Magazine Observatoire de Paris n°2 jun/jui/aoû 2005
Magazine Observatoire de Paris n°2 jun/jui/aoû 2005
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2005

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Observatoire de Paris

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : l'optique adaptative avec Falcon et Sésame.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PLUIES DE LÉONIDES dans les arbres de Corée du Sud (Bohyunsan Optical Observatory) en 2001. Le taux de météores a atteint une moyenne de 1 toutes les deux secondes (30 par minute). LEONID SHOWER in South Korean trees (Bohyunsan Optical Observatory) in 2001. The frequency of meteors reached an average of one every two seconds, or 30 per minute. Observatoire de Paris/IMCCE - J. V. Contact : Jérémie VAUBAILLON IMCCE + 33 (0)1 40 51 22 66 vaubaillon@imcce.fr Lexique UN MÉTÉORE est un terme générique désignant tout phénomène lumineux atmosphérique : étoiles filantes, arcs-en-ciel, aurores boréales, foudre... UN MÉTÉOROÏDE est un objet du système solaire beaucoup plus petit qu'un astéroïde mais plus grand qu'un atome ou une molécule (typiquement entre 100 microns et 10 m). UNE MÉTÉORITE est un météoroïde suffisamment massif pour ne pas se désintégrer totalement et atteindre le sol terrestre. Glossary ME TEOR is a generic termdesignating any atmospheric phenomenon involving light : shooting stars, rainbows, Northern Lights, lighting, and so forth. A METEOROID is an object of the Solar system much smaller than an asteroid but larger than an atom or molecule (typically between 100 microns and 10 m). A METEORITE is a meteoroid large enough to reach the ground without disintegrating completely. ÉTOILES FILANTES : AVIS DE TEMPÊTE EN 2034 SHOOTING STARS : STORM WARNING FOR 2034 Par nuits claires, un œil bien aguerri peut observer une à dix « étoiles filantes » (météores) par heure, parfois plus, lorsque la Terre traverse un essaim de débris marquant l'orbite d'une ancienne comète. La prévision de ces grandes pluies de météores est une activité récente à l'Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides - IMCCE, qui lui permet de fournir des éphémérides d'essaims météoritiques à la communauté scientifique. On a clear night, a sharp eye can spot from one to ten « shooting stars » (meteors) per hour, sometimes more, when the Earth crosses a swarmof debris marking an ancient comet's orbit. Forecasting those great meteor showers is a recent activity at the Celestial Mechanics and Ephemerides Calculation LaboratoryIMCCE, one which allows it to provide ephemerides of meteor showers to the scientific community. Lorsque notre planète traverse une traînée de débris de comète dont les orbites croisent celle de la Terre, on observe une recrudescence d'« étoiles filantes ». Il s'agit en fait de météoroïdes, petits corps célestes rocheux ou métalliques qui se désintègrent et provoquent le rayonnement de l'air qui les entoure en pénétrant dans l'atmosphère terrestre. Ces phénomènes lumineux, que nous observons comme une brève traînée dans le ciel, sont loin d'être rares. Leur fréquence moyenne varie entre une et dix intrusions terrestres par heure et augmente sensiblement à certaines périodes de l'année. Certaines pluies reviennent en effet régulièrement, telles les Perséides en août ou les Léonides en novembre. Dans le ciel, par effet de perspective, les météoroïdes semblent provenir d'un même point de fuite, le « radiant », pointant dans la direction d'une constellation, en l'occurrence celle de Persée ou celle du Lion (Leo en latin). La prévision de ces grandes pluies intéresse non seulement les astrophysiciens qui étudient les corps célestes appartenant au système solaire, mais aussi les opérateurs de satellites comme le CNES 1 qui souhaitent protéger efficacement leurs appareils. Les travaux du Groupe Astrométrie et Planétologie de l'IMCCE consistent notamment à modéliser et à simuler l'évolution des essaims. Ces informations permettent ensuite d'élaborer des éphémérides précis à la minute près. Parmi les grandes pluies mises sous surveillance, figurent les Léonides, associées à la comète 55P/Tempel-Tuttle dont la période est de 33 ans. Les Léonides L'intérêt pour cet essaim, produisant de spectaculaires pluies de météores, remonte au XIXe siècle. Le 17 novembre 1833, de nombreux observateurs aux Etats-Unis virent surgir des centaines de météores par minute semblant provenir de la région de la constellation du Lion (Leo). Plus récemment, en 1998, le passage au périhélie de la comète 55P/Tempel-Tuttle fut un événement exceptionnel et très attendu par la communauté scientifique. La tempête annoncée cette année-là n'eut cependant pas lieu à la date prévue, mais une vingtaine d'heures auparavant. De quoi obliger les prévisionnistes à revoir leur copie. En 2002, le modèle