Magazine Observatoire de Paris n°4 mar/avr/mai 2006
Magazine Observatoire de Paris n°4 mar/avr/mai 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2006

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 26

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : évènement... ESO, tremplin vers le futur.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LE VERY LARGE TELESCOPE Le plus puissant des observatoires du monde a ouvert les yeux au Paranal en 1998-2000. THE VERY LARGE TELESCOPE The most powerful observatory in the world opened its eyes at Paranal in 1998-2000. ESO Contacts : Pierre LÉNA Professeur des universités LESIA +33 (0)1 45 07 78 35 Pierre.Lena@obspm.fr François HAMMER Astronome GEPI +33 (0)1 45 07 74 08 Francois.Hammer@obspm.fr PORTRAIT D’UNE EXOPLANÈTE Première image d’une planète extrasolaire, prise avec l’optique adaptative française du VLT. PORTRAIT OF AN EXOPLANET First picture of an extrasolar planet, taken with the VLT’s French adaptive optics. ESO/CNRS/O. Grenoble L’OBSERVATOIRE EUROPÉEN AUSTRAL L’ESO, European Southern Observatory, compte 11 pays membres : Allemagne, Belgique, Danemark, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Suède, Suisse et Royaume-Uni. L’Espagne adhérera en juillet. La France contribue pour 18% du budget de 112 millions d’euros. La Silla abrite 6 télescopes. Paranal héberge le Very Large Telescope et ses quatre miroirs de 8 mètres. Chaque année, plus de 1600 demandes d’utilisation sont formulées. THE EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY (ESO) The eleven countries members of ESO are : Belgium, Denmark, Finland, France, Germany, Italy, Portugal, Sweden, Switzerland, The Netherlands, and the United Kingdom. Spain will join the group in July. France contributes 18 per cent of the 112 million-euro budget. There are six telescopes at La Silla. Paranal houses the Very Large Telescope and its four 8-meter mirrors. Each year, over 1,600 applications for observation time are received. 6- MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°4/ÉVÉNEMENT L’OBSERVATOIRE EUROPÉEN AUSTRAL : TREMPLIN VERS LE FUTUR THE EUROPEAN SOUTHERN OBSERVATORY : A SPRINGBOARD TOWARDS THE FUTURE Sur le Paranal, au Chili, le Very Large Telescope européen suscite une réussite enviée. Il traque exoplanètes, étoiles, trous noirs, galaxies... Et la relève se profile déjà à l’horizon. At Paranal, in Chile, the success of the European Very Large Telescope is the envy of the astronomical community. It tracks exoplanets, stars, black holes and galaxies. And its successor already appears on the horizon. « Les débuts furent difficiles », rappelle Pierre Léna de l’Observatoire de Paris, professeur émérite à l’Université Paris 7 - Denis Diderot et membre de l’Académie des sciences. « Après la guerre, les chercheurs européens ne pouvaient plus rivaliser avec leurs collègues américains. Aussi, en 1962, cinq pays ont fondé l’Observatoire européen austral (ESO) dans l’hémisphère sud ». Le grand télescope de 3,6 m de diamètre a été érigé à La Silla, au Chili, en 1976. Le New Technology Telescope - NTT a suivi en 1989. Puis, le Very Large Telescope - VLT a inauguré ses quatre miroirs de 8,2 m au sommet du Cerro Paranal de 1998 à 2000. Belle réussite. « Même nos concurrents outre-Atlantique saluent la performance », insiste le pionnier scientifique. « Pour nombre de programmes, le Très grand télescope supplante Hubble, fleuron de la NASA ». Il débusque planètes extrasolaires, étoiles, galaxies et matière noire du cosmos… Le trou noir au cœur de la Voie lactée n’y a pas résisté. « Il a été identifié grâce à une technique née en France, et en particulier ici à l’Observatoire de Paris ». Le VLT incarne désormais un rôle moteur et fédérateur. L’école française, notamment, lui a fourni deux éléments vitaux. L’optique adaptative corrige les effets néfastes de la turbulence de l’atmosphère. L’interférométrie, ensuite, donne au VLT son plus beau mode de fonctionnement où les télescopes individuels scrutent – en cohérence – une même cible. Ceci aboutit à un domaine d’excellence nationale : l’imagerie haute définition unit Paris, Grenoble, Lyon, Toulouse et Nice. La France ardent partenaire Au final, les chercheurs de l’Observatoire de Paris profitent bien du succès. Ils ont construit trois instruments installés sur le VLT. Notamment : « Depuis 2002, le spectrographe Giraffe sonde la dynamique des galaxies »,explique son responsable François Hammer. En parallèle, les industriels Reosc, ONERA, Cilas ont bénéficié de contrats. Et le mouvement continue. « Nous contribuons à X-shooter qui traquera les sursauts gamma en 2008 ». Ensuite, une autre expérience, Gravity, est proposée afin de démasquer les effets relativistes du trou noir du centre galactique. Retombée indirecte de ces savoirs accumulés, l’école doctorale Astronomie et Astrophysique en Île-de-France essaime partout en France. Voire aux États-Unis. Tandis que la collaboration européenne s’intensifie. Les ingénieurs de l’ESO