. On board, the VIRTIS spectro-imager, partly designed at the Laboratory for Space Studies and Astrophysics Instrumentation (LESIA), has already sent back some spectacular images. « Tout va bien, les instruments fonctionnent de manière nominale ». Pierre Drossart, planétologue à l’Observatoire de Paris, est satisfait et rassuré. La sonde Venus Express, au succès de laquelle il a activement collaboré, est en bon état de santé après avoir été insérée en orbite le 11 avril dernier autour de Vénus. Une première observation a eu lieu dès le lendemain, alors que les instruments étaient encore en cours de vérification et calibration. Et quelle observation ! Jamais les scientifiques n’avaient vu une telle image, prise à l’aplombdu pôle sud de Vénus. Sur le cliché que l’on doit à VIRTIS - le spectroimageur construit en collaboration entre le LESIA et l’Istituto di Astrofisica Spaziale de Rome, et dont un canal a été construit au LESIA -, on remarque la présence d’un vortex dont l’existence était soupçonnée – le même se trouve au pôle nord - mais dont on ne possédait pas de preuve directe. « Nous sommes très fiers de cette image qui a fait le tour du monde », sourit Pierre Drossart. En mode opérationnel À partir du 15 avril, des corrections d’orbite ont été apportées de manière à ce que la sonde, dont l’orbite était encore très elliptique, c’est-à-dire allongée, soit « finalisée ». Dès le 9 mai, il suffisait de 24 heures à Venus Express pour accomplir un tour de la planète, contre neuf jours un mois plus tôt. Son apoastre (point le plus éloigné de son orbite par rapport à Vénus) est ainsi passé de 330 000 km à 66 000 km et son périastre (point le plus rapproché) de 400 à 250 km. Depuis début juin, la sonde est en mode opérationnel et engrange les données. « VIRTIS devait sonder l’atmosphère à différentes altitudes jusqu’à la surface ellemême. Nous savons, depuis que nous avons testé l’instrument, que ces objectifs seront atteints. L’instrument, capable de réaliser des observations de l’ultraviolet à l’infrarouge (de 0,25 microns de longueur d’onde à 5 microns) pourra également extraire des spectres de l’atmosphère et ainsi permettre l’étude de sa composition. Là encore, les essais sont satisfaisants », indique Pierre Drossart. L’équipe de recherche rendra publics ses premiers résultats au cours d’une conférence de presse de l’ESA qui se tiendra début juillet. Les premières communications scientifiques seront faites à partir du 16 juillet, au Congrès du COSPAR (Comittee on Space Research) qui se tient à Pékin cette année. « Everything is going fine ; the instruments are working as rated ». Pierre Drossart, planetologist at the Observatoire de Paris, is satisfied and reassured.The Venus Express probe, to whose success he actively contributed, is in good health after having been placed into orbit around Venus on 11 April. A first observation took place the next day, while the instruments were still being tested and calibrated. And what an observation it was ! Scientists had never seen such an image, directly above Venus’south pole. On the picture taken by VIRTISthe spectro-imager built jointly by LESIA and Rome’s Istituto di Astrofisica Spaziale, one channel of which was built at LESIAthere is a vortex. The existence of this vortex (there is another one at the north pole) was suspected but never confirmed. « We are very proud of this picture that was seen around the world », says Pierre Drossart with a smile. In operational mode Beginning on 15 April, corrections to the probe’s strongly elliptical orbit that is, elongated were performedin order to "reach its final configuration". After 9 May, Venus Express completed a revolution around the planet in 24 hours, compared to 9 days a month earlier. Its apogee (the point in its orbit at which it is farthest from Venus) went from 330,000 to 66,000 km, and its perigee (the point at which it is closest) from 400 to 250 km. The probe has been in operational mode and storing data since the beginning of June. « VIRTIS was supposed to probe the atmosphere at various altitudes down to the surface. After testing the instrument, we now know that this goal will be achieved. VIRTIS can performobservations from the ultraviolet to the infrared (with a wavelength of from 0.25 to 5 microns) and it willalso be able to collect atmospheric spectra and so allow scientists to study its Dérivé d’un instrument réalisé pour la mission Rosetta d’étude de comète, LE SPECTRO-IMAGEUR VIRTIS analyse l’amosphère de Vénus dans toute son épaisseur. THE VIRTIS SPECTRO-IMAGER, a new version of an instrument built for the study of comets by the Rosetta mission, analyses Venus’atmosphere at every altitude. ESA/IASS/Observatoire de Paris composition. In that respect as well the tests are satisfactory », adds Pierre Drossart. The research team willannounce its first results during a press conference at ESA at the beginning of July. The first scientific papers will be presented at the COSPAR meeting (Committee on Space Research), which this year will take place in Beijing starting on 16 July. Cette image du PÔLE SUD DE VÉNUS a été prise le 12 avril dernier par le spectroimageur VIRTIS. On remarque que les zones de contraste côté gauche (cliché pris de jour) se prolongent côté droit (cliché pris de nuit) et que les gaz atmosphériques s’enroulent en spirale autour du pôle sud jusqu’à l’équateur. Image of VENUS’SOUTH POLE taken on 12 April 2006 by the VIRTIS spectro-imager. Notice that the contrast areas on the left (photograph taken during the day) extend to the right (taken during the night) and the atmospheric gazes spiral around the south pole down to the equator. ESA/IASS/Observatoire de Paris Contact : Pierre DROSSART Directeur de recherche CNRS LESIA +33 (0)1 45 07 76 64 pierre.drossart@obspm.fr



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