développé à l'IMCCE fournit les prévisions les plus réalistes, tant pour les horaires que pour la quantité de météores observés. Méthodes de prévision L'observation des météores ne requiert pas l'usage d’un télescope géant mais se contente d'une caméra vidéo à grand champ. L'objectif est simple puisqu'il s'agit de compter, pour un temps donné, le nombre de météores ayant pénétré dans l'atmosphère terrestre. Beaucoup plus sophistiqué, le modèle numérique est ensuite basé sur la simulation des courants météoritiques et de la sélection des particules au voisinage de la terre, au moment des pluies. L'évolution de chaque courant météoritique est unique, dominée par les vitesses d'éjection puis par les forces non-gravitationnelles. Le traitement des données permet aux astronomes de calculer la position d'un nuage et la date du maximum de son intensité. Ainsi, si quelques pluies mineures de Léonides sont attendues en 2006 et 2009, les grandes tempêtes ne sont pas prévues avant 2034 puis dans les années 2060. When our planet passes through the trail of debris from a comet whose orbit crosses that of the Earth, an outburst in « shooting star » activity can be observed. These are in fact meteoroids, small celestial objects, made of stone or metal, that desintegrate and cause the air around it to radiate as they enter the Earth's atmosphere. These phenomena, which we see as a brief streak of light in the sky, are far from rare. Their mean frequency ranges from one to ten terrestrial intrusions per hour and it increases sharply at certain times of the year. Some of these showers come back at regular intervals, such as the Perseids in August or the Leonids in November. Due to an effect of perspective, all meteoroids appear to come from a single vanishing point in the sky, the « radiant », pointing in the direction of some constellation, in this case Perseus or Leo. Astrophysicists studying celestial objects in the Solar system are interested in the prediction of those great showers, but so do satellite operators, such as the Centre National d’Études Spatiales (CNES), wishing to protect their equipment. Work at IMCCE's Astrometry and Planetology Group seeks in particular to model and simulate the evolution of meteor swarms. Based on this information, precise, down to the minute ephemerides can be established. Among the great showers being monitored there are the Leonids, spawned by the 55P/Tempel-Tuttle comet, which has a 33-year period. The Leonids Interest in this swarm, which produces some spectacular meteor showers, dates back to the nineteenth century. On 17 November 1833, a number of observers in the United States witnessed the sudden appearance of hundreds of meteors per minute that seemedto come from the Leo constellation region. More recently, in 1998, the passage of the 55P/Tempel-Tuttle comet through its perihelion was an exceptional event, long-awaited by the scientific community. The stormannounced to take place that year actually occurred twenty hours earlier than predicted. This sent forecasters back to their drawing boards. In 2002, the model developed at IMCCE provides the most realistic predictions, in terms of time of occurrence and number of meteors observed. Forecasting methods Meteor observation does not require the use of a large telescope but only of a wide-field video camera. The goal of the exercise is simple : to count the number of meteors entering the Earth's atmosphere in a given interval of time. Much more sophisticated, the numerical model is based on the simulation of meteor streams and the selection of particles in the vicinity of the Earth during the showers. The evolution of each meteor stream is unique, dominated by ejection velocities and non-gravitational forces. Data processing allows astronomers to calculate the cloud's position and the date of its maximum intensity. While some minor Leonid showers are expected in 2006 and 2009, the earliest great storms are predicted for 2034 and the 2060s. 1) Centre National d'Études Spatiales
MAGAZINE DE L’OBSERVATOIRE DE PARIS N°2/COLLOQUES ET RENCONTRES SCIENTIFIQUES - 15 COLLOQUES ET RENCONTRES SCIENTIFIQUES SCIENTIFIC MEETINGS AND COLLOQUIA De nombreuses rencontres scientifiques sont organisées à l'Observatoire de Paris, souvent en collaboration avec d'autres établissements. Parmi celles-ci, deux événements rendent hommage au parcours de chercheurs de l'Observatoire : d'une part le prix Jeune Chercheur de la SF2A décerné à Guy Perrin et d'autre part une conférence organisée en l'honneur de Pierre Encrenaz. The Observatoire de Paris organizes numerous scientific meetings, often jointly with other institutions. Among these, two events pay tribute to members of the Observatoire staff : the SF2A Young Researcher Prize awarded to Guy Perrin and a conference to honor Pierre Encrenaz. ! LE PRIX JEUNE CHERCHEUR DE LA SOCIÉTÉ FRANCAISE D'ASTRONOMIE ET D'ASTROPHYSIQUE - SF2A À l'occasion des Rencontres de la SF2A organisées fin juin à Strasbourg, sera remis le Prix Jeune Chercheur à Guy Perrin, astronome-adjoint à l'Observatoire de Paris au sein du LESIA. Spécialisé en technique d'interférométrie, Guy Perrin a démontré pendant sa thèse la validité d'une technique nouvelle permettant de corriger la corruption du signal interférométrique par la turbulence atmosphérique à l'aide de fibres monomodes. L'instrument FLUOR, réalisé en collaboration avec Vincent Coudé du Foresto sous la direction de Jean-Marie Mariotti, a permis d'obtenir une qualité de données inédite et a servi de prototype pour nombre d'instruments aujourd'hui en fonction ou en cours de réalisation, tel VINCI du VLTI (ESO). Avec FLUOR, installé sur l'interféromètre IOTA en Arizona, Guy Perrin a pu apporter de nouvelles données sur la structure des étoiles de type Mira et des supergéantes rouges. Par ailleurs, Guy Perrin, membre de l'équipe européenne qui a réalisé MIDI, l'instrument pour l'infrarouge thermique du VLTI, a participé à la première mise en évidence du tore de poussières qui entoure le trou noir central de NGC 1068. Enfin, Guy Perrin et son équipe travaillent depuis l'an 2000 à la démonstration d'une nouvelle technique qui permettra de coupler une multitude de télescopes couvrant une aire de dimension kilométrique sur le site du Mauna Kea à Hawaï : plusieurs télescopes, parmi les plus grands de la planète, sont reliés par des fibres monomodes de plusieurs centaines de mètres de longueur pour former un interféromètre géant,'OHANA 1. Lorsque le réseau sera complet, sa résolution sera équivalente à celle d'un télescope de 800 m de diamètre, l'un des objectifs étant alors d'obtenir une résolution suffisante pour observer le moteur central des noyaux actifs de galaxie. 1) ‘OHANA : acronyme de Optical Hawaiian Array for Nanoradian Astronomy, signifiant également « famille » en hawaïen. THE FRENCH ASTRONOMICAL AND ASTROPHYSICAL SOCIETY (SF2A) YOUNG RESEARCHER PRIZE At the SF2A meeting in Strasbourg at the end of June, the Young Researcher Prize will be presented to Guy Perrin, assistant astronomer at the Observatoire de Paris working at LESIA. A specialist in interferometry technique, Guy Perrin demonstrated in his dissertation the validity of a new technique to correct the interferometric signal corruption due to atmospheric turbulence using monomodal fibers. FLUOR, an instrument built in collaboration with Vincent Coudé du Foresto under the supervision of Jean-Marie Mariotti, provided data of unmatched quality and it was used as a prototype for a number of instruments currently in operation or under development, such as VINCI, part of the Very Large Telescope Interferometry (VLTI) at the European Southern Observatory (ESO). Thanks to FLUOR, installed on the IOTA interferometer in Arizona, Guy Perrin provided new information on the structure of Mira-type and red supergiant stars. In addition, Guy Perrin, a member of the European team that built MIDI, the instrument for the VLTI thermal infrared, participated in the discovery of the dust torus surrounding the NGC 1068 central black hole. Finally, Guy Perrin and his team have been working since 2000 in the development of a new technique that willallow the deployment of a series of connected telescopes covering an area of kilometric size at the Mauna Kea site in Hawaii : several telescopes among the largest in the world are linked by monomodal fibers several-hundred-meter long to formthe giant interferometer'OHANA 1. On completion, the network will have a resolution equivalent to that of a 800m-diameter telescope. One of the goals will then be to obtain a resolution high enough to be able to observe the central engine of active galactic nuclei. 1)'OHANA : acronym of Optical Hawaiian Array for Nanoradian Astronomy that also means « family » in Hawaiian. ! 9 E COLLOQUE DE COSMOLOGIE, PHYSICS OF THE EARLY UNIVERSE CONFRONTS OBSERVATIONS 30 JUIN - 2 JUILLET 2005, campus de Paris École Internationale Daniel Chalonge Responsable scientifique : Norma Sanchez, LERMA 9TH PARIS COSMOLOGY COLLOQUIUM, PHYSICS OF THE EARLY UNIVERSE CONFRONTS OBSERVATIONS 30 JUNE - 2 ND JULY 2005, Paris Campus Daniel Chalonge International School Scientific Coordinator : Norma Sanchez, LERMA Renseignements : http://wwwusr.obspm.fr/admin/seminaire/chalonge/WMAP2005.htm ! DU 18 AU 22 JUILLET : LE SIÈCLE D'ALBERT EINSTEIN Autour d'Albert Einstein, la communauté internationale se réunit à l'UNESCO à Paris (voir p.5). The international scientific community get together next July at UNESCO, in Paris (see p.5). Informations et inscriptions sur http://einstein2005.obspm.fr Guy Perrin



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