préparent ainsi le télescope extrêmement grand ELT, de 30 à 60m, pour 2017. Le groupe de François Hammer, de son côté, travaille à une extension des performances de l’optique adaptative. Falcon utilisera 15 - voire 100 ! - cellules de corrections miniatures identiques. Un prototype serait testé en 2011 au VLT, avant de passer au supergéant ELT. Objectif : défendre jalousement la pôle position européenne. « The beginnings were difficult », remembers Pierre Léna from the Observatoire de Paris, professor emeritus at the University of Paris 7 - Denis Diderot and member of the Académie des sciences. « After the war, European researchers could no longer compete with their American colleagues. And so, in 1962, five countries created the European Southern Observatory (ESO) in the southern hemisphere. » The large, 3.6-meter in diameter telescope was built at La Silla, in Chile, in 1976. The New Technology Telescope (NTT) followed in 1989.Then came the Very Large Telescope (VLT), with its four 8.2- meter mirrors, on top of Cerro Paranal, from 1998 to 2000. A great achievement. « Even our rivals on the other side of the Atlantic are impressed », insists the scientist, a true pioneer. « For many programs, the Very Large Telescope replaces Hubble, NASA’s jewel. » It discovers extrasolar planets, stars, galaxies and dark matter in the cosmos. Even the black hole at the center of the Milky Way surrendered to its probing. « It was identified thanks to a technique developed in France, and in particular here at the Observatoire. » The VLT now plays a leading and unifying role.The French school, in particular, provided two crucial components for the VLT. Adaptive optics, which compensates for the damaging effects of atmospheric turbulence, and interferometry, which provides the VLT with its most distinctive capability : individual telescopes observing in unison the same target. Together, they constitute a field in which our country excels : high definition imaging, at Paris, Grenoble, Lyon, Toulouse and Nice. France : an enthusiastic partner In the end, researchers at the Observatoire de Paris profit from all this success. They built three instruments that are mounted on the VLT. Notably : « Since 2002, the Giraffe spectrograph probes galaxy dynamics »,explains François Hammer, responsible for the instrument. At the same time, industrial firms such as Reosc, ONERA and Cilas landed profitable contracts. And it’s not over yet. « We contribute to X-shooter, which will track gamma ray bursts in 2008 ». Also, another Gravity experiment has been proposed in order to detect the relativistic effects of the black hole at the center of the galaxy. Indirect fallout of all this accumulated knowledge, the Île-de-France Astronomy and Astrophysics Doctoral School spreads throughout France, and even the United States. Meanwhile, European cooperation intensifies. ESO engineers are working on the Extremely Large Telescope (ELT), 30 to 60 meters in diameter, for 2017. François Hammer’s team, for its part, is developing an extension of adaptive optics. Falcon will employ 15perhaps 100 ! identical miniature correction cells.A prototype may be tested in 2011 on the VLT before proceeding to the super giant ELT.The goal is to preserve Europe’s pole position in the field. ELT, supergéant du futur Le télescope extrêmement grand sera doté d’une optique adaptative hors pair, en 2017. ELT, super giant of the future The Extremely Large Telescope will be equipped with first-rate adaptive optics. ESO/CNRS/O. Grenoble
TROIS QUESTIONS À... CATHERINE CESARSKY Directrice générale de l’Observatoire européen austral THREE QUESTIONS TO... CATHERINE CESARSKY Director general of the European Southern Observatory Unis, les astronomes européens atteignent le premier rang mondial. C’est vrai avec le Very Large Telescope. Cela va continuer avec les projets ALMA en 2012 et ELT en 2017. L’Observatoire de Paris bénéficie du succès. United, European astronomers are world leaders in their field. Such is the case with the Very Large Telescope, and this achievement will be repeated with the ALMA (in 2012) and ELT (in 2017) projects. The Observatoire de Paris benefits from this success. Quel est le rôle de l’Observatoire européen austral ? L’ESO, European Southern Observatory, offre aux astronomes européens les plus puissants instruments d’observation disponibles au sol. Ils sont implantés dans l’hémisphère sud, loin des installations nationales des pays membres. En outre, nous organisons et promouvons la coopération entre les équipes de chercheurs européens. Cette démarche aboutit à de splendides résultats. Les télescopes de La Silla ou du Cerro Paranal, au Chili, délivrent des données scientifiques pendant plus de 80 voire 90% du temps. En 2005, ceci a alimenté 575 articles spécialisés, dont 7 dans la revue Nature. Nos équipements sont les plus productifs du monde. Ceci stimule les jeunes générations dans la compétition internationale. Quels beaux projets se dessinent pour l’avenir ? Notre installation phare actuelle est le Very Large Telescope - VLT. Son instrumentation variée est performante et enviée. En 2012, un réseau géant de plus de 50 antennes mobiles, de 12 mètres de diamètre, sera implanté plus au nord-est : sur le plateau de Chajnantor. ALMA, Atacama Large Millimeter Array, est un projet mondial de 800 millions d’euros. Il résulte d’une collaboration avec les États-Unis et le Japon. Vers 2017, s’y ajoutera un télescope extrêmement grand, ELT. Son miroir segmenté en mosaïque mesurera entre 30 et 60 mètres. Sa construction représente un défi pour le futur, et le coût devra rester du même ordre que celui d’ALMA. PROFIL Catherine Cesarsky s’est formée à Buenos Aires, Harvard, Caltech. Elle a travaillé au Commissariat à l’Énergie Atomique, et y a été responsable de la caméra du satellite infrarouge européen ISO et directrice du département sciences de la matière. Première française à la tête de l’ESO, elle présidera l’Union astronomique internationale à partir d’août 2006. Les liens avec l’Observatoire de Paris sont-ils fructueux ? La collaboration s’avère exemplaire ! Les astronomes français ont apporté une contribution majeure au VLT. L'Observatoire de Paris, en particulier, a fourni trois instruments de détection et d’analyse du rayonnement reçu : le spectrographe Flames/Giraffe, l’expérience interférométrique Vinci et l’optique adaptative Naos. Il s’illustre ici avec talent. En outre, l’Observatoire de Paris contribue à l’instrument X-shooter, qui sera installé en 2008 sur l’un des télescopes de 8 mètres, et nous travaillons ensemble sur le concept d’optique adaptative étendue indispensable à la mise en place du projet de grande dimension ELT. De jeunes chercheurs de l'Observatoire, Pierre Kervella et Vanessa Hill entre autres, se sont formés dans nos équipes. Et le projet ALMA intéresse les spécialistes de l'Observatoire de l’Univers froid. MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE N°4/ÉVÉNEMENT - 7 What is the role of the European Southern Observatory ? ESO provides European astronomers with the most powerful ground-based observation instruments available. They are located in the southern hemisphere, far from the national facilities of the member countries. In addition, we organize and promote collaboration among European research teams, an initiative that paid off handsomely. The telescopes at La Silla and Cerro Paranal, in Chile, produce scientific data more than 80, or even 90, per cent of the time. In 2005, this information was the source of 575 specialized articles, 7 of these published in the prestigious journal Nature. Our instruments are the most productive in the world, a stimulating factor for the younger generations that have to compete internationally. What interesting projects are in store for the future ? Presently, our flagship facility is the Very Large Telescope. Its diversified instrumentation is very efficient and the envy of many. In 2012, a giant network of over fifty mobile antennae, 12 meters in diameter, will be deployed to the north-east, on the Chajnantor plateau. ALMA, Atacama Large Millimeter Array, is an 800 millioneuro worldwide project, the result of a collaboration with the United States and Japan. PROFILE Catherine Cesarsky received her training at Buenos Aires, Harvard and Caltech. She worked for the Atomic Energy Commission, where she was responsible for the camera of the ISO European infrared satellite and head of the Sciences of Matter department. First Frenchwoman to head ESO, she will become President of the International Astronomical Union in August 2006. Around 2017, an Extremely Large Telescope (ELT) will be added. Its segmented mirror will measure between 30 and 60 meters. Its construction represents a challenge for the future, and the cost should be comparable to that of ALMA. Are the links with the Observatoire de Paris profitable ? It is a model collaboration ! French astronomers contributed in a major way to the VLT. The Observatoire de Paris, in particular, provided three instruments for the detection and analysis of received radiation : the Flames/Giraffe spectrograph, the Vinci interferometric experiment and the Naos adaptive optics : a remarkable contribution. In addition, the Observatoire de Paris participates in the X-shooter device, which will be mounted in 2008 on one of the 8-meter telescopes, and we are working together on extended adaptive optics concept that are crucial to the implementation of the ambitious Extremely Large Telescope (ELT) project. Some young researchers from the Observatoire, Pierre Kervella and Vanessa Hill, among others, were trained by our teams. And the cold Universe specialists at the Observatoire are interested in our ALMA project. CATHERINE CESARSKY « L’astrophysique du futur et l’Europe qui gagne ». « Astrophysics of the future and a winning Europe ». ESO Contact : Catherine CESARSKY ESO +49 89 3200 6227 ccesarsk@eso.org